HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Abigaël – Magda Szabo

Abigaël de Magda Szabo paru le 4 septembre 2019+ au Livre de poche – 512 pages

Résumé :

Gina ira en pension. Son père adoré l’a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! »
Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.
Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l’évasion… qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l’adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l’antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l’ange gardien se manifeste !
Une série d’aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.

Mon avis :

Magda Szabó, (1917 – 2007), est une écrivaine, poétesse, dramaturge, essayiste, docteure en philologie, traductrice et auteure d’ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse hongroise. Elle est l’auteur de plusieurs romans dont Abigaël a été ma première découverte, et certainement pas la dernière tant j’ai aimé cette histoire.

On se situe en Hongrie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, période chère à mon cœur de lectrice. Georgina « Gina » Vitay est une jeune fille de 13 ans à cette époque, elle vit avec son père, Général dans l’armée hongroise, dont elle est très proche depuis qu’elle a perdu sa maman. Quand il décide de l’envoyer loin de Budapest , à Matula, une institution religieuse plus proche de la prison que d’une école, sans aucune explication, Gina est dévastée. Elle ne comprend pas pourquoi son père l’a envoyée dans cet endroit, régi par des règles très strictes, où les pensionnaires se livrent à des activités bizarres et où une mystérieuse statue, Abigaël, est censée aider les pensionnaires qui lui en font la demande.

J’ai tout aimé dans ce roman.

L’intrigue est bien menée.

Tout d’abord, le mystère qui plane sur les raisons qui ont conduit le père à se séparer de sa fille adorée, même s’il est levé assez rapidement, est bien installé. On suit les pensées de Gina qui s’imagine ces fameuses raisons et qui se sent trahie et abandonnée au point de vouloir s’échapper. Puis vient le moment où le père est obligé de révéler à sa fille la vérité sur sa présence à Matula.

« Des vies dépendent de ce que je vais te dire. Je n’ai pas voulu te mettre au courant, non que je n’aie confiance en toi, mais je ne voulais pas t’effrayer ni t’imposer des soucis que je te croyais trop jeune pour porter. Mais si je te laisse ici sans explications, en t’ordonnant simplement de rester sans que tu saches pourquoi, tu te sauveras peut-être de nouveau, ou tu te mettras à douter de moi et de l’affection qui nous lie. Alors je vais te parler, mais cela aura son prix. A partir de cet instant, tu ne seras plus une enfant, Gina, tu deviendras une adulte et plus jamais tu ne pourras vivre comme les autres enfants. Je remets ma vie entre tes mains, avec la tienne et celle d’autres personnes. Sur quoi jures-tu de ne pas nous trahir ? »

Et quand on sait, l’histoire prend une autre tournure. On comprend que ce qui se joue à Matula est une question de vie ou de mort, que la situation est grave et on se demande comment Gina va pouvoir rester dans cette institution alors qu’elle y a déjà compromis ses chances en se mettant à dos ses camarades.

La construction du récit est linéaire, tout se déroule au rythme de la vie monacale des pensionnaires, le tout pimenté par les frasques de Gina, peu habituée à obéir et à intégrer les règles. Il y est question d’intégration aussi, Gina débarquant au milieu des pensionnaires avec un esprit rebelle, non encore modelé par les règles de l’institution. On sent bien toutes les difficultés que cela va occasionner et la question de savoir si elle va pouvoir se rattraper après ses premières « erreurs » nous taraude.

L’énigme autour du « personnage » d’Abigaël donne un petit côté mystique à cette histoire. Puisqu’on est dans une institution religieuse, on se pose des questions. Humain ou esprit, qui est vraiment Abigaël, cette statue qui aide les pensionnaires ?

Ca se lit tout seul, c’est très plaisant à lire, le style est fluide et agréable lire.

Bref, cette première découverte de l’œuvre de Magda Szabo fut une belle réussite qui m’a donné envie de lire ses autres romans (que je me suis empressée de me procurer)

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé paru en 2004 aux éditions Actes Sud

Résumé

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent “l’argent de New York”, leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela – dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements – confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.
Roman solaire, profondément humaniste, le nouveau livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l’existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d’apporter, au gré de son propre destin, la fierté d’être un Scorta, et la révélation du bonheur.

