LITTERATURE CLASSIQUE

La ferme des animaux – George Orwell

La ferme des animaux de George Orwell publié en 1981 aux éditions Champ Libre

Résumé :

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. » Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un, cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

Mon avis :

La ferme des animaux est un court roman, publié en 1945 en Angleterre et en 1981 en France, très plaisant à lire.


Tout commence quand Sage l’ancien, un vieux cochon qui a fait un rêve, s’adresse aux animaux en ces termes :
« Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève. Une fois au monde, il nous est tout juste donné de quoi survivre, et ceux d’entre nous qui ont la force voulue sont astreints au travail jusqu’à ce qu’ils rendent l’âme. Et dans l’instant que nous cessons d’être utiles, voici qu’on nous égorge avec une cruauté inqualifiable. Passée notre première année sur cette terre, il n’y a pas un seul animal qui entrevoie ce que signifient des mots comme loisir ou bonheur. Et quand le malheur l’accable, ou la servitude, pas un animal qui soit libre. Telle est la vérité. Et doit-il en être tout uniment ainsi par un décret de la nature ? Notre pays est-il donc si pauvre qu’il ne puisse procurer à ceux qui l’habitent une vie digne et décente ? Non, camarades, mille fois non ! (…) Tout tient en un mot : l’Homme. Car l’Homme est notre seul véritable ennemi. Qu’on le supprime, et voici extirpée la racine du mal. Plus à trimer sans relâche ! Plus de meurt-la-faim ! (…) L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui les surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n’ait que sa peau pour tout bien. »


Ce discours (qui raisonne encore aujourd’hui de vérité dans les relations Gouvernement-patrons / « petit peuple » -salariés de notre époque actuelle) aura pour conséquence de fédérer l’ensemble des animaux de la ferme. Épris de liberté et voulant être les maîtres de leurs vies ils espèrent vivre tous ensemble, à égalité et ne plus être exploités. Ils se révoltent et virent le fermier.


L’auteur transpose ainsi la société animale à la société humaine, le tout avec beaucoup d’humour dans les descriptions de situations, dans les dialogues, dans tout le récit d’ailleurs. Tous les animaux sont des personnages représentant une catégorie de personnes, ceux qui croient aveuglément en tout ce que le chef dit, ceux qui cherchent à comprendre, ceux qui réfléchissent. C’est extrêmement bien fait, ce d’autant plus que la plume de l’auteur est très agréable et accessible. Teintée de poésie, on découvre des vers dans les phrases ce qui donne un côté chantant à cette histoire et la rend très sympathique à lire.


L’auteur décortique le fonctionnement de la société, la façon dont les belles promesses sont mises en œuvre et détournées et où la satisfaction personnelle finit toujours par l’emporter sur le bonheur collectif. L’auteur nous montre que finalement le pouvoir est un mal qui trouve toujours un chemin.


C’est une lecture que j’ai énormément appréciée tant pour la plume de l’auteur teintée de poésie que pour l’histoire très incisive, drôle et à la conclusion très bien amenée.

Lecture faite dans le cadre du programme de Coach Zola que je ne peux que vous recommander (cliquez ici)

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