BILAN·DIVERS

Ma vie de lectrice et sur les réseaux

Ca fait (trop) longtemps que je n’ai rien publié ici…manque de temps, perte de motivation, préférence pour d’autres réseaux, les raisons sont nombreuses mais ce blog que j’aime, je n’ai pas envie de le laisser à l’abandon, d’autant plus que malgré l’absence de publication, des visiteurs arrivent quand même ici, ce qui me laisse penser que les blogs ont toujours leur utilité.

Une réflexion sur ma vie sur les réseaux s’est donc imposée à moi, d’autant plus qu’en ce moment cette question du « rendement livresque » est apparemment au centre des questionnements de beaucoup de booktubeurs, instagrammeurs et autres « créateurs de contenus » en rapport avec les livres. (je déteste les mots que j’ai mis en gras et italique mais je n’ai pas trouvé d’autres termes). J’ai donc décidé de faire un article sur ma vie de lectrice et sur les réseaux qui vous permettra également me connaître un peu mieux.

Les débuts de ma vie de lectrice

Je lis depuis mon plus jeune âge, en tous cas depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. J’ai vécu pendant toute ma jeunesse à la campagne, dans un petit village loin de tout, et il faut bien dire que la lecture s’est imposée comme une activité très ludique pour passer le temps. Je dévorais les romans policiers tels que Le club des cinq, Alice Détective, Michel Thérais. Ma mère était bien souvent dégoûtée car un roman acheté le matin était bien souvent fini dès le soir même. C’est face à cette boulimie livresque qu’elle m’a inscrite à la bibliothèque où je pouvais emprunter tous les livres que je voulais. Un nouveau monde s’est alors ouvert à moi et mon amour pour la bibliothèque est resté intact pendant de très nombreuses années.

A l’adolescence, j’ai découvert les romans d’amour, les fameux romans de la collection Harlequin que ma mère cachait dans sa table de nuit et que je piquais pour les lire en cachette. Le schéma m’étant très vite apparu répétitif et prévisible j’ai abandonné ces romans pour ceux de Barbara Cartland, dont les romans d’amour se déroulant durant l’époque victorienne m’ont passionnée et fait passer de très bons moments de lecture.

Au lycée, ce sont les classiques qui ont rythmé ma vie de lectrice. La dame du CDI était scotchée, c’était la première fois de sa carrière qu’elle devait créer une 2ème fiche emprunteur à une élève de seconde. Bon en même temps j’avais 45 minutes de bus le matin et le soir que je mettais à profit en dévorant des romans tels que L’écume des jours de Boris Vian, Crime et chatiment de Fiodor Dostoïevski, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Jane Eyre de Charlotte Brontë et tant d’autres encore.

Pendant cette même période, le genre policier, cher à mon coeur, a pris de plus en plus de place dans ma vie de lectrice. Les romans de Mary Higgins Clark, puis ceux de Harlan Coben sont devenues mes lectures principales même si d’autres lectures trouvaient grâce à mes yeux. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert Stephen King dont je dévorais les romans, à la lumière tombante du soir au camping pendant les vacances estivales.

La faculté et le début de ma vie professionnelle ont été des périodes sans lecture, ma vie étant occupée à d’autres préoccupations. Mais cela ne dura que peu de temps et la lecture a fini par reprendre une très grande place dans ma vie pour ne plus jamais disparaître. Je lisais à ce moment là de ma vie uniquement des polars et des thrillers, seul genre qui me passionnait et m’embarquait.

Comment je suis devenue une lectrice éclectique

A force de me cantonner à un seul genre, j’ai fini par me lasser et par ne plus apprécier mes lectures, trouvant les schémas toujours sensiblement identiques. Aussi, pour ne pas me dégoûter complètement du genre, j’ai intégré progressivement d’autres genres à mes lectures. La bibliothèque a eu une grande importance à ce moment là car emprunter mes lectures m’a permis d’oser différentes lectures vers lesquelles je ne serais pas allée si j’avais dû acheter les romans. C’est à cette époque que j’ai découvert la Fantasy et le genre Young Adult. Les histoires de bestioles en tous genres, vampires, loups-garous m’ont embarquée dans un univers complètement différent que j’ai pris énormément de plaisir à découvrir.

Pour diversifier encore plus mes lectures, je me suis tournée également vers la littérature contemporaine, en commençant par des romans très axés sur la période de la seconde guerre mondiale, période que j’affectionne particulièrement (je ferai un jour un article spécial car même là mon parcours livresque a évolué).

