HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Abigaël – Magda Szabo

Abigaël de Magda Szabo paru le 4 septembre 2019+ au Livre de poche – 512 pages

Résumé :

Gina ira en pension. Son père adoré l’a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! »
Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.
Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l’évasion… qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l’adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l’antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l’ange gardien se manifeste !
Une série d’aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.

Mon avis :

Magda Szabó, (1917 – 2007), est une écrivaine, poétesse, dramaturge, essayiste, docteure en philologie, traductrice et auteure d’ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse hongroise. Elle est l’auteur de plusieurs romans dont Abigaël a été ma première découverte, et certainement pas la dernière tant j’ai aimé cette histoire.

On se situe en Hongrie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, période chère à mon cœur de lectrice. Georgina « Gina » Vitay est une jeune fille de 13 ans à cette époque, elle vit avec son père, Général dans l’armée hongroise, dont elle est très proche depuis qu’elle a perdu sa maman. Quand il décide de l’envoyer loin de Budapest , à Matula, une institution religieuse plus proche de la prison que d’une école, sans aucune explication, Gina est dévastée. Elle ne comprend pas pourquoi son père l’a envoyée dans cet endroit, régi par des règles très strictes, où les pensionnaires se livrent à des activités bizarres et où une mystérieuse statue, Abigaël, est censée aider les pensionnaires qui lui en font la demande.

J’ai tout aimé dans ce roman.

L’intrigue est bien menée.

Tout d’abord, le mystère qui plane sur les raisons qui ont conduit le père à se séparer de sa fille adorée, même s’il est levé assez rapidement, est bien installé. On suit les pensées de Gina qui s’imagine ces fameuses raisons et qui se sent trahie et abandonnée au point de vouloir s’échapper. Puis vient le moment où le père est obligé de révéler à sa fille la vérité sur sa présence à Matula.

« Des vies dépendent de ce que je vais te dire. Je n’ai pas voulu te mettre au courant, non que je n’aie confiance en toi, mais je ne voulais pas t’effrayer ni t’imposer des soucis que je te croyais trop jeune pour porter. Mais si je te laisse ici sans explications, en t’ordonnant simplement de rester sans que tu saches pourquoi, tu te sauveras peut-être de nouveau, ou tu te mettras à douter de moi et de l’affection qui nous lie. Alors je vais te parler, mais cela aura son prix. A partir de cet instant, tu ne seras plus une enfant, Gina, tu deviendras une adulte et plus jamais tu ne pourras vivre comme les autres enfants. Je remets ma vie entre tes mains, avec la tienne et celle d’autres personnes. Sur quoi jures-tu de ne pas nous trahir ? »

Et quand on sait, l’histoire prend une autre tournure. On comprend que ce qui se joue à Matula est une question de vie ou de mort, que la situation est grave et on se demande comment Gina va pouvoir rester dans cette institution alors qu’elle y a déjà compromis ses chances en se mettant à dos ses camarades.

La construction du récit est linéaire, tout se déroule au rythme de la vie monacale des pensionnaires, le tout pimenté par les frasques de Gina, peu habituée à obéir et à intégrer les règles. Il y est question d’intégration aussi, Gina débarquant au milieu des pensionnaires avec un esprit rebelle, non encore modelé par les règles de l’institution. On sent bien toutes les difficultés que cela va occasionner et la question de savoir si elle va pouvoir se rattraper après ses premières « erreurs » nous taraude.

L’énigme autour du « personnage » d’Abigaël donne un petit côté mystique à cette histoire. Puisqu’on est dans une institution religieuse, on se pose des questions. Humain ou esprit, qui est vraiment Abigaël, cette statue qui aide les pensionnaires ?

Ca se lit tout seul, c’est très plaisant à lire, le style est fluide et agréable lire.

Bref, cette première découverte de l’œuvre de Magda Szabo fut une belle réussite qui m’a donné envie de lire ses autres romans (que je me suis empressée de me procurer)

THRILLER

La peine du bourreau – Estelle Tharreau

La peine du bourreau d’Estelle Tharreau paru le 1er octobre 2020 chez Taurnada – roman noir – 250 pages

Résumé :

McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451. Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale. Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls. Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions. Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy. Quatre heures pour jouer le sort d’un homme. Un thriller psychologique aussi troublant que fascinant : une immersion sans concession dans le couloir de la mort et ses procédures d’exécution.

Mon avis :

Pour ce nouveau partenariat avec la maison d’éditions Taurnada, c’est Estelle Tharreau que j’ai pu découvrir avec son 5ème roman paru dans cette maison d’éditions, La peine du bourreau, un roman très noir dont la lecture a été une très belle découverte.