Mon avis :

Le soleil des Scorta est le troisième roman de Laurent Gaudé pour lequel il a reçu le prix Goncourt en 2004. Il est traduit dans trente quatre pays.

Le soleil des Scorta met à l’honneur tant un pays, l’Italie, qu’une famille, les Scorta. De 1870 à nos jours, l’auteur retrace le parcours de cette famille pour qui tout n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices mais qui fera preuve d’énormément de courage et de volonté.
Tout se déroule à Montepuccio, un petit village au Sud de l’Italie où Rocco, le premier des Scorta commença sa vie bien difficilement. Né d’un viol il réussira à retourner la situation à son avantage en bâtissant sa fortune par le crime et les vols mais décidera à sa mort de tout léguer à l’église afin que sa famille connaisse le prix de la sueur. On va ensuite suivre la vie de ses 3 enfants, Carmela, Giuseppe, Domenico, laissés dans la misère et qui devront se battre pour s’en sortir. Il y aura aussi Raffaele, un de leurs plus proches amis qui deviendra un Scorta par choix.

C’est une histoire de famille. « Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce qu’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien d’autre à faire que d’essayer ». La famille est vraiment le pilier de cette histoire. On suit tous les personnages très attachants qui devront affronter la vie. Chacun aura sa croix à porter. Ils sont très attachés à leur village. « Nous l’aimons trop, cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil…sa chaleur, nous l’avons en nous ». On vit avec eux les joies, les peines, les bons moments, les drames jusqu’à la fin de leur vie.

Glissés parmi le déroulement de cette vie, des chapitres écrits en italique où de la bouche de Carmela qui se confesse au Curé de la paroisse, sortent des morceaux de son histoire qui donnent un éclairage nouveau à certains passages.

Porté par une plume envoûtante, douce et poétique, très immersive, Laurent Gaudé nous emmène au pays des olives, sous un soleil de plomb dans une famille simple, touchante, aux fortes valeurs de travail et de persévérance car « quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beaux moments de ta vie ». Il en profite également pour évoquer certains thèmes de l’histoire, la guerre, l’immigration en provenance de l’Albanie.

J’ai adoré passer, en quelques heures de lecture, toutes ces années aux côtés des Scorta, tous aussi attachants les uns que les autres. C’est un véritable coup de cœur tant pour la plume de l’auteur que pour l’histoire en elle-même. Une magnifique fresque familiale qui m’a emportée dès les premières lignes et tout comme les Scorta, je n’ai pas pu quitter le village de Montepuccio avant le point final.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les corps conjugaux de Sophie De Baere

paru le 22.01.2020 aux éditions JC Lattès

Quatrième de couverture :

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?

Mon avis :

Oh my god ce roman !!!! Les corps conjugaux de Sophie de Baere est un double coup de coeur ♥️♥️♥️♥️♥️.

Tout d’abord pour l’histoire d’Alizia dite Alice, une histoire éprouvante, émouvante, captivante, dure qui remue et qu’on dévore avec frénésie.

La vie d’Alice n’a pas commencé sous les jours les plus roses. Entre un frère handicapé, une soeur effacée, elle est le rayon de soleil de sa mère qui la traîne de casting en casting pour montrer au monde la beauté de sa fille et en lui assénant qu’elle ne peut compter que sur sa beauté.

Toute son adolescence et jusqu’à ce qu’elle quitte son village, Alice se « contente de cultiver ce mythe misérable, cette gloire kleenex de la fille facile. D’une beauté écervelée qui va au plus offrant ou au plus populaire. Pourvu que ça lui serve. Pourvu qu’elle séduise, qu’elle maîtrise et qu’elle ait l’illusion de régner quelques instants »

Elle part à Paris et alors « L’Italienne de la rue du lavoir, la Miss locale, la fille des catalogues d’Euromarché, la débauchée : ici, elles n’existent pas« . En Normandie, Alice pensait ne pas mériter de voir son existence réduite à sa beauté mais à Paris, sur les Champs-Élysées, elle « n’existe pour personne. La starlette locale a cédé la place à une vulgaire employée pendulaire »

Quand elle rencontre Jean, sa vie bascule dans le bonheur.

