COUP DE COEUR·THRILLER

Entre fauves – Colin Niel

Entre Fauves de Colin Niel paru aux éditions du Rouergue en septembre 2020 –

Résumé :

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des derniers ours. Mais depuis un an et demi, on n’a plus trouvé la moindre trace de Cannellito, le seul plantigrade avec un peu de sang pyrénéen qui fréquentait encore ces forêts, pas d’empreinte de tout l’hiver, aucun poil sur les centaines d’arbres observés. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. L’histoire des hommes, n’est-ce pas celle du massacre de la faune sauvage ? Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas. Et rien de ce qui s’est joué, quelques semaines plus tôt, en Afrique.
Entre chasse au fauve et chasse à l’homme, vallée d’Aspe dans les Pyrénées enneigées et désert du Kaokoland en Namibie, Colin Niel tisse une intrigue cruelle où aucun chasseur n’est jamais sûr de sa proie.

Mon avis

J’ai découvert Colin Niel avec son roman Seules les bêtes que j’ai lu et adoré en 2020. Alors quand je suis tombée sur son nouveau roman Entre fauves en librairie, je me suis jetée dessus et cette lecture a été comme la première, un coup de cœur.

Pour la majorité des gens le lion est le roi des animaux, beau, majestueux, il est aimé des grands et des petits alors quand Martin, garde d’un parc national en France, fervent défenseur de la cause animal, tombe sur la photo d’une jeune fille debout, un arc à la main, à côté du cadavre d’un lion, il voit rouge…actif sur les réseaux sociaux pour dénoncer ces monstres, il décide ce coup-ci d’aller plus loin et de partir lui-même à la chasse à la tueuse.
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Pour Kondjima, berger en Namibie, dans un pays rongé par la sécheresse où tous les animaux peinent à survivre, le lion est un redoutable prédateur qui a massacré son troupeau de chèvres. Il est comme le renard qui tue nos poules, le loup qui s’en prend aux brebis et Kondjima n’a qu’une seule idée en tête, tuer ce lion qui a fait de sa vie un enfer encore pire.
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Apolline est une jeune fille, étudiante passionnée de chasse à l’arc qui rêve de s’offrir un lion en trophée.
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Charles est ce lion, seul, affamé, qui rôde auprès des hommes et qui nous raconte également sa vie.
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Avec ses quatre personnages dont les histoires se mêlent au fil des chapitres, dans une construction très originale du récit, l’auteur nous offre une intrigue palpitante, une histoire qui fait monter notre tension au fil des pages et le tout servi par une plume magnifique, des descriptions à vous couper le souffle.
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C’est magnifique, machiavéliquement orchestré, l’auteur vous attrape dans son viseur et ne vous lâche plus jusqu’au dernier mot. C’est une histoire aux personnages très travaillés, complexes et c’est un vrai régal de les suivre pour voir comment tout va finir, comment l’auteur va nous emmener jusqu’au bout de cette chasse.
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J’ai tout aimé dans ce roman qui, après Seules les bêtes, vient confirmer mon admiration pour Colin Niel. Cette lecture est un coup de cœur tant par l’intrigue en elle même que par les réflexions qu’elle a provoquées chez moi.
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Bref, j’ai adoré cette lecture et je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur au talent fou pour offrir des intrigues prenantes, originales et instructives.

COUP DE COEUR·HISTORIQUE

Déjà, l’air fraîchit – Florian Ferrier

Déjà, l’air fraîchit de Florian Ferrier paru chez Plon le 15.10.2020 – 672 pages

Résumé :

1946 Hitler est mort, l’Allemagne plonge dans l’abîme.
Elektra, jeune allemande, bibliothécaire-expert pour la SS, attend son jugement par les alliés. En prison, elle revit son existence, hantée par l’absence de son père, et à travers elle, la montée du nazisme, l’occupation en France et la vie parisienne tant appréciée outre Rhin…
Dans une Europe dévastée par la guerre, Elektra tente de diriger sa vie et de s’émanciper.
Témoin privilégié de la voracité des services de spoliation dans l’Europe entière, alors que la défaite semble inéluctable, finira t’elle par prendre conscience de la brutalité de ce monde meilleur pour lequel elle pense œuvrer ?

Mon avis :

C’est complètement par hasard que je suis tombée sur ce roman sur une table de la librairie dans laquelle je m’étais rendue pour tout autre chose. Mon œil a été attiré par la couverture, puis après avoir lu la quatrième de couverture, j’étais complétement séduite, il me fallait ce livre. Et aussitôt acheté, aussitôt commencé, j’ai été complètement happée par cette histoire que j’ai dévorée en quatre jours.