On y vit avec Ed0451, criminel condamné à mort, les dernières heures de sa vie dans le couloir de la mort puisque dans quatre heures, à moins d’un miracle, il sera exécuté pour ses crimes. Son seul espoir de voire commuer sa peine capitale en emprisonnement à perpétuité, c’est que le gouverneur de l’Etat, Russell Thompson, lui accorde une grâce. Seulement, cet homme politique, avant de prendre sa décision, veut s’entretenir avec Mc Coy, un exécuteur de peine (bourreau).

Ce roman est un huis clos de 4 heures de discussion entre le gouverneur et le bourreau pour essayer de comprendre et déterminer si Ed0451 doit mourir ou vivre pour le restant de sa vie en prison. L’enjeu est très important, on le sent bien, tant pour le condamné que pour le Gouverneur entre les mains de qui repose le destin d’un homme.

La peine capitale est un sujet fort et dans ce roman, au fil des histoires racontées par le bourreau, c’est tout le système judiciaire américain qui est décortiqué. L’évolution de la société américaine au fil des ans, le racisme, les décisions des juges de prononcer la peine capitale, les révisions de procès qui parfois innocentent un condamné à mort…mais trop tard. Le sujet est toujours en balance, pour ou contre, chacun à son avis sur la question.

On y voit aussi la vie de ces hommes qui ont « choisi » de devenir exécuteur de peine (bourreau), qui doivent vivre avec l’idée d’avoir tué des hommes après les avoir côtoyés pendant de longues années avant que la peine ne soit mise en œuvre. J’ai beaucoup pensé à La ligne verte pendant cette lecture tant ce que racontait le bourreau de sa vie aux côtés des condamnés à mort me rappelait les images de ce magnifique film (oui je n’ai vu que le film). Les relations humaines entre exécuteur et exécutés sont bien décrites et montrent toute la difficulté de ce métier. « Tant qu’il y aura des hommes pour garder d’autres hommes, rien ne pourra empêcher la vie de se frayer un chemin. Même dans le couloir de la mort. Un chemin étroit et ne débouchant sur rien, hormis un peu d’empathie qui torture l’esprit de certains geôliers ». Le titre du roman est à cet égard extrêmement bien choisi car le bourreau est exécuteur de peine mais il n’est pas dénué de sentiments et ce métier peut aussi provoquer sa peine.

Le rythme est dynamique, haletant, rapide, les chapitres s’enchainent comme les heures qui défilent et qui décomptent, au fil des pages, le temps qui passe et le compte à rebours avant l’heure fatidique. Avec en plus des passages où les journalistes couvrent l’évènement, on est bien conscients de ce qui se passe, le fort sentiment de réalisme nous étreint et on tourne les pages dans l’attente de voir si à la fin le gouverneur prendra la bonne décision, en tout cas celle qu’on espère selon nos convictions. Qu’on soit pour ou contre la peine capitale, cette lecture fait réfléchir tant elle est documentée et sans parti pris nous dresse un portrait glaçant de cette fameuse punition suprême.

La particularité de ce roman tient aussi au personnage d’Ed0451 ce condamné à mort pour cinq crimes horribles qui ont secoué l’opinion publique. Ed0451 n’a pas toujours été un vilain monsieur, un petit voyou qui depuis son plus jeune âge agissait mal. Bien au contraire, il était un homme bien, marié, aimant sa femme et c’est extrêmement intéressant de voir comment la vie, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, toutes ces choses qui ont jalonné sa vie d’homme ont pu le pousser à franchir la ligne, à passer du côté obscur et à basculer dans le crime.

J’ai tout aimé dans ce roman du début à la fin tant pour l’histoire prenante que pour la réflexion fine et pertinente qu’il nous offre. L’auteure a parfaitement su me faire rentrer dans l’histoire et j’ai beaucoup aimé l’analyse en profondeur qu’elle nous donne sur ses personnages.

La peine du bourreau est donc un très bon roman noir, dur, oppressant et addictif dont je vous recommande fortement la lecture.

Je remercie vivement les éditions Taurnada pour leur confiance

HISTORIQUE·POLARS/THRILLERS

Le violoniste – Mechtild Borrmann

Le violoniste de Mechtild Borrmann paru le 6.01.2016 chez Le livre de poche

Résumé :

Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilia Grenko quitte la salle de concert sous un tonnerre d’applaudissements, son Stradivarius à la main, il est arrêté par le KGB, sans comprendre ce qu’on lui reproche. Après des jours de privations, d’humiliations et d’interrogatoires, Ilia signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil. Et son violon, d’une valeur inestimable, disparaît à jamais.
Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils d’Ilia, se met en quête du Stradivarius et découvre l’histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.