« Peaux de glaise et bouches de rosée, nous sommes comme deux eaux qui dansent. Tout doucement, nos rives se rejoignent et le courant pousse nos lèvres l’une contre l’autre. Durant quelques instants, nos poitrines collées entremêlent nos côtes en une seule et même onde. Étendue et profonde »

« Jean lave mes tourments et il devient celui que j’attendais. Le père, le frère, l’ami, l’amant, l’époux. L’homme qui veillera toujours sur moi. Il ne sera jamais la lueur hésitante, je sais déjà qu’il sera mon avenir. Partout. Tout le temps. Dans les endroits hostiles comme en bordure des noirs silences »

« Jean m’édifie une bâtisse éternelle. Un destin de femme aimée jusqu’à son dernier soupir »

Et la cerise sur le gâteau, « la venue au monde de Charlotte. Soudain l’amour total. Sa récolte. Le dénouement prodigue de deux années intenses et le commencement de toute une vie à trois »

Elle est heureuse, Alice, elle aime sa vie, son compagnon, sa fille et tout ce bonheur sera consacré par le mariage. Elle « ne sait pas encore que, quelques jours après son mariage, elle quittera sa belle vie »

Et là, la première claque, l’évènement qui pousse Alice, du jour au lendemain, à quitter son mari et sa petite fille et si le lecteur sait pourquoi elle a fait ça, Jean, le mari et Charlotte, la petite fille, sont dans l’ignorance la plus totale des motivations qui ont conduit Alice à les abandonner. C’est une véritable torture de voir les conséquences ce terrible choix, tant pour Alice que pour ceux qu’elle a laissés derrière elle. Des claques émotionnelles on en prend, on tourne les pages, encore et encore avec l’espoir d’une fin heureuse, nos sentiments sont mis à rude épreuve et les émotions sont très fortes.

Ce roman c’est aussi un énorme coup de coeur pour la plume de l’auteure, une écriture sublime, poétique, chaque phrase, chaque description est un moment magique, la beauté des mots et la façon dont l’auteure les assemble est un pur moment de bonheur livresque.

❤️❤️❤️❤️❤️.

COUP DE COEUR·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa

paru le 12.02.2020 aux éditions Le livre de poche

Quatrième de couverture :

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Mon avis :

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa est un énorme COUP DE COEUR.

Avec ce roman, l’auteur a su combler toutes mes attentes de lectrice pour faire de cette lecture un merveilleux moment.

Avec un style fluide, l’auteur nous offre une très belle histoire, emprunte d’une petite pointe de mystère portée par le personnage de Joanne, cette jeune femme plutôt terne et peu causante qui a répondu à l’annonce d’Émile. Alors qu’on connait les raisons qui poussent Émile à partir, on ignore tout de ce qui a poussé Joanne à vouloir elle aussi tout quitter et partir à l’aventure dans un camping car avec un inconnu pour son dernier voyage.

Ces deux là n’ont a priori rien en commun et on a du mal, après les premières pages à voir comment ils vont pouvoir cohabiter pendant 830 pages…et puis finalement chacun apporte quelque chose à l’autre, ils se dévoilent et il est alors impossible de les quitter jusqu’à la fin que j’ai adorée parce que c’est celle que j’espérais de tout mon coeur.

Ce roman est aussi fort éprouvant en ce qu’il nous plonge au coeur de ce que vivent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leurs proches et le courage qu’il faut avoir pour appréhender cette maladie et ses conséquences.

Ce roman est une pépite, un hymne à la vie qu’on s’est choisie où le maître mot est de vivre pleinement chaque instant et d’apprécier chaque petit bonheur que vous offre la vie.

J’ai adoré suivre Joanne et Émile dans leur voyage et je ne peux que vous conseiller de prendre la route avec eux, vous ferez un un très beau voyage livresque.