Déjà, l’air fraîchit est un roman magistral tant dans sa construction que dans l’histoire, c’est bluffant.
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En 1946, Hitler est mort et Élisabeth Elektra Winter, 26 ans attend d’être jugée pour son appartenance au régime nazi. En quatre mois de détention, elle a eu le temps de se demander comment elle en est arrivée là, comment elle s’est convaincue d’appartenir à la race supérieure. Elle ne cherche pas à se disculper, elle ne s’abaissera pas à salir son histoire.
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Et c’est cette histoire que nous raconte l’auteur dans ce beau pavé de plus 650 pages qui se dévore d’une traite. Dès le premier chapitre j’ai été séduite par la très haute qualité de la plume de l’auteur. A travers la vie d’Elektra, l’auteur retrace toute la seconde guerre mondiale du point de vue des allemands, de la montée du nazisme à la débâcle finale, rien n’est épargné au lecteur.
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Elektra est l’héroïne de cette fresque, elle est attachante mais aussi troublante. On s’attache très vite à cette jeune fille qui a perdu son père très tôt, mystérieusement disparu quand elle avait 12 ans et dont l’absence plane comme une ombre sur sa vie. On vit avec elle son incorporation dans le service SS de confiscation des livres.

c’est une guerre feutrée que se livrent les services français et allemands autour du livre, dont l’enjeu est la préservation de l’histoire et de la culture

Et on suit toute sa vie pendant la guerre, son évolution tant professionnelle que personnelle.

Elektra prend conscience que la folie destructrice qui sévit ici la rend coupable de complicité, ainsi que l’ensemble du peuple allemand. Et lorsque viendra l’heure des comptes, personne ne sera épargné

La différence entre la Elektra, prisonnière à la fin de la guerre, et celle qu’on suit au cours du récit se révèle de plus en plus trouble au fil des pages, au fur et à mesure où l’on voit la jeune fille qu’elle était au début, évoluer au gré des évènements qui jalonnent son parcours. Elektra devient de plus en plus mystérieuse et envoutante.

C’est très documenté et fouillé historiquement, on vit vraiment le régime nazi de l’intérieur, les bagarres entre les différents services, les manigances et les personnalités des hauts responsables de ce régime. Il y a ceux qui savent ce qui se passe réellement et les autres, les simples maillons d’une chaine, qui font leur travail sans imaginer l’horreur de ce qui se passe réellement.
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La construction du récit est intelligente, l’alternance présent/passé est magistralement orchestrée, la tension et le suspense s’installent progressivement et il devient impossible de lâcher ce roman avant d’en connaître le dénouement.
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J’ai tout simplement adoré cette lecture qui m’a complètement emportée dans un tourbillon d’émotions, c’était passionnant et addictif et le côté thriller qui s’immisce dans l’histoire ont fait de cette lecture un pur kiffe livresque.
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Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, vous ne serez absolument pas déçus.

COUP DE COEUR·HISTORIQUE

Une soif de livres et de liberté – Janet Skeslien Charles

Une soif de livres et de liberté de Janet Skeslien Charles paru chez JC Lattes le 7.10.2020 – 448 pages – traduction Freddy Michalski

Résumé :

Odile Souchet, vingt ans à peine, s’épanouit dans son travail à la Bibliothèque américaine de Paris, où elle côtoie la fameuse directrice Dorothy Reeder. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la jeune femme risque de tout perdre, y compris sa chère Bibliothèque. Alors que les nazis envahissent Paris, Odile et ses amis s’engagent dans la Résistance avec leurs propres armes : les livres.

Mon avis :

Les romans sur la Seconde Guerre Mondiale finissent toujours entre mes mains tant j’adore lire sur cette période depuis mon adolescence et la découverte du roman Au nom de tous les miens de Martin Gray. Pourquoi? parce que ces lectures sont (presque) toujours des lectures très fortes en émotions, passionnantes et révélatrices du meilleur comme du pire de la nature humaine. J’en ai lu beaucoup et je peux déjà vous dire qu’Une soif de livres et de liberté restera dans mes souvenirs comme un des meilleurs que j’ai lus.