Mon avis :

J’ai découvert Mechtild Borrman avec son roman Sous les décombres qui m’avait tellement emportée que j’ai eu envie de découvrir ses autres romans alors quand je suis tombée sur Le violoniste , je n’ai pas hésité…et ce fût encore une belle lecture même si j’ai été moins touchée par cette lecture.

Le violoniste est un bon thriller historique qui nous emmène en 1948 aux côtés d’Ilia Grenko, musicien talentueux, qui se retrouve arrêté à la sortie d’un concert sans avoir le temps de parler à sa femme Galina. Son étui à violon contenant son stradivarius, disparaît en même temps que lui. Galina sa femme va devoir assurer sa survie et celle de ses enfants tout en cherchant à savoir ce qui est arrivé à son époux.

En 2008, Sasha Grenko se retrouve embarqué dans une course poursuite qui le conduira à découvrir les secrets de cette sombre histoire.

En alternant les deux époques, l’auteure nous raconte les histoires d’Ilia, de Galina et de Sasha. La vie dans le goulag, les atrocités, les difficultés, la peur, tout y est et donne envie de savoir comment Ilia et Galina vont s’en sortir. L’époque actuelle avec Sasha, dynamique et rythmée, trop rapide à mon goût m’a laissé un peu de marbre. J’ai aimé suivre les personnages mais j’ai trouvé qu’ils manquaient un peu de profondeur et ils n’ont pas su provoquer chez moi ces sentiments d’empathie et de compassion que j’aime ressentir dans mes lectures.

Peut-être être qu’à cause de mon énorme coup de coeur pour Sous les décombres j’en attendais trop de cette lecture…

Cependant, l’intrigue est bien menée, on reste embarqué dans l’histoire et la révélation finale est surprenante et effrayante, ce qui en fait une très bonne lecture.

LITTERATURE CLASSIQUE

Martin Eden – Jack London

Résumé :

Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise. Il se met à écrire, et devient un auteur à succès. Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. Ce magnifique roman paru en 1909, le plus riche et le plus personnel de l’auteur, raconte la découverte d’une vocation, entre exaltation et mélancolie.
Car la réussite de l’oeuvre met en péril l’identité de l’écrivain. Comment survivre à la gloire, et l’unir à l’amour, sans se perdre soi-même ? Telle est la quête de Martin Eden, le marin qui désire éperdument la littérature.

Mon avis :

Martin Eden est un roman de Jack London paru aux Etats-Unis en 1909 et en France en 1921. C’est un roman très intéressant sur le combat d’un auteur en devenir pour se faire reconnaître.

« Avec de la volonté, tout homme peut s’élever au-dessus de son milieu »

Martin Eden est au départ un marin de vingt ans qui va changer de voie par amour. Pour conquérir Ruth Morse, une jeune fille bonne famille, riche et d’un niveau social plus élevé que lui, il décide de s’instruire et se met à écrire, encore et encore, de nombreuses œuvres qu’il envoie à de nombreux éditeurs avec malheureusement pour lui des retours négatifs. Il aimerait être à la hauteur de la situation à laquelle Ruth peut prétendre. Il ne laissera jamais tomber, ne se résoudra jamais à trouver un « vrai » travail, continuant sans relâche, à ses frais et parfois sans en être vraiment récompensé, à inonder le monde de l’édition de ses manuscrits.

J’ai bien aimé cette lecture qui dépeint tous les sacrifices du personnage, sa volonté de plaire à sa dulcinée, sa ténacité pour obtenir la publication d’une de ses œuvres, son obstination quoi qu’il lui en coûte à toujours écrire et à persévérer dans la voie qu’il s’est choisie, son combat contre les jugements des autres qui ne cessent de l’encourager à renoncer.

Et ce récit offre également une belle réflexion, à la fin, sur ce qui fait que les gens nous aiment, pour nous même ou pour ce que nous représentons.

Cette lecture fût donc encore une belle découverte de la littérature classique.