Cette diversification avait pour but de pouvoir alterner les genres pour les apprécier chacun à leur juste valeur, sans avoir encore à l’esprit ma précédente lecture, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Ma vie sur les réseaux sociaux

J’ai découvert les blogs quand j’étais enceinte de ma fille en 2010 et là je vais vous raconter une histoire un peu longue (que je suis allée récupérer sur mon tout premier blog 😉 )

Un jour de septembre 2010, enceinte de 7 mois, la sciatique a eu raison de ma capacité à aller travailler et je me suis retrouvée au repos forcé avec comme seule activité possible, la lecture. Et pour choisir un bon livre, quel autre moyen que de feuilleter mon magazine littéraire préféré, Lire. En l’ouvrant, confortablement installée dans mon canapé, mes yeux se posèrent alors sur une étrange publicité en double page :

myboox-2010.jpg

Ni une ni deux, je me suis aussitôt inscrite sur ce site MyBoox (qui n’existe plus aujourd’hui malheureusement). J’y ai rentré les livres que j’avais lus et je me suis lancée dans la rédaction d’avis sur mes lectures. Autant dire que mes premiers essais ne furent pas très travaillés, et je n’atteignais même pas le nombre d’avis positifs me permettant d’être en finale. Mais ma découverte du monde des chroniques littéraires de lecteurs par le biais de ce site m’a entraînée, au gré de mes clics sur des profils de lecteurs, vers la découverte d’autres sites littéraires tels que livraddict et Babelio où j’ai décidé de m’inscrire sous le pseudo de Tigrou4145 (pour le cas où mes avis n’intéresseraient personne) et enfin vers la blogosphère avec la création en janvier 2011 de mon tout premier blog Tigrou4145’s chroniques (le nom est complètement débile mais à l’époque c’était celui que je voulais pour garder l’anonymat)

Il m’aura fallu participer aux deux concours organisés les deux années suivantes pour enfin atteindre le graal, la 2ème année : un an de lecture, 4 livres par mois pendant un an. Autant vous dire que ma PAL a pris une claque monumentale car je continuais à emprunter beaucoup en bibliothèque suivant un adage très personnel selon lequel les livres qui m’appartiennent je peux les lire quand je veux.

Voilà j’étais arrivée sur la blogosphère et j’y prenais goût, à tel point qu’en 2013 j’ai créé un second blog plus en adéquation avec ce que je voulais. Le parloir littéraire est né parce que le nom correspondait mieux à l’univers livresque que je voulais.

A cette époque là, les blogs étaient The moyen de s’exprimer sur ses lectures, de publier des avis et d’espérer se faire repérer par une maison d’édition pour recevoir les fameux SP, ces livres que les maisons d’édition envoient aux blogueurs en échange de chroniques sur les blogs. C’était le graal et j’en rêvais….mais cela ne s’est pas fait. J’ai créé d’autres blogs, me cherchant encore dans ce qui me correspondait le mieux. Jusqu’à la création de ce blog qui me correspond parfaitement et que j’aime même si je ne l’alimente pas de façon régulière.

Car il faut dire que gérer un blog est très consommateur de temps. Entre la rédaction d’un article, la mise en page qu’on veut toujours jolie, la publication et la mise en avant sur les réseaux et différents sites, on y passe un temps fou….un temps qu’on pourrait passer à lire… pour au final être parfois blasé de voir que tous nos efforts ne sont pas récompensés comme on l’espérait (peu de visites, pas ou peu de commentaires). On ne va pas se le cacher, c’est démotivant de passer du temps à faire tout ça quand derrière le résultat attendu n’est pas au rendez-vous.

Ma vie aujourd’hui sur les réseaux

Instagram, son instantanéité, la rapidité, la facilité d’utilisation avec son téléphone, le plus grand nombre d’échanges grâce aux commentaires, est devenu mon réseau social de prédilection, celui où je suis la plus active. J’aime partager mes avis, essayer de prendre des photos assez jolies même si je ne suis pas une pro, j’aime lire les avis des autres lecteurs et je peux vous dire que la perte de contrôle totale de ma PAL est due en grande partie à ce réseau. Voir les avis des autres, tous ces livres qui défilent sur mon feed, j’ai envie de tout lire et du coup j’achète, parfois de façon compulsive, tous les romans qui me font envie…pour qu’ils attendent ensuite dans ma PAL.

La discussion du moment sur le « rendement livresque et le rythme de lecture » qui circule sur les réseaux tend à s’interroger sur notre (sur)consommation livresque motivée par la nécessité de publier sur Instagram. Il est clair qu’Instagram a eu une influence sur ma frénésie d’achat mais pas dans le but de publier sur Instagram puisque pour moi Instagram est un moyen de partager ma passion et mes avis sur mes lectures. Je suis passionnée de lecture, je lis et je partage sur Instagram. Pas l’inverse. Publier sur Instagram n’est pas mon but et la lecture et le partage d’avis les moyens d’avoir du contenu à publier. Mais il est clair que mes achats livresques sont très fortement influencés par les avis vus sur Instagram. Ma PAL est devenue complètement hors de contrôle et je dois agir la dessus car outre que la place va commencer à me manquer, trop de livres sont en attente d’être lus depuis trop longtemps.

Youtube me faisait de l’œil depuis longtemps, j’adore regarder les points lecture, les book haul, TAG et autres vidéos livresques des booktubeurs. J’avais peur de me lancer, déjà parce que je déteste ma voix en vidéo, et parce que je me sentais moins à l’aise à l’oral qu’à l’écrit. Et puis j’ai fait quelques vidéos IGTV sur Instagram que j’ai bien aimées faire. Sauf que sur Instagram on est limité à 15 minutes et que c’est parfois trop court (je suis très bavarde, il n’y a qu’à voir la longueur de cet article). Les VLOGS sont des formats de vidéo qui me plaisent beaucoup parce que le principe d’enregistrer des séquences de vidéo qu’on met ensuite bout à bout pour en faire une vidéo unique me plait énormément. J’aime échanger au fur et à mesure de ma lecture et je ne peux pas le faire sur Instagram car les stories sont trop compliquées à gérer pour moi.