Dans ce roman, l’auteure nous offre une magnifique histoire portée par une plume toute aussi magnifique.
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Dans les années 40, Odile Souchet est une jeune femme passionnée de lecture dont le rêve s’est réalisé quand elle a intégré la Bibliothèque américaine de Paris où elle côtoie des hommes et des femmes de tous horizons mais avec un point commun : la passion des livres et du partage.
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Dans les années 80, à Froid dans le Montana, Lily est une jeune fille de 12 ans qui cherche à percer le mystère de sa voisine, Mrs Gustafson, une femme solitaire, que les gens appellent la mariée de guerre et dont le courrier arrive dans des enveloppes au nom de Madame Odile Gustafson.
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Alternant entre les deux époques, l’auteur nous embarque complètement dans cette histoire poignante, captivante de ces passionnés de lecture qui ont assuré quoiqu’il leur en coûte, le maintien de la diffusion des livres de la bibliothèque aux abonnés.
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Le contexte historique est bien décrit, on est vraiment plongés au cœur de cette période, on sent bien l’ambiance, l’angoisse, les tensions. C’est vraiment intéressant de voir comment cette guerre a impacté différentes personnes. Ici il n’est pas question de vie dans les camps mais c’est tout aussi impressionnant et émouvant de voir comment les gens ont vécu cette période et les choix parfois très courageux qu’ils ont faits.
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Les petites pauses avec la vie de Lily sont plus douces même si cette partie est toute aussi émouvante avec l’apprentissage du deuil, de la reconstruction, de l’amitié pour une toute jeune fille. Les relations qui se nouent entre cette jeune fille et Odile m’ont touchée. J’ai apprécié de voir Odile, si froide et quelque peu distante au départ, émerger de sa carapace au fur et à mesure de ses échanges avec Lily.
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J’ai tout aimé dans ce roman qui m’a transportée, les passages au début sur les partages livresques entre les bibliothécaires a fait grimper ma wish list parce qu’il y est question de véritables romans. On est vraiment au tout début de l’année 1939, personne ne peut encore imaginer ce qui va se passer. Odile est une jeune fille qui en veut. Contrairement à ce qui est attendu d’elle à cette époque elle veut travailler, avoir son indépendance et son intégration à la fameuse Bibliothèque américaine de Paris lui apportera tout ce dont elle a toujours rêvé. Cette partie est un pur bonheur quand on est amoureux des livres car les échanges entre les personnages nous parlent, on lit ce qu’on a forcément pensé, vécu en lisant.

Je m’en suis gorgée comme si c’était de l’amour ou des gâteaux au chocolat. Je m’étais attachée si profondément aux personnages qu’ils en étaient devenus réels. J’avais le sentiment de connaître Janie au point qu’un jour, peut être elle entrerait à la Bibliothèque et m’inviterait à prendre un café

On vit avec les différents personnages de la Bibliothèque l’évolution de la situation, les différentes annonces, les craintes qui apparaissent et quand la situation s’assombrit vraiment avec l’arrivée des nazis, le rythme et la tension qui s’intensifient, lâcher ce roman devient impossible. On tourne les pages encore et encore pour savoir comment notre petite bibliothécaire française s’est retrouvée dans le fin fond du Montana.
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Odile explique à un moment à Bitsi à propos de son auteur préféré (Zora Neale Hurston) :

j’avais savouré les chapitres l’un après l’autre, engloutissant les mots tant je tenais à savoir ce qui arriverait ensuite (…) Puis, confrontée soudain à la poignée de pages qui me restait à lire, j’avais été prise de panique à la pensée que cet univers que j’aimais tant allait prendre fin alors que je n’étais pas prête à lui dire adieu. Alors j’ai décidé de lire lentement, pour jouir de chaque scène.

Moi je n’ai pas pu me freiner, j’ai avalé les mots et les pages pour savoir. C’est un livre à lire absolument, une pépite livresque dont je vous recommande vivement la lecture.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Graveney Hall – Linda Newberry

Graveney Hall de Linda Newberry paru chez Phébus le 14.02.2013 et au Livre de poche le 29.01.2014 – 304 pages – traduction de Joseph Antoine

Résumé :

Quand Greg, un adolescent féru de photographie, découvre les ruines de l’ancienne demeure de Graveney Hall, il sait tout de suite qu’il tient un beau sujet. Épaulé par Faith, la fille d’un bénévole restaurant la propriété, il va tenter de percer le secret de cette mystérieuse bâtisse et de son dernier habitant, Edmund Pearson, disparu dans d’étonnantes circonstances pendant la Première Guerre mondiale. Une enquête qui va révéler bien plus de choses sur lui-même qu’il n’aurait pu l’imaginer.