Lecture faite dans le cadre du programme de Coach Zola que je ne peux que vous recommander (cliquez ici)

POLARS/THRILLERS

Révélée – Renée Knight

Révélée de Renée Knight chez Fleuve en 2015 et chez 10/18 en 2016

Résumé :

Catherine ne sait plus comment ce livre lui est parvenu, mais depuis qu’elle l’a commencé, elle ne dort plus. Angoissée, obsédée par cette lecture, elle ne parvient pourtant pas à la terminer, terrifiée par ce que la fin pourrait révéler. Car le personnage de ce livre, c’est elle. Elle en est convaincue. Et l’auteur, E. J. Preston, y expose un secret qu’aucune personne vivante n’est censée connaître. Derrière ce pseudonyme, se cache Stephen Brigstocke. Cet ancien professeur voit sa vie déraper doucement et sûrement depuis le décès de son épouse. Jusqu’au moment où il découvre dans les affaires de celle-ci les photos d’une femme sur une plage et posant nue dans une chambre d’hôtel. Stephen n’a alors plus qu’un but : voir sombrer celle qu’il juge être la source de son malheur…

Mon avis :

Renée Knight est réalisatrice, productrice et auteur de documentaires pour la télévision et le cinéma. Révélée est son premier roman. Best-seller en Angleterre, traduit dans le monde entier et en cours d’adaptation cinématographique, ce roman fût une très belle lecture qui frôle le coup de cœur.

Contrairement aux thrillers anglais classiques, il démarre sur les chapeaux de roue et la tension installée dès les premières pages se poursuit jusqu’à la révélation qui vous retourne le cerveau.

C’est un pur thriller psychologique qui explore en profondeur la nature humaine, les relations de couple et d’autres thèmes qu’il serait cruel de révéler ici.

Tout commence avec un livre « Elle l’observe, posé à l’envers, encore ouvert tel qu’elle l’a laissé : ce livre auquel elle s’est fiée. Les premiers chapitres l’on amadouée et mise en confiance, ils lui ont procuré un sentiment de confort tout en lui laissant deviner le léger frisson à venir, le petit quelque chose qui l’incitait à poursuivre sa lecture, mais sans fournir aucun indice sur ce que le livre lui resservait. Il l’a appâtée, attirée dans ses pages, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle était prise au piège. Alors les mots ont ricoché dans sa tête et claqué dans sa poitrine, les uns après les autres. Comme si toute une file de gens avait sauté devant un train et qu’elle, conductrice impuissante, était incapable d’éviter la collision fatale. Trop tard pour freiner. Impossible de faire machine arrière. Malgré elle. Catherine s’est retrouvée coincée dans les pages du livre » et moi aussi par la même occasion.

Catherine est une quadragénaire qui vient d’emménager dans un nouvel appartement avec son mari Robert, après le départ, un peu forcé, de leur fils Nicholas pour vivre sa vie d’adulte. On ressent assez vite une certaine tension, une vie de famille assez particulière finalement. Catherine apparaît froide et distante, accaparée par son métier de journaliste visant à dénoncer les actes de pédophilie, elle semble être une femme droite et intègre, plus en phase avec sa vie professionnelle qu’avec sa vie de mère et de femme. Mais elle a un secret, qu’elle pensait ne jamais voir refaire surface et pourtant….ce livre qu’elle dévore n’est pas une lecture anodine, elle en est l’héroïne, et ce qu’elle y lit va bouleverser sa vie.

Construite sur une alternance de chapitres entre Catherine et l’auteur du livre, l’intrigue est machiavéliquement orchestrée, on ne voit rien venir, on dévore les pages pour connaître tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.

Le seul petit bémol qui fait s’envoler le coup de cœur pour cette lecture c’est l’épilogue. Je crois que Mattias Köping a définitivement mis fin à mon goût pour les « happy end » et cela s’est vérifié ici. Si la révélation est une vraie claque qu’on ne voit absolument pas venir et qu’on se prend en plaine face, elle arrive trop tôt ; elle aurait dû être le point final de cette lecture et nous laisser ainsi, abasourdi et estomaqué. Parce que ce sont vraiment les sentiments ressentis à ce moment-là. Sauf qu’il reste encore 50 pages, des pages qui nous font douter encore de connaître le fin mot de l’histoire, qui nous font espérer une nouvelle fin….qui ne s’est pas révélée à la hauteur de ce que j’attendais au regard de la qualité de l’intrigue qui s’était déroulée sous mes yeux. J’ai espéré, attendu un twist final qui n’est pas venu. J’aurai préféré une fin plus punchy.

Mais malgré tout cette lecture est une totale réussite. Pour un premier roman, Renée Knight a mis la barre très haute en se démarquant de tous ses compatriotes anglais. C’est le meilleur thriller anglais que j’ai lu jusqu’à ce jour, rythmé, passionnant, maintenant une tension constante pendant quasi tout le récit, un suspense exceptionnel. J’ai énormément aimé cette lecture.