Je me suis donc lancée récemment sur Youtube (lien ici) en publiant des VLOGS (le dernier ici) que j’enregistre du lundi au vendredi et où je peux parler de ma lecture en cours au fil des jours, donner mon avis final et montrer les livres qui arrivent dans ma PAL. C’est un format qui me convient bien même si je ne suis pas sûre qu’on puisse parler vraiment de VLOG puisque je suis assise tranquillement sur mon canapé et que je parle à mon téléphone ;-). Je prends plaisir à tourner les séquences et à parler de mes lectures en cours de route (même si du coup l’échange est limité puisque je parle toute seule à mon téléphone mais au moins je peux formuler mon ressenti et ça m’aide pour la rédaction de mon avis final) et je trouve que cela complète bien mon compte Instagram où je mets mes avis en fin de lecture.

J’étais partie dans l’idée de laisser tomber le blog mais je me suis rendue compte qu’il y avait quand même des gens qui venaient lire mes articles et que finalement laisser une trace écrite sur ce blog était quand même utile et pouvait apporter quelque chose. Moi la première quand je veux des avis sur un livre je tape le titre dans Google et même si Babelio arrive en bonne position et permet de voir de nombreux avis d’un seul clic, j’aime faire défiler les résultats Google et cliquer sur des articles de blog. Il faut juste que je retrouve un rythme et une organisation qui me permette de gérer le tout.

En attendant de voir de nouveaux articles publiés sur ce blog, vous pouvez toujours suivre mes avancées livresques soit sur Instagram (sandrine_bouquine) soit sur Youtube en regardant mes VLOGS

Si vous êtes arrivés jusque là merci de m’avoir lue jusqu’au bout, n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire si cet article vous a plu… ou pas, pour me dire quel est votre rapport aux réseaux sociaux, bref pour échanger tout simplement.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les lendemains – Melissa Da Costa

Le lendemains de Mélissa Da Costa paru chez Albin Michel le 26.02.2020 et disponible chez Le livre de poche depuis le 3.02.2021 – 352 pages

Résumé :

Ce que la vie prend, elle le redonne aussi.

Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.

Mon avis ;

L »année dernière, j’avais découvert cette autrice avec Tout le bleu du ciel et cette lecture avait été merveilleuse. Les lendemains son second roman venait de sortir en grand format et même si j’avais très envie de le lire, ma maniaquerie des mêmes formats m’avait poussée à attendre la sortie en poche….mais ne voyant rien venir, quand je suis tombée il y a peu de temps sur le grand format d’occasion, j’ai craqué. Et j’ai profité de sa sortie, en ce mois de février, chez Le livre de poche, pour le sortir de la PAL. Et une nouvelle fois cette lecture a été merveilleuse.

Cette autrice est exceptionnellement douée pour faire passer les émotions dans sa plume et dans ses histoires qui peuvent paraître « simples » mais qui en fait sont très profondes. Ici il est question du deuil et de la façon dont chacun le vit.
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Amande a vécu un drame qui l’a anéantie et qui l’a poussée à tout quitter pour s’isoler dans une vieille maison loin de tout en pleine nature et laisser libre cours à son chagrin.

« Il n’y a plus d’heures. Il n’y a plus de dates. Désormais, il n’existe que des prochainement, des plus tard. Plus de jours, plus de nuit non plus. Juste moi dans cette maison silencieuse et mon chagrin ».

On est page 19 et autant vous dire j’étais déjà embarquée, attachée à Amande et triste pour elle. Et puis cette vie toute simple qui défile jour après jour, petit pas par petit pas, en cultivant ce jardin en friche pour lui redonner sa beauté d’antan saura-t-elle sauver Amande, la faire reprendre goût à la vie?
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J’ai adoré cette histoire, suivre Amande dans son cheminement, se laisser apprivoiser par un chat, faire des tartes aux pommes, des choses toutes simples mais qui m’ont énormément plu. On ne s’ennuie jamais, c’est un vrai bonheur de vivre avec Amande au milieu de la nature et d’espérer pour elle un avenir plus apaisé et une renaissance, un monde fait à nouveau de beaux lendemains.
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Tout en douceur, avec une plume magnifique, fluide et très porteuse d’émotions, l’autrice nous emmène en pleine nature au milieu des fleurs et des arbres où il est question de  » faire renaître la vie sur une terre stérile et depuis longtemps abandonnée « . Et c’était superbe.
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J’ai été conquise par cette lecture et je vous conseille vivement de partir à votre tour avec Amande dans sa maison au fin fond de la campagne. Vous ne serez pas déçus par le voyage.