Mon avis :

Graveney Hall dormait dans ma PAL depuis 2014, plusieurs fois je l’ai pris, en ai relu le résumé et puis l’ai reposé pour lui préférer un plus récent. Et puis dernièrement, une envie plus forte de sortir les vieux de ma PAL m’a fait lui donner sa chance…et mon Dieu qu’est-ce que j’ai bien fait !!!! Cette lecture est une pépite💕💕💕💕💕
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La plume de l’auteure est sublime. Douce, poétique, travaillée mais fluide et très agréable à lire, elle donne une profondeur à l’histoire, une histoire émouvante, bouleversante, forte et tellement riche.
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On suit deux jeunes garçons à deux époques bien différentes. Edmund en 1917, pendant la première guerre mondiale, dans une société anglaise très puritaine, qui a mystérieusement disparu pendant l’incendie de la propriété familiale, Graveney Hall, aujourd’hui une ruine en cours de rénovation où évolue Greg, un tout aussi jeune adolescent féru de photographie qui va chercher à comprendre, avec Faith, une jeune fille très croyante, qui était Edmund et à percer le mystère de cette disparition.

Des commentaires sur Livraddict avaient un peu refroidi l’enthousiasme de la non-croyante que je suis, mais cette lecture m’a emportée complètement. L’équilibre entre les deux époques est parfaitement maitrisé, on prend plaisir à lire chacune d’elles et à suivre nos deux jeunes hommes dans leurs vies d’adolescent en recherche de qui ils sont

C’est vrai il n’était pas tout à fait lui-même : ce lui-même qu’elle connaissait. Mais peut-être commençait-il à devenir lui-même justement: le vrai lui-même.

Il y est question d’amour, pur, celui qui a un sens, « trop important pour être galvaudé » et quelque soit l’autre.

« J’ai un rêve – un fantasmé. Passer une nuit dehors, au bord de la mer, avec quelqu’un d’autre. Une nuit chaude, paisible, sous un ciel vraiment clair. On resterait couchés là à regarder les étoiles, à écouter les vagues, puis ce serait l’aube et on irait dans l’eau, nager. Ce serait assez parfait pour durer toute ma vie. Les étoiles, l’obscurité, l’espace, le sable, les vagues, l’eau, la lumière« .

Les questionnements sur Dieu jalonnent cette histoire, tant avec Edmund qu’avec Greg et c’est bouleversant.

« On ne sait pas pourquoi les choses arrivent, alors on invente un Dieu omniscient qui sait, et comme pour toi il faut que ce soit un dieu bon, il doit exister une bonne raison à tout évènement, si affreux soit-il »… »Si tu Lui ouvres ton cœur, Il te montrera Son amour et Sa vérité. Ca ne peut pas se produire autrement. Ca ne passe pas par la raison ni par la logique ni par l’argumentation ».

Il n’y a que de belles phrases et de belles réflexions qui inspirent et font réfléchir.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’être. Nous voulons plus que ce qui nous est imparti ; nous voulons des voitures, des cinémas, des piscines, des vacances sur le continent et ce n’est pas tout, nous considérons comme acquis le fait d’y avoir droit. Si on pouvait se contenter d’être, de vivre de ce que la terre a les moyens de nous donner au lieu de prendre et de prendre encore, les forets tropicales pousseraient et l’atmosphère serait propre et la terre trouverait son propre équilibre.


Je n’ai jamais autant noté de phrases qui me touchaient dans une lecture. Celle-ci a été d’un bout à l’autre un pur moment de bonheur livresque tant j’ai apprécié la plume de l’auteure mise au service d’une histoire magnifique, d’une profondeur immense qui m’a envoûtée.

Un énorme COUP AU COEUR dont je vous recommande vivement la lecture

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les affligés – Chris Womersley

Les affligés de Chris Womersley paru chez Albin Michel le 2 mai 2012 – 336 pages – traduction Valérie Malfoy

Résumé :

Australie, 1919. Alors que la Grande Guerre est enfin terminée, une épidémie de grippe espagnole ravage le pays. Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes en armes bloquent les routes et parcourent les campagnes pour imposer la quarantaine.
Quinn Walker, un soldat démobilisé et hanté par ce qu’il a vécu, retrouve la petite ville de Flint en Nouvelle- Galles du Sud, qu’il avait quittée dix ans plus tôt, après avoir été accusé à tort d’un crime effroyable. Persuadé que son père et son oncle le pendront s’ils le trouvent, Quinn décide de se cacher dans les collines avoisinantes. Il y rencontre une gamine mystérieuse, qui l’encourage à réclamer justice et semble en savoir plus qu’elle ne le devrait sur son supposé crime…

Mon avis :

Les affligés était dans ma PAL depuis sa sortie et il attendait patiemment que je me décide à le lire. Et je peux vous dire que je regrette de l’avoir laissé patienter aussi longtemps.

Roman sombre et lumineux où il est question d’amour, de rédemption, de regret et de vengeance, Les Affligés est un livre fort, qui nous parle aussi des souffrances qu’impose la guerre tant à ceux qui partent au front, qu’à ceux restés derrière pour toujours.