***

Renée Knight revient le 27 août 2020 avec son nouveau roman qui sera publié chez Fleuve et je peux vous assurer que moi je serai au rendez-vous

Résumé :

Il n’y a qu’un pas entre la loyauté…et l’obsession.

Regardez autour de vous. Qui détient le plus de pouvoir dans la pièce ? Est-ce celui qui parle le plus fort ou celui qui a le plus d’argent ?
Ou peut-être est-ce quelqu’un comme Christine Butcher : une figure douce et invisible, un témoin silencieux lorsque les informations sont partagées et les secrets murmurés.
Quelqu’un qui, tranquillement, parfois même sans le vouloir, accumule des connaissances sur ceux qu’elle est venue servir — ceux qui ne vont pas faire attention à elle.
Mais lorsque quelqu’un comme Christine Butcher est poussé à bout, elle pourrait bien devenir la personne la plus dangereuse et la plus puissante de la pièce…

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé paru en 2004 aux éditions Actes Sud

Résumé

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent “l’argent de New York”, leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela – dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements – confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.
Roman solaire, profondément humaniste, le nouveau livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l’existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d’apporter, au gré de son propre destin, la fierté d’être un Scorta, et la révélation du bonheur.

Mon avis :

Le soleil des Scorta est le troisième roman de Laurent Gaudé pour lequel il a reçu le prix Goncourt en 2004. Il est traduit dans trente quatre pays.

Le soleil des Scorta met à l’honneur tant un pays, l’Italie, qu’une famille, les Scorta. De 1870 à nos jours, l’auteur retrace le parcours de cette famille pour qui tout n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices mais qui fera preuve d’énormément de courage et de volonté.
Tout se déroule à Montepuccio, un petit village au Sud de l’Italie où Rocco, le premier des Scorta commença sa vie bien difficilement. Né d’un viol il réussira à retourner la situation à son avantage en bâtissant sa fortune par le crime et les vols mais décidera à sa mort de tout léguer à l’église afin que sa famille connaisse le prix de la sueur. On va ensuite suivre la vie de ses 3 enfants, Carmela, Giuseppe, Domenico, laissés dans la misère et qui devront se battre pour s’en sortir. Il y aura aussi Raffaele, un de leurs plus proches amis qui deviendra un Scorta par choix.

C’est une histoire de famille. « Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce qu’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien d’autre à faire que d’essayer ». La famille est vraiment le pilier de cette histoire. On suit tous les personnages très attachants qui devront affronter la vie. Chacun aura sa croix à porter. Ils sont très attachés à leur village. « Nous l’aimons trop, cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil…sa chaleur, nous l’avons en nous ». On vit avec eux les joies, les peines, les bons moments, les drames jusqu’à la fin de leur vie.

Glissés parmi le déroulement de cette vie, des chapitres écrits en italique où de la bouche de Carmela qui se confesse au Curé de la paroisse, sortent des morceaux de son histoire qui donnent un éclairage nouveau à certains passages.

Porté par une plume envoûtante, douce et poétique, très immersive, Laurent Gaudé nous emmène au pays des olives, sous un soleil de plomb dans une famille simple, touchante, aux fortes valeurs de travail et de persévérance car « quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beaux moments de ta vie ». Il en profite également pour évoquer certains thèmes de l’histoire, la guerre, l’immigration en provenance de l’Albanie.

J’ai adoré passer, en quelques heures de lecture, toutes ces années aux côtés des Scorta, tous aussi attachants les uns que les autres. C’est un véritable coup de cœur tant pour la plume de l’auteur que pour l’histoire en elle-même. Une magnifique fresque familiale qui m’a emportée dès les premières lignes et tout comme les Scorta, je n’ai pas pu quitter le village de Montepuccio avant le point final.

POLARS/THRILLERS

Resurrection bay – Emma Viskic

Resurrection bay d’Emma Viskic paru le 13.02.2020 aux éditions du Seuil

Résumé :

Caleb Zelic, détective privé à Melbourne, est bien décidé à retrouver le meurtrier de son meilleur ami Gary, un flic intègre, retrouvé égorgé chez lui. Mais Caleb est sourd depuis l’enfance et lire sur les lèvres peut parfois porter à confusion… Il sait toutefois parfaitement lire les expressions et le moindre geste de ses interlocuteurs. De plus, Caleb n’oublie jamais un visage. Avec l’aide de son associée Frankie, ex flic alcoolo, il mène son enquête mais se fait brutalement agresser. Et Frankie disparaît. Blessé, aux abois, il se réfugie chez son ex-femme à Resurrection Bay, sa ville natale.