JEUNESSE

Mort et déterré – Jocelyn Boisvert

Mort et déterré de Jocelyn Boisvert paru chez Fleurus le 12.02.2021 – 304 pages

Résumé :

Yann Faucher, 14 ans, a la mort devant lui !
Fauché par un 35 tonnes, mort et enterré et pourtant toujours conscient, Yann croupit au fond de son cercueil en essayant de comprendre pourquoi il ne sombre pas dans le repos éternel…
Jusqu’au jour où, par miracle, il parvient enfin à sortir de sa tombe !
Son premier réflexe ? Retrouver sa famille qu’il a imaginé continuer à vivre paisiblement. Sauf que la réalité est tout autre : ses parents, bouleversés par la mort de leur fils, sont au bord du divorce ; son petit frère s’est replié dans le silence et sa soeur aînée, autrefois si épanouie, est devenue pleine de colère et de rancoeur.
Yann doit à tout prix les aider à retrouver le goût de vivre !
Qui a dit qu’il fallait être vivant pour sauver sa famille ?

Mon avis :

Je l’avais repéré sur Instagram alors imaginez ma joie quand la maison d’édition me l’a proposé en SP…. je me suis empressée d’accepter et ce fût une très belle découverte.

Yan Faucher, jeune adolescent de 14 ans, se fait faucher par un poids lourd et au lieu de rejoindre le royaume des morts, il devient un zombie qui un an après sa mort, ressort de son cercueil. Il découvre alors que sa famille, ses parents, sa grande sœur et son petit frère ont très mal vécu sa disparition. Voulant absolument leur redonner le sourire et le goût à la vie, il va se heurter à moultes difficultés inhérentes à son nouveau statut.
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Le lecteur se retrouve alors embarqué dans une folle aventure, rocambolesque, aux multiples rebondissements. C’est bourré d’humour et de situations cocasses, c’est bien écrit, ça se lit tout seul et on passe un excellent moment de lecture.
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L’auteur traite très adroitement le thème du deuil, les différentes façons dont chaque membre de la famille l’appréhende, les conséquences de cette perte d’un être cher encore plus émouvante quand il s’agit d’un enfant. Sans tomber dans le larmoyant, au travers d’une histoire moderne et un brin loufoque, l’auteur a réussi le pari de nous offrir une histoire drôle et émouvante à la fois.
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J’ai beaucoup aimé cette lecture, malgré mon grand âge, et je ne peux que vous recommander de suivre Yan dans son périple zombiesque, vous passerez assurément un très bon moment.

Je remercie les éditions Fleurus pour leur confiance

LITTERATURE CONTEMPORAINE·PREMIER ROMAN

Canyons – Samuel Western

Canyons de Samuel Western paru chez Gallmeister le 6.06.2019 – 224 pages – traduction Juliane Nivelt

Résumé:

Idaho, 1970. Ward, sa petite amie Gwen, et Eric, le frère jumeau de cette dernière, partent chasser sous un ciel d’azur. La vie semble sourire à ces trois jeunes gens insouciants à peine sortis de l’adolescence. Mais par un coup cruel du destin, Ward tue accidentellement Gwen et anéantit ainsi à tout jamais leur avenir. Vingt-cinq ans plus tard, Ward, abîmé par l’alcool et hanté par le passé, recroise la route d’Eric. Sa rage intérieure a consumé son talent de musicien et fait le vide autour de lui. Le moment est désormais venu pour chacun d’affronter ses démons, et Ward invite Eric à une partie de chasse dans son ranch au pied des Bighorn Mountains. Les deux hommes se préparent alors à une nouvelle expédition : Ward espère y trouver sa rédemption, Eric sa vengeance.

Mon avis :

Tout commence par un terrible accident de chasse, terrible car tellement stupide…un fusil dans une main, chargé, un doigt qui appuie accidentellement, bêtement sur la détente, et malheureusement la tête de Gwen dans la ligne de mire. Voilà ce qui est arrivé lorsque Gwen, son frère jumeau Éric et son petit ami Ward étaient tous les trois, pour la dernière fois…de la vie de Gwen.
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Ce drame a eu un impact considérable sur la vie d’Éric, musicien talentueux qui a sombré. Ward ne s’en est guère mieux sorti même s’il s’est marié et a eu des enfants, son acte dramatique est resté dans ses pensées. Quand les 2 hommes se retrouvent 25 ans plus tard et décident de partir ensemble pour une chasse au cerf, que va-t-il se passer?
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J’ai globalement bien aimé cette lecture où on voit évoluer les sentiments des 2 hommes, cette histoire où la nature joue aussi un rôle. Entre vouloir tuer et pouvoir passer à l’acte il y a une différence. Cette expédition à la chasse au cerf est une occasion pour les 2 hommes de se retrouver, de s’expliquer et comme ils n’ont pas le même but, ce périple est source de tension.
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Cela étant je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, si au début Eric m’a touchée, ce sentiment a été trop fugace et au final je suis ressortie de ma lecture assez mitigée dans mes sentiments. J’ai bien aimé mais j’ai trouvé que ça restait assez superficiel. Il m’a manqué un petit quelque chose pour faire de cette histoire une excellente lecture. Elle restera dans mes souvenirs une lecture sympathique mais sans plus.

COUP DE COEUR·HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE·PREMIER ROMAN

L’hiver de Solveig – Reine Andrieu

L’hiver de Solveig de Reine Andrieu chez Préludes le 10.02.2021 – 448 pages

Résumé :

Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant qui vit désormais sous leur toit.
Printemps 1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.