« Un roman extraordinaire, fort, émouvant et superbement écrit, qui reste longtemps présent dans l’esprit du lecteur. » Notebook Magazine

Voilà ce qu’on nous dit sur la quatrième de couverture à la suite du résumé. Et si parfois je trouve ces phrases d’accroche quelque peu exagérées, ici il n’en est rien. C’est exactement ce que j’ai ressenti en le lisant. Je l’ai dévoré en deux jours et j’ai adoré.

Quinn s’est enfui loin de chez lui quand il a été vu, plein de sang, tenant dans ses mains le couteau qui avait tué sa petite sœur. En 1919, après avoir fait la guerre il revient chez lui, dans son village ravagé par la grippe espagnole, avec toujours la peur au ventre, effrayé à l’idée d’affronter son passé. Sa rencontre avec Sadie, une petite fille qui erre dans les collines où il se cache, va bouleverser sa vie.

C’est émouvant, fort, passionnant. Les deux personnages sont hyper attachants et les sentiments profonds.

Quin est encore une jeune homme mais abîmé moralement par la guerre.

« s’il fermait les yeux pour ne plus voir les cadavres ensanglantés et les arbres déchiquetés, il entendait encore les armes et les hurlements s’il se bouchait les oreilles, il sentait encore la terre trembler ; l’odeur du gaz imprégnait ses narines ; tout ce qu’il touchait était humide ou sanglant. Même dans son sommeil, il rêvait d’éclairs, de vêtements déchirés, de grommellements. Cela n’en finissait pas. »

Comment ne pas s’attacher à ce jeune homme qui a dû fuir alors qu’il se savait innocent ? Qui a tout perdu…sa soeur, sa confidente, celle avec qui il entretenait des liens très forts et par la même occasion ses parents qui le croient coupables. C’est impossible de rester indifférent.

Et le personnage de Sadie n’est pas en reste non plus. Très mystérieuse, cette petite fille qui apparaît dans la vie de Quin, intrigue, questionne. On ne sait pas quoi penser. Est-elle réelle ou est-elle une émanation de l’esprit torturé de Quinn?

C’est un roman qui traite de la guerre, de ses conséquences sur ceux qui l’ont faite mais aussi sur ceux qui sont restés au pays. Quinn, accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis se retrouve face à lui même, sous la menace constante de se faire prendre, arrivera-t-il à se remettre et à reprendre sa vie en main?

C’est magnifiquement écrit, c’est palpitant, il est impossible de le lâcher avant la fin.

Bref, une très belle lecture qui restera longtemps dans mes souvenirs

COUP DE COEUR·THRILLER

Les refuges – Jérôme Loubry

Les refuges de Jérôme Loubry paru chez Calmann-lévy en 2019 et chez Le livre de poche en septembre 2020 – 432 pages

Résumé :

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette terre grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi-autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange. En quelques heures, la jeune femme se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Et pourtant, aucun d’entre eux ne quitte jamais l’île. Pourquoi ?

Et qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?..

Mon avis :

Les refuges est le troisième roman de l’auteur et c’est le troisième roman que je lis. A sa sortie en grand format, j’ai vu passer beaucoup de publications sur ce fameux Jérôme Loubry et tout le monde ou presque avait un avis dithyrambique sur Les refuges. Comme j’aime bien commencer, en général, par les premiers romans, je m’étais précipitée pour acheter ses deux premiers romans en format poche. Et si j’ai bien aimé Les chiens de Détroit et Le douzième chapitre, ils ne m’ont pas transcendée plus que ça. J’étais donc frileuse à tout investissement dans son troisième roman que je choisissais de prendre en numérique d’une part, et d’attendre avant de le lire d’autre part pour oublier mes sentiments quelques peu mitigés sur ces deux premières lectures.

C’est en ce mois d’octobre 2020 que j’ai décidé de me lancer et … comment vous dire … je me suis pris une claque livresque monumentaleLes refuges est indéniablement mon plus gros coup de cœur de l’année 2020 et même de toute ma vie de lectrice. Oui oui !!!

Je me suis laissée complètement embarquer dans cette histoire qui commence sur une alternance passé/présent, mon schéma de lecture préféré, je me suis attachée à Sandrine (tiens elle s’appelle comme moi…et je peux vous dire que ça fait bizarre de lire son prénom dans un roman) et j’ai adoré la suivre sur cette île mystérieuse où sa grand mère était décédée.