Alors qu’il commence à remonter le fil des derniers événements menant à la mort de Gary, il réalise que tous autour de lui ont quelque chose à cacher…

Mon avis :

Résurrection bay est le premier roman d’Emma Viskic, clarinettiste professionnelle et professeure de musique et il l’a propulsée en tête des ventes dans son pays puis en Angleterre après qu’il ait remporté le Ned Kelly Award en 2016 ainsi que le Davitt Award dans trois catégories.

Resurrection bay est un bon polar, rythmé, sans temps mort, avec une intrigue bien ficelée servie par un personnage principal atypique. En effet, Caleb Zelic, détective privé à Melbourne, sourd depuis l’enfance, peut lire sur les lèvres pour peu qu’on le regarde en face et qu’on articule mais il ne comprend pas forcément tout ce qu’on lui dit. Il peut lire également les expressions et le moindre geste de ses interlocuteurs et surtout il n’oublie jamais un visage. Aidé par son associée et amie Frankie, ex flic, ex alcoolique, il enquête sur la mort de son ami Gary, égorgé par des méchants alors qu’il aidait Caleb dans une enquête sur un cambriolage. Et cette enquête menée tambour battant, sans laisser au lecteur le temps de respirer, va conduire Caleb à se dépasser.

Si l’on peut regretter une écriture (ou une traduction) un peu alambiquée, cherchant vainement à se faire poétique, et un trop léger aspect australien de cette histoire, ce roman n’en demeure pas moins un très bon polar qui se lit bien, vite et qui tient sa promesse d’une enquête prenante et au dénouement convaincant.

L’écriture m’a semblé quelque peu forcée et manquant parfois de fluidité. Les phrases sont parfois très courtes, sans queue ni tête ce qui donne une lecture hachée peu cohérente avec le rythme soutenu de cette histoire. C’est un style auquel il faut s’habituer afin d’entrer pleinement dans l’ambiance.

Si ce n’est que l’histoire se passe près de Melbourne en Australie, on ne ressent pas vraiment la réalisme du pays dans lequel se déroule cette intrigue. Je m’attendais à un plus fort accent sur le côté australien, tant dans les lieux que dans les personnages. Là on pourrait tout aussi bien être en Angleterre ou aux Etats-Unis tant le lieu de situation de l’intrigue n’est pas marqué.

Mais l’auteure rattrape ces petits défauts par une intrigue haletante et originale dans la personnalité du héros qui est très attachant. Il refuse de faire jouer son handicap et préfère se débrouiller pour réussir à lire sur les lèvres de ses interlocuteurs…ou pas, ce qui donne des situations et des conversations parfois assez loufoques. On ressent très bien, en tant que lecteur, les difficultés qu’il peut rencontrer pour comprendre les autres. On sent bien le travail de l’auteur sur le thème de la surdité, de ses conséquences et des limites que ce handicap cause à ceux qui en sont victimes. A travers les échanges entre Caleb et différents personnages, l’auteur explore les différentes façon de communiquer avec un malentendant.

L’auteure nous plonge dans le bain dès les premières pages en nous faisant assister au décès de Gary dans les bras de Caleb et à son interrogatoire par des policiers assez perturbés par le comportement de Caleb. Il se retrouve malgré lui dans une situation complexe et son envie de savoir ce qui s’est passé va le plonger dans la tourmente. Et nous aussi, par la même occasion. L’auteure arrive à maintenir la tension en continu, plaçant judicieusement les rebondissements pour rendre ce polar trépidant et haletant. On est pris complètement dans le déroulement des évènements, on ne voit pas les pages défiler et c’est très agréable de se sentir happé comme ça, d’avoir envie de tourner les pages pour connaître la fin. Et la tension ne redescend qu’à la dernière ligne de ce court polar pour le grand plaisir du lecteur.

J’ai bien aimé cette lecture et je lirai avec plaisir les autres enquêtes de Caleb Zelic déjà parues en Australie dès qu’elles seront traduites et publiées en France (message subliminal si par hasard les éditions du Seuil passaient par là et avaient envie de renouveler l’expérience)

LITTERATURE CLASSIQUE

Le crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde

Le crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde 1891

Le Crime de Lord Arthur Savile est une nouvelle de l’écrivain irlandais Oscar Wilde. Parue pour la première fois en 1887 dans The Court and Society Review et traduit en fançais en 1891 par Albert Savine.