Mon avis :

Ce roman il m’avait tapé dans l’œil dès que la maison d’édition en avait parlé sur Instagram en novembre dernier et j’attendais février avec impatience pour découvrir cette histoire sur un de mes thèmes préférés de lecture. Alors quand la maison d’édition me l’a proposé en service presse, c’était à nouveau Noël pour moi. Et je n’ai du tout été déçue après sa lecture.

Alternant des périodes pas si éloignées et les personnages, l’autrice nous offre une magnifique histoire, prenante et passionnante sur la seconde guerre mondiale.
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La parole est donnée à chaque personnage et c’est très agréable d’avoir les pensées de chacun des protagonistes. On se retrouve pris dans une intrigue savamment orchestrée où la tension s’amplifie au fil des pages et de l’écoulement du temps qui fait se rapprocher les deux « périodes » principales de cette histoire.
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L’aspect historique est très bien mené, on est vraiment immergés dans cette horrible période, on vit avec les personnages les événements qui se déroulent, on tremble avec eux car on sait qu’il va se passer quelque chose de dramatique mais dont on ignore encore tout.
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J’adore ce genre de romans où on est plongés au milieu d’une énigme, où on cherche nous-mêmes à trouver la solution et où on tourne chaque page avec frénésie parce que l’histoire est palpitante, parce que plus on avance plus on se rapproche du dénouement.
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Porté par une très belle plume, très agréable à lire, offrant une intrigue riche, dense et passionnante, ce roman se dévore d’une traite. Le commencer c’est accepter de ne pas pouvoir le lâcher avant la fin tant les personnages sont attachants.
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J’ai vraiment adoré cette lecture, c’est un coup de cœur que je vous recommande vivement de découvrir dès le 10 février 2021 en librairie.

Je remercie Maud des éditions Préludes de m’avoir envoyé ce roman dont j’attendais la parution avec impatience.

HISTORIQUE·POLARS/THRILLERS

Les suppliciées du Rhône – Coline Gatel

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel paru le 6.02.2019 chez Préludes – 448 pages

Résumé :

Lyon,1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges.
Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Mon avis :

Les suppliciées du Rhône est un savant mélange de polar et d’historique qui donne un roman passionnant et instructif.
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Pour le côté intrigue, des jeunes femmes sont retrouvées mortes après avoir subi, toutes, d’atroces mutilations. Deux jeunes étudiants en médecine légale, Félicien et Bernard, sont chargés de mener l’enquête pour trouver le coupable. Et c’est là qu’entre en scène le côté historique de cette histoire car nous sommes en 1897 et pour la première fois ce ne sont pas des policiers qui vont enquêter mais des médecins légistes. Avec leurs techniques particulières, toutes les connaissances acquises, ils vont se baser sur la science et les constatations sur les scènes de crime pour essayer de résoudre cet énigme. Entre prises d’empreintes, techniques pour savoir si un cheveu est celui d’une femme ou d’un homme, autopsies et détermination de l’heure du décès, nous sommes au tout début de la naissance de la criminologie, et c’est passionnant.
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Il y a aussi, Irina, une journaliste qui se joint à eux. Indépendante, n’ayant pas froid aux yeux, elle incarne le côté féminin de cette histoire et illustre la façon dont les femmes étaient considérées à cette époque où porter un pantalon pour une femme exigeait d’être titulaire d’un certificat de travestissement !!!
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L’autrice a su entremêler tous les aspects pour nous offrir un polar historique haletant, avec des indices, des pistes, des rebondissements et des questions qui tout en baladant le lecteur, donnent l’impression de participer activement à l’enquête. J’ai beaucoup aimé me forger des impressions…fausses bien sûr…et me faire surprendre par le final de cette histoire.
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Il n’y a rien à redire, ce roman policier est vraiment très bon, porté également par une très belle plume, et j’ai passé un excellent moment de lecture.
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Coline Gatel entre dans ma liste d’autrices à suivre et j’ai hâte de lire son prochain polar qu’elle m’a annoncé être prévu pour le mois de mai 2021 .

HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Le vent nous portera – Jojo Moyes

Le vent nous portera de Jojo Moyes paru chez Milady le 16.10.2019 – 608 pages – traduction Nathalie Guillaume

Résumé :

Animée par une soif d’aventures et de grands espaces, Alice s’éprend d’un bel Américain et s’empresse d’accepter sa demande en mariage, laissant derrière elle son Angleterre poussiéreuse. Mais le rêve américain est mis à rude épreuve au cours de la Grande Dépression dans la petite ville du Kentucky où elle atterrit, entre un mari qui s’avère décevant et un beau-père au tempérament ombrageux.Aussi, quand la jeune femme répond à l’appel d’Eleanor Roosevelt pour créer des bibliothèques ambulantes afin de lutter contre l’illettrisme, c’est d’abord pour échapper à son quotidien étouffant. Elle se lie alors d’amitié avec Margery, une femme qui n’a peur de rien ni de personne. Ensemble, elles se jettent à corps perdu dans l’aventure et sillonnent à cheval les montagnes du Kentucky, bravant tous les dangers, pour apporter des livres dans les zones les plus reculées. Mais s’il y a bien une chose dont ces porteuses d’histoires ne manquent pas, c’est de courage. Un roman profondément émouvant sur l’épopée de la culture et l’émancipation féminine.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Jojo Moyes mais j’avais envie de la découvrir. J’avais d’ailleurs acheté récemment Les yeux de sophie à cette fin. Et puis j’ai décidé de tester la box littéraire Kube et c’est ce roman, Le vent nous portera, que le libraire m’a proposé. Après avoir été lire le résumé, j’ai accepté cette proposition et j’ai eu totalement raison car cette première lecture de l’autrice est une très belle réussite.