« Errer sur un rocher avec pour simple compagnie la présence de volatiles ressemblait plus à un cauchemar hitchcockien qu’à une visite de recueillement familial »

Conquise par la première partie sur cette enquête sur cette île avec ce mystère qui entoure la disparition tragique d’enfants après la seconde guerre mondiale, je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait suivre et c’est là que cette lecture a basculé dans l’addiction la plus totale. L’auteur bouscule le lechttps://souvenirsdelecture.fr/2020/10/31/les-refuges-jerome-loubry/teur. Tout ce qu’on vient de lire et aimer est remis en cause, on découvre une toute autre histoire, une toute autre intrigue, toute aussi prenante et passionnante. On bascule d’une lecture déjà fort captivante dans une lecture machiavéliquement torturante, diaboliquement redoutable pour nos neurones, mais tellement géniale à lire.

Avec Les refuges, Jérôme Loubry a conquis mon cœur de lectrice par une intrigue originale, surprenante, fascinante qui nous attrape et ne nous laisse pas lâcher cette histoire jusqu’à la dernière page. Bref j’ai tellement adoré, un vrai moment du pur bonheur livresque, une histoire et les sensations qui y sont associées qui resteront très très longtemps dans mes souvenirs de lecture.

oui vous ne rêvez pas, j’ai tellement kiffé que je l’ai acheté en format poche pour l’avoir tout le temps dans ma bibliothèque

Autant vous dire que son nouveau roman De soleil et de sang qui vient de sortir (septembre 2020) chez Calmann-Levy est déjà dans ma PAL. Et oui cet auteur a réussi à me faire déroger au principe d’avoir les romans d’un même auteur dans la même collection (autant que faire ce peut), il m’était complètement impossible d’attendre sa sortie en format poche, trop long à attendre.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé paru en 2004 aux éditions Actes Sud

Résumé

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent “l’argent de New York”, leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela – dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements – confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.
Roman solaire, profondément humaniste, le nouveau livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l’existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d’apporter, au gré de son propre destin, la fierté d’être un Scorta, et la révélation du bonheur.

Mon avis :

Le soleil des Scorta est le troisième roman de Laurent Gaudé pour lequel il a reçu le prix Goncourt en 2004. Il est traduit dans trente quatre pays.

Le soleil des Scorta met à l’honneur tant un pays, l’Italie, qu’une famille, les Scorta. De 1870 à nos jours, l’auteur retrace le parcours de cette famille pour qui tout n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices mais qui fera preuve d’énormément de courage et de volonté.
Tout se déroule à Montepuccio, un petit village au Sud de l’Italie où Rocco, le premier des Scorta commença sa vie bien difficilement. Né d’un viol il réussira à retourner la situation à son avantage en bâtissant sa fortune par le crime et les vols mais décidera à sa mort de tout léguer à l’église afin que sa famille connaisse le prix de la sueur. On va ensuite suivre la vie de ses 3 enfants, Carmela, Giuseppe, Domenico, laissés dans la misère et qui devront se battre pour s’en sortir. Il y aura aussi Raffaele, un de leurs plus proches amis qui deviendra un Scorta par choix.

C’est une histoire de famille. « Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce qu’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien d’autre à faire que d’essayer ». La famille est vraiment le pilier de cette histoire. On suit tous les personnages très attachants qui devront affronter la vie. Chacun aura sa croix à porter. Ils sont très attachés à leur village. « Nous l’aimons trop, cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil…sa chaleur, nous l’avons en nous ». On vit avec eux les joies, les peines, les bons moments, les drames jusqu’à la fin de leur vie.

Glissés parmi le déroulement de cette vie, des chapitres écrits en italique où de la bouche de Carmela qui se confesse au Curé de la paroisse, sortent des morceaux de son histoire qui donnent un éclairage nouveau à certains passages.

Porté par une plume envoûtante, douce et poétique, très immersive, Laurent Gaudé nous emmène au pays des olives, sous un soleil de plomb dans une famille simple, touchante, aux fortes valeurs de travail et de persévérance car « quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beaux moments de ta vie ». Il en profite également pour évoquer certains thèmes de l’histoire, la guerre, l’immigration en provenance de l’Albanie.

J’ai adoré passer, en quelques heures de lecture, toutes ces années aux côtés des Scorta, tous aussi attachants les uns que les autres. C’est un véritable coup de cœur tant pour la plume de l’auteur que pour l’histoire en elle-même. Une magnifique fresque familiale qui m’a emportée dès les premières lignes et tout comme les Scorta, je n’ai pas pu quitter le village de Montepuccio avant le point final.

COUP DE COEUR·HISTORIQUE

La plantation – Leila Meacham

La plantation – Leila Meacham paru aux éditions Charleston le 18 avril 2014
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Elisabeth Luc
528 pages – 22,50 euros

Résumé :

Caroline du Sud, 1835. Privé de son héritage, Silas Toliver veut partir avec sa bien-aimée Lettie vers un nouveau territoire portant le nom de Texas pour y établir sa plantation. Sans argent, il ne peut réaliser son rêve. Fille d’un riche propriétaire terrien, Jessica Wyndham a caché un esclave fugitif. Pour laver l’honneur de sa famille, son père propose un marché à Silas : il financera son expédition vers l’Ouest s’il accepte d’épouser Jessica, et de partir avec elle.

Mon avis :

Leila Meacham a connu un énorme succès avec Les Roses de Somerset, son premier roman. Publié dans vingt-cinq pays, il a été un best-seller du New York Times. Quand est venu le temps de nous offrir un second roman, elle a choisi de raconter comment les familles découvertes dans Les roses de Somerset étaient arrivés au Texas. Ainsi est né La Plantation, une fresque familiale époustouflante, passionnante qui emporte dès les premières pages.

On y découvre Silas, le cadet d’une famille de Caroline du Sud qui rève d’une plantation de coton dont il a déjà imaginé les moindres détails. Déshérité par son père qui a choisi de léguer le domaine familial à son frère aîné, il n’imagine pas rester et veut absolument offrir une vie meilleure à sa fiancée, la belle Lettie. On y découvre aussi Jessica Wyndham, une jeune fille de bonne famille qui défend férocement la cause des esclaves, jetant la honte sur sa famille. Pour sauver l’honneur de sa famille, son père décide de la faire partir. Il manigance la déchéance de Silas qui se retrouve contraint d’épouser Jessica pour pouvoir accomplir son rêve. C’est ainsi qu’avec son meilleur ami Jérémy Warwick, Silas Toliver et sa nouvelle épouse partent avec d’autres familles vers le Texas.

Ce voyage sera le début d’une aventure bouleversante et forte en émotions tant pour les personnages tous aussi attachants les uns que les autres que pour le lecteur qui suivra leurs vies jusqu’en 1900 et vivra avec eux l’amour, la haine, les tragédies, le bonheur, la guerre, les espoirs et bien des bouleversements marquants de cette époque. De l’arrivée sur la terre promise, on suivra avec eux la naissance de la petite ville qu’ils fondent Howbutker, son développement et sa résistance face aux évènements. C’est très prenant, l’écriture fluide et les chapitres courts donnent un rythme soutenu à cette lecture, on n’a absolument pas envie de quitter Silas et Jessica, on veut voir comment leurs relations vont évoluer, ce qu’ils vont faire de leur vie. Il n’y a aucune longueur et l’auteure arrive parfaitement à garder l’attention du lecteur. C’est un vrai plaisir.

Le contexte historique est très bien travaillé, l’auteur a dépeint avec beaucoup de réalisme la vie de l’époque. On est vraiment plongé au coeur de la ségrégation, à cette époque où les noirs n’avaient aucun droit et étaient considérés comme des objets appartenant à leurs maîtres. Les relations entre les maîtres et leurs esclaves est habilement décrite par l’auteur qui nous montre bien les différents comportements ; entre les esclavagistes féroces, les maîtres respectueux des traditions mais plus modérés et les fervents défenseurs des droits des esclaves, l’auteur dresse le portrait assez concret de la société de cette époque. On y découvre aussi le fonctionnement du Chemin de fer clandestin et les conséquences pour ceux qui y participent. Au fil des pages et des années qui s’écoulent, on vit aussi la montée en puissance du conflit Nord Sud jusqu’à ce qu’arrive inéluctablement la guerre et ses tristes conséquences. L’auteure arrive à maintenir un très juste équilibre entre Histoire et histoire et c’est très agréable de pouvoir être plongé dans une histoire captivante, intéressante et instructive.

J’ai adoré cette lecture qui a su combler toutes mes attentes de lectrice : une histoire forte, pleine d’émotions, au dynamisme constant et dont il est impossible de sortir avant la fin. J’ai maintenant hâte de pouvoir lire Les roses de Somerset.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les corps conjugaux de Sophie De Baere

paru le 22.01.2020 aux éditions JC Lattès

Quatrième de couverture :

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?

Mon avis :

Oh my god ce roman !!!! Les corps conjugaux de Sophie de Baere est un double coup de coeur ♥️♥️♥️♥️♥️.

Tout d’abord pour l’histoire d’Alizia dite Alice, une histoire éprouvante, émouvante, captivante, dure qui remue et qu’on dévore avec frénésie.

La vie d’Alice n’a pas commencé sous les jours les plus roses. Entre un frère handicapé, une soeur effacée, elle est le rayon de soleil de sa mère qui la traîne de casting en casting pour montrer au monde la beauté de sa fille et en lui assénant qu’elle ne peut compter que sur sa beauté.

Toute son adolescence et jusqu’à ce qu’elle quitte son village, Alice se « contente de cultiver ce mythe misérable, cette gloire kleenex de la fille facile. D’une beauté écervelée qui va au plus offrant ou au plus populaire. Pourvu que ça lui serve. Pourvu qu’elle séduise, qu’elle maîtrise et qu’elle ait l’illusion de régner quelques instants »

Elle part à Paris et alors « L’Italienne de la rue du lavoir, la Miss locale, la fille des catalogues d’Euromarché, la débauchée : ici, elles n’existent pas« . En Normandie, Alice pensait ne pas mériter de voir son existence réduite à sa beauté mais à Paris, sur les Champs-Élysées, elle « n’existe pour personne. La starlette locale a cédé la place à une vulgaire employée pendulaire »

Quand elle rencontre Jean, sa vie bascule dans le bonheur.

« Peaux de glaise et bouches de rosée, nous sommes comme deux eaux qui dansent. Tout doucement, nos rives se rejoignent et le courant pousse nos lèvres l’une contre l’autre. Durant quelques instants, nos poitrines collées entremêlent nos côtes en une seule et même onde. Étendue et profonde »

« Jean lave mes tourments et il devient celui que j’attendais. Le père, le frère, l’ami, l’amant, l’époux. L’homme qui veillera toujours sur moi. Il ne sera jamais la lueur hésitante, je sais déjà qu’il sera mon avenir. Partout. Tout le temps. Dans les endroits hostiles comme en bordure des noirs silences »

« Jean m’édifie une bâtisse éternelle. Un destin de femme aimée jusqu’à son dernier soupir »

Et la cerise sur le gâteau, « la venue au monde de Charlotte. Soudain l’amour total. Sa récolte. Le dénouement prodigue de deux années intenses et le commencement de toute une vie à trois »

Elle est heureuse, Alice, elle aime sa vie, son compagnon, sa fille et tout ce bonheur sera consacré par le mariage. Elle « ne sait pas encore que, quelques jours après son mariage, elle quittera sa belle vie »

Et là, la première claque, l’évènement qui pousse Alice, du jour au lendemain, à quitter son mari et sa petite fille et si le lecteur sait pourquoi elle a fait ça, Jean, le mari et Charlotte, la petite fille, sont dans l’ignorance la plus totale des motivations qui ont conduit Alice à les abandonner. C’est une véritable torture de voir les conséquences ce terrible choix, tant pour Alice que pour ceux qu’elle a laissés derrière elle. Des claques émotionnelles on en prend, on tourne les pages, encore et encore avec l’espoir d’une fin heureuse, nos sentiments sont mis à rude épreuve et les émotions sont très fortes.

Ce roman c’est aussi un énorme coup de coeur pour la plume de l’auteure, une écriture sublime, poétique, chaque phrase, chaque description est un moment magique, la beauté des mots et la façon dont l’auteure les assemble est un pur moment de bonheur livresque.

❤️❤️❤️❤️❤️.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa

paru le 12.02.2020 aux éditions Le livre de poche

Quatrième de couverture :

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Mon avis :

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa est un énorme COUP DE COEUR.

Avec ce roman, l’auteur a su combler toutes mes attentes de lectrice pour faire de cette lecture un merveilleux moment.

Avec un style fluide, l’auteur nous offre une très belle histoire, emprunte d’une petite pointe de mystère portée par le personnage de Joanne, cette jeune femme plutôt terne et peu causante qui a répondu à l’annonce d’Émile. Alors qu’on connait les raisons qui poussent Émile à partir, on ignore tout de ce qui a poussé Joanne à vouloir elle aussi tout quitter et partir à l’aventure dans un camping car avec un inconnu pour son dernier voyage.

Ces deux là n’ont a priori rien en commun et on a du mal, après les premières pages à voir comment ils vont pouvoir cohabiter pendant 830 pages…et puis finalement chacun apporte quelque chose à l’autre, ils se dévoilent et il est alors impossible de les quitter jusqu’à la fin que j’ai adorée parce que c’est celle que j’espérais de tout mon coeur.

Ce roman est aussi fort éprouvant en ce qu’il nous plonge au coeur de ce que vivent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leurs proches et le courage qu’il faut avoir pour appréhender cette maladie et ses conséquences.

Ce roman est une pépite, un hymne à la vie qu’on s’est choisie où le maître mot est de vivre pleinement chaque instant et d’apprécier chaque petit bonheur que vous offre la vie.

J’ai adoré suivre Joanne et Émile dans leur voyage et je ne peux que vous conseiller de prendre la route avec eux, vous ferez un un très beau voyage livresque.

❤️❤️❤️❤️❤️