Lord Arthur Savile, croyait passer une bonne soirée chez Lady Windermere, mais sa rencontre avec un chiromancien, Septimus R. Podgers va bouleverser sa vie. Ce dernier lit dans la paume de la main de Lord Arthur, un funèbre destin. C’est la mort qu’il a vue et pendant quelques pages on se dit que c’est celle de Lord Arthur qui va se terminer prématurément. Mais c’est bien pire… On apprend au chapitre suivant que Lord Arthur sera l’auteur d’un crime. Alors qu’il voulait se marier avec Sybil Merton, sa fiancée, il décide qu’il n’a pas le droit de le faire avant d’avoir commis ce meurtre. Alors plutôt que d’attendre que l’inévitable ne se produise, notre cher Lord va provoquer le destin et décider d’accomplir au plus vite le triste méfait pour pouvoir épouser au plus vite sa promise.

Je n’avais pas lu de résumé avant de commencer cette histoire, aussi quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il ne s’agissait pas d’un polar mais plutôt d’une histoire drôle.

Lord Arthur Savile ne remet absolument pas en cause la prophétie du chiromancien, il est persuadé qu’il va commettre un meurtre. Et plutôt que de reprendre son destin en mains en ignorant cette prédiction, il décide de provoquer le destin en choisissant lui-même sa victime et la manière dont il va pouvoir la tuer sans que l’on puisse remonter sa piste.

Si Lord Arthur Savile nous semblait être un gentil Monsieur bien sous tous rapports, choqué par la révélation du chiromancien et soucieux de préserver la moralité et la situation de sa future épouse, il apparaît toutefois comme un homme, froid, dénué de tout sentiment sans aucun remord à l’idée d’ôter la vie à quelqu’un. Il ne se pose aucune question, son bonheur en dépend, il doit tuer quelqu’un parce que le chiromancien l’a lu dans les lignes de sa main. (exactement comme Phoebe dans Friends qui est persuadée qu’elle va mourir parce que sa voyante le lui a dit et qui décompte les jours jusqu’à sa fin annoncée qui se révèle être celle de sa voyante puisque c’est cette « malvoyante » qui est décédée au jour dit).

Cette histoire offre une intéressante réflexion sur les choix que l’on peut être amenés à faire. Si à notre époque une telle histoire ne pourrait pas de se produire (du moins je l’espère), à cette époque là les gens de la Noblesse étaient tellement habitués à suivre la voie toute tracée qui leur avait été assignée par leurs parents, par leur rang, par la société elle-même que jamais il ne leur serait venu à l’esprit qu’ils pouvaient agir comme bon leur semblait et aller à l’encontre de ce qu’on leur avait demandé de faire.

Que ce serait-il passé pour Lord Arthur Savile s’il avait choisi de ne pas croire en la prédiction ? aurait-il vécu toute sa vie avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Aurait-il vécu heureux sans jamais commettre de meurtre ? Le libre arbitre est la faculté qu’aurait l’être humain de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté serait déterminée dans chacun de ses actes par des « forces » qui l’y nécessitent. Si le chiromancien n’avait pas dit à Lord Arthur Savile qu’il allait commettre un meurtre, ce dernier serait-il tout de même devenu un meurtrier ? N’avait-il pas déjà en lui un fond de criminel que le chiromancien n’a fait qu’exacerber ? La décision de commettre le meurtre a été prise tellement facilement qu’on peut s’interroger sur la nature même de la personnalité de Lord Arthur Savile. Etait-il foncièrement aussi gentil qu’il le laissait penser à première vue ?

J’ai beaucoup aimé cette histoire et surtout la fin qui est machiavéliquement bien amenée et qui ne peut que faire sourire.

Lecture faite dans le cadre du programme de Coach Zola que je ne peux que vous recommander (cliquez ici)

ROMANCE

Ghost secrets – Lina Hope

Ghost secrets de Lina Hope paru le 30.10.2019 aux édtions BMR

Résumé :

Survivre. Tel est l’objectif de Kurt depuis l’accident qui a bouleversé sa vie à tout jamais.Oublier. Ne pas se confronter à la réalité ni à tous les soucis qui le font plonger, au risque de sombrer à nouveau. Ne surtout pas regarder en arrière.Kurt pensait avoir repris le contrôle sur son existence après la terrible épreuve qu’il a traversée.Jusqu’à sa rencontre avec une fille qui l’obsède immédiatement. Les souvenirs remontent alors à la surface, et la douleur le submerge.Kurt doit en savoir plus sur elle. La vérité lui permettra-t-il, enfin, de sortir la tête de l’eau ?

Mon avis :

Ghost secrets est un roman du genre romance dont le personnage principal est masculin.


« Le plus dur quand on perd une personne à laquelle on tient, c’est de continuer à vivre sans elle. Parfois on y arrive et parfois non. Certains jours sont plus difficiles que d’autres, il faut simplement s’accrocher de toutes ses forces et se dire que tout finira par aller mieux. Parce que oui, un jour ou l’autre on va mieux. Ça, c’est ce que tous les connards autour de vous passent leur temps à vous répéter. Mais c’est faux. On ne va jamais bien, putain. Parce que perdre quelqu’un, c’est la merde. On ne s’en remet jamais…»


On comprend tout de suite que Kurt a vécu un drame qui a bouleversé sa vie et qui a fait de lui de jeune homme taciturne, torturé, perpétuellement en colère et qui s’abrutie d’alcool. C’est le personnage clé de cette histoire, celui qui porte toute la thématique de cette romance et il m’a touchée dès les premières pages. Dès le début on s’attache à ce bad boy tatoué, on comprend pourquoi il boit autant et on compatit énormément à son chagrin. L’auteure a fait un travail énorme sur la psychologie de son personnage, sur tous les aspects et la complexité de ses sentiments.

La thématique du deuil, de la culpabilité, de la perte de l’être aimé et de la difficulté de survivre à une telle épreuve est extrêmement bien travaillée par l’auteure qui exploite le sujet en profondeur et de façon intelligente.


Comme c’est une romance, on se doute bien qu’il va y avoir une fille (c’est volontairement que je n’en parle pas pour ne pas risquer de vous enlever le mystère de la rencontre et des questions qui vont venir) et on imagine déjà la fin de cette histoire mais l’auteure arrive à pallier ce petit manque d’originalité induit par le genre par une intrigue très bien construite et dont tous les éléments sont bien amenés. Elle joue avec nos nerfs et arrive à instiller ce petit doute qui nous titille jusqu’à la fin et qui nous fait tourner les pages et dévorer cette histoire pour savoir si Kurt va enfin retrouver le goût de vivre.


Cette lecture fût une belle découverte de la plume de l’auteure et c’est avec plaisir que je lirai ses autres romans.

LITTERATURE CLASSIQUE

Comment je devins auteur dramatique et Mon odyssée à la Comédie-Française – Alexandre Dumas




Comment je devins auteur dramatique d’Alexandre Dumas paru le 20 décembre 1833, dans La Revue des Deux Mondes
Mon odyssée à la Comédie Française, d’Alexandre Dumas chapitre de ses Souvenirs dramatiques(1868), paru d’abord, en 1856, dans Paris et les Parisiens au XIXe siècle, moeurs, arts et monuments

Ces deux lectures sont très intéressantes sur le processus qui a amené Alexandre Dumas à être l’auteur qu’on connaît.

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Portrait d’Alexandre Dumas en 1855 par Nadar


Dans « Comment je devins auteur dramatique » paru le 20 décembre 1833, dans La Revue des Deux Mondes, on découvre comment ce provincial monté à Paris à 20 ans pour gagner sa vie va être amené à devenir auteur. Il nous raconte son travail dans l’Administration obtenu grâce aux relations militaires de son père, et la manière dont il a pu faire connaître sa plume et se lancer dans l’écriture de pièces de théâtre, les difficultés qu’il a rencontrées pour conjuguer son travail administratif et sa nouvelle vie d’écrivain.

Dans Mon odyssée à la Comédie Française, chapitre de ses Souvenirs dramatiques(1868), paru d’abord, en 1856, dans Paris et les Parisiens au XIXe siècle, moeurs, arts et monuments, c’est son combat pour faire jouer ses pièces qu’il nous raconte, tant contre le comité de lecture pour les faire accepter que contre les acteurs/trices pour leur faire jouer le rôle qu’il leur assignait.

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Bâtiment de la Comédie-Française au XVIIIe siècle

C’était très sympathique et intéressant à lire. On sent bien le côté très élitiste de la Comédie Française et le « pouvoir » dont disposent ses membres sur les pièces qui sont susceptibles d’être jouées chez eux.

Ces deux lectures assez éloignées de mon genre de lecture habituel fûrent plaisantes à lire par leur côté instructif. Je regrette seulement qu’il n’y ait eu aucune information sur son évolution ultérieure vers l’écriture des romans qui ont fait son succès.

Lecture faite dans le cadre du programme de Coach Zola que je ne peux que vous recommander (cliquez ici)