Alice est une jeune anglaise fraîchement débarquée au milieu d’une petite ville du Kentucky après avoir épousé le fils du directeur de la mine. Le rêve américain est loin d’être au rendez-vous pour cette jeune femme qui cherche l’amour. Son implication dans la mise en place d’une bibliothèque itinérante et sa rencontre avec Margery, une jeune femme indépendante et au fort caractère qui dénote dans le paysage rural vont radicalement bouleverser son univers.

Le contexte historique

« C’est au cours de la grande dépression Etats-Unienne du début des années 1930 succédant au krach boursier (« Jeudi noir ») du 24 octobre 1929 qu’une W.P.A. (« Work Progress Administration ») pilotée par le Président Franklin D. Roosevelt au sein du new Deal vit le jour alors que les mesures sur la Santé et la Sécurité étaient insuffisantes et que les maladies pulmonaires dans une région minière, le Kentucky, faisaient des milliers de victimes. Dans ce plan se dessinait notamment la possibilité pour les hommes de l’État du Kentucky de travailler sur des projets de constructions de bâtiments (écoles, cliniques, parkings, centres communautaires, etc.) mais aussi de routes par exemple. Ces projets requérant une force physique au-delà de la moyenne excluant de fait les femmes, des postes furent donc créés pour elles, notamment dans les hôpitaux, les écoles ou les bibliothèques. Dans le cadre de ces projets d’emplois, le « Pack Horse Library Project » fut mis en place, un service à la personne où des bibliothécaires, surtout des femmes, vont mener des livres ou des magazines à cheval ou à dos de mulet dans les coins les plus reculés du Kentucky de l’est, incluant la région montagneuse, escarpée et difficile d’accès des Appalaches. Ce fut la première véritable expérience de bibliothèque itinérante aux Etats-Unis, destinée à fournir aux citoyens une auto-éducation, d’autant que les bibliothèques étaient à peu près absentes dans l’Etat.  » extrait de l’article « Les « Pack horse librarians » bibliothèques itinérantes, Kentucky, U.S.A., 1936-1943 » – L’hirsute fanzine
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extrait de l’article « Les « Pack horse librarians » bibliothèques itinérantes, Kentucky, U.S.A., 1936-1943 » – L’hirsute fanzine

Le roman :

« Chevaucher jusqu’aux maisons les plus reculées et fournir de quoi lire à ceux qui ne sont pas capables de se rendre aux bibliothèques du comté (…) contribuer au développement de l’éducation, aider à apporter le savoir dans ces endroits où il manque cruellement aujourd’hui (…) ramener la connaissance et l’apprentissage au premier plan dans le monde rural »

Telle était la mission de la bibliothèque itinérante de Baileyville dans laquelle, Alice va s’investir et qui va avoir un impact considérable sur sa vie et la faire évoluer dans son caractère et ses convictions.

L’autrice m’a complètement embarquée dans cette histoire qui se complexifie et devient de plus en plus prenante et émouvante au fil des pages. Les différents thèmes évoqués tels que la place et le rôle des femmes mais également des livres dans la société, la violence et le racisme, sont mêlés de façon très habile par l’autrice qui, à travers une galerie de personnages, très attachants et émouvants pour certains, révoltants et détestables pour d’autres, dresse le portrait d’une époque mouvementée où les femmes ont du faire preuve de beaucoup de courage et de force pour faire changer les mentalités.

J’ai énormément aimé cette histoire qui m’a fait passer un très bon moment de lecture, j’ai savouré les pointes d’humour et de sarcasme, j’ai ressenti beaucoup d’émotions différentes, l’immersion dans l’histoire aux côtés d’Alice et Margery est totale et fort plaisante. Et avec une intrigue pour pimenter le tout d’une pointe de suspense, c’est une réussite pour moi.
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C’était mon premier roman de cette autrice, j’en ai un autre dans ma PAL et bien d’autres vont suivre tellement j’ai aimé la plume de Jojo Moyes et l’histoire qu’elle nous a servie, une belle histoire de femmes fortes et courageuses et dans laquelle les hommes biens sont aussi à l’honneur.
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Bref, une excellente lecture que je vous recommande vivement de découvrir

LITTERATURE CONTEMPORAINE

La constellation du chien – Peter Heller

La constellation du chien de Peter Heller paru chez Actes Sud en mai 2013 – 336 pages – traduction Céline LEROY

Résumé :

Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Toute Chose, dans le sillage du désastre. L’art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cow-boy chatouilleux de la gâchette. Une routine de l’enfer.

Bangley défend la baraque comme un camp retranché. Hig “sécurise le périmètre”, à coups de méthodiques vols de surveillance à bord de “la Bête”, solide petit Cessna 182 de 1956 toujours opérationnel. Partage des compétences et respect mutuel acquis à force de se sauver mutuellement la vie, ils ont fini par constituer un vieux couple tout en virilité bourrue et interdépendance pudique. Mais l’homme est ainsi fait que, tant qu’il est en vie, il continue à chercher plus loin, à vouloir connaître la suite.

À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, hymne à la douloureuse beauté de la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est tour à tour contemplatif et haletant, déchirant et hilarant. Peter Heller orchestre son premier roman comme une virée de la dernière chance pleine de surprises, une réflexion sur la création autant que sur la destruction. Lumineuse et rocailleuse, son écriture semble réapprivoiser le monde à travers la reconquête du langage – comme si pour se sauver, l’humain devait avant tout recouvrer l’art de (se) raconter.

Mon avis :

La constellation du chien est un roman que j’avais choisi, en 2014, quand j’avais gagné le concours Myboox qui me permettait de choisir 4 romans par mois pendant un an ( c’est à ce moment là que ma PAL a morflé sévèrement), sur les bons conseils de ma copine Virginie qui tient le blog Fragments de lectures. Je suis contente de l’avoir sorti de ma PAL parce qu’il y était depuis trop longtemps mais cette lecture a été une déception et ne m’a pas embarquée comme je l’aurai souhaité.
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On se trouve en plein Colorado après qu’une épidémie de grippe doublée d’une mystérieuse maladie du sang ait décimé la population. On suit Hig un homme qui survit dans un aéroport déserté et qui fait des rondes à bord d’un petit avion avec son chien. Il a aussi un autre compagnon, Bangley qui l’aide dans ses voyages.
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C’est très contemplatif, il ne se passe malheureusement pas grand chose et je me suis ennuyée pendant les 3/4 de ma lecture. Je m’attendais à quelque chose de plus rythmé avec une réflexion sur la nature humaine qui veut toujours être la plus forte dans toutes les situations. J’attendais des affrontements avec d’autres survivants et s’il y en a quelques uns, cela est resté très succinct. On est plus dans l’introspection du personnage principal, ses partie de chasse et de pêche et ça devient vite redondant et lassant. Les dernières 70 pages sont plus rythmées et intéressantes mais arrivées trop tardivement pour rattraper les 280 premières pages.
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Je n’ai pas adhéré non plus à l’écriture que j’ai trouvé trop hachée, avec des phrases bizarrement construites, et je crois que c’est cette façon de raconter qui a finalement empêché cette histoire de prendre pour moi. Je suis restée complètement extérieure à cette lecture, impossible de me faire le film dans ma tête. Je n’ai ressenti aucune émotion et ai lu les mots sans vraiment m’imprégner de l’histoire dont je ne garderai aucun souvenir d’ici quelques temps. Cette lecture m’a fait penser à La route de Cormac McCarthy que je n’avais pas aimé non plus.
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Un flop pour moi, le premier de l’année.
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Si vous l’avez lu et aimé n’hésitez pas à venir en discuter avec moi, je serai curieuse de voir ce que j’ai pu rater dans cette histoire.

POLARS/THRILLERS

Fantazmë – Niko Tackian

Fantazmë de Niko Tackian paru chez Calmann-Levy le 3.01.2018 – 300 pages – disponible chez Le livre de poche depuis le 2.01.2019

Résumé :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Mon avis :

J’avais découvert il y a quelques temps Niko Tackian avec son roman Toxique, le premier roman où apparaît le commandant Tomar Khan et cette lecture n’avait pas été transcendante, j’avais trouvé la résolution de l’intrigue trop rapide et la découverte du coupable plus basée sur un coup de chance qu’une véritable investigation. Je n’avais plu relu cet auteur depuis. Mais à force de vois passer des avis positifs sur ses romans postérieurs, j’ai eu envie de retenter l’aventure. j’ai donc emprunté Fantazmë à la bibliothèque. Il s’agit du second tome de la série avec le commandant Tomar Khan et il est préférable de les lire dans l’ordre car le fil rouge de la situation personnelle du policier est très présent, voire prépondérant par rapport à l’intrigue policière. Cette seconde tentative est plus réussie que la première même si je reste un peu sur la réserve à cause du déséquilibre entre vie personnelle du personnage principal et intrigue policière.

Fantazmë est un polar rythmé qui se lit vite grâce à des chapitres ultra courts et qui plonge le lecteur dans les bas-fonds de la mafia albanaise à Paris. Un cadavre affreusement mutilé dans une cave mène Tomar Khan et son équipe sur la piste de Fantazmë, le « spectre » en albanais, un mystérieux tueur dont les victimes sont plus proches des démons que des anges. Trafic de femmes, prostitution, guerre des gangs et crise des migrants, ce second tome est beaucoup plus sombre que le précédent, également parce que la situation personnelle de Tomar est loin d’aller en s’arrangeant. Hallucinations et emmerdements rythment son quotidien avec l’apparition d’un inspecteur de l’IGPN chargé d’enquêter sur ce qui s’est passé dans « Toxique » le précédent tome.
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J’ai préféré ce roman au précédent, l’intrigue étant plus aboutie et prenante que dans Toxique. Le personnage de Tomar est plus attachant, surtout avec l’apparition de sa mère. Le personnage de Rhonda est aussi mis plus en avant, elle n’est pas simplement là pour incarner la femme flic, elle participe activement à l’intrigue et c’est appréciable.
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Le seul petit bémol que je soulèverai c’est que l’équilibre entre l’intrigue policière et celle propre à Tomar et son histoire n’est pas forcément là ; la première m’a semblé accessoire, laissant la seconde prédominer et j’ai eu plus l’impression de lire un tome 2 de la saga Tomar Khan que l’histoire de Fantazmë.
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Je lirai les tomes suivants parce que j’aime beaucoup la personnalité de ce flic particulier et de sa coéquipière et que j’ai envie de savoir ce qui va leur arriver surtout après la façon dont celui-ci se termine mais avec l’attente tout de même d’une intrigue policière principale de qualité.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les bordes – Aurélie Jeannin

Les bordes d’Aurélie Jeannin paru aux éditions Harper Collins France le 13.01.2020 – 218 pages

Résumé

Les Bordes, c’est un lieu et c’est une famille. En l’occurrence, sa belle-famille qui ne l’aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable, tenant solidement sur ses deux jambes, un oeil toujours fixé sur le rétroviseur ou l’entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe, tente de maîtriser les risques.

Ce week-end, comme chaque année en juin, elle prend la route avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel familial.
Pour celle qui craint chaque seconde l’accident domestique, Les Bordes ressemblent à l’enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins, de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs.

Aux Bordes, Brune saura-t-elle esquiver le pire ? Est-il possible pour une mère de protéger ses enfants ?

Mon avis :

Aurélie Jeannin a fait une entrée très remarquée dans la sphère littéraire avec son premier roman Préférer l’hiver que je n’ai pas – encore – lu mais dont je n’ai lu que des avis dithyrambiques. Quand Babelio m’a proposé la découverte de son nouveau roman Les Bordes dans le cadre d’une opération spéciale Masse critique je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir la plume de cette autrice. Et quelle découverte !!! Cette lecture a été un ENORMISSIME COUP DE COEUR.

On a toutes en nous quelque chose de Brune.

Brune est Juge d’instruction, son métier consiste à « chercher sans relâche à ce que soient découverts, désignés et condamnés des coupables pour les drames. Mais les accidents n’ont pas de bourreaux à faire monter sur l’échafaud » (…) « les drames peuvent survenir à tout moment. Nul n’est à l’abri, jamais. Nul ne peut compter sur le fait que les tragédies se construisent tranquillement, ont des fondements qui les nourrissent jusqu’à leur éclosion. Il est impossible de se préparer. Le pire n’a besoin de rien d’autre que d’advenir. »
Brune est également mère de deux enfants, Hilde, 8 ans et Garnier, 4 ans. « Elle voulait qu’ils sachent ce qu’il faut faire, qu’ils ne redoutent pas ce qu’ils ignorent. Elle voulait leur apprendre à être imaginatifs, confiants, volontaires. Elle voulait leur transmettre de quoi se débrouiller. Les tutorer sans craindre de les lâcher. Elle voulait être une mère formidable, présente et fantomatique. Là quand il faut. Elle pouvait. Peut-être qu’elle pouvait. C’était sa mission après tout. Une grande, une très grande responsabilité…. La meilleure. Légère, patiente, pédagogue. »
Quand on devient maman, on en prend pour perpétuité… « Même quand ils n’étaient pas là, ils étaient là. Ses enfants étaient nés pour toujours. Ils existaient. Elle ne pourrait plus jamais les soustraire à sa vie ». On rêve toutes d’être la mère « parfaite », de ne jamais faillir dans notre mission. On a porté nos enfants pendant 9 mois mais on les porte en fait toute notre vie, ils occupent nos pensées, on s’inquiète, on a envie qu’ils soient heureux, qu’ils réussissent dans leur vie et qu’au grand jamais il ne leur arrive malheur.

L’autrice nous plonge dans la tête de Brune, dans ses pensées les plus intimes parfois effrayantes. Brune est un condensé de toutes les mères, elle exprime toutes les pensées, même les plus tabous, qui peuvent venir à l’esprit des mamans. On sent bien que Brune est en équilibre précaire sur un fil, comme un funambule, tentant de tout mener à bien, tant sa vie professionnelle que sa vie familiale, assaillie de sombres pensées qui nous font flipper sur ce qui pourrait se passer. On ressent bien que ce weekend aux Bordes va être une épreuve à l’issue incertaine. Entre la haine palpable de ses beaux-parents, l’insolence de sa fille et la passivité du mari, on tremble pour la suite.

La tension qui se distille progressivement est angoissante mais tellement addictive qu’il est impossible de fermer ce roman. On savoure les mots, les phrases courtes qui percutent, sans aucun répit, on s’en prend plein la tête mais qu’est-ce que c’était bon.

L’autrice m’a capturée avec sa plume si belle, son style percutant, fort, je me suis retrouvée dans Brune, certaines de ses pensées faisant écho aux miennes, certaines de ses angoisses étant mes angoisses, je l’ai aimée dès les premières pages et l’accompagner pendant ce weekend dans sa belle-famille a été un pur moment de bonheur livresque. Les émotions ressenties sont intenses et cette lecture restera très longtemps dans mes excellents souvenirs de lecture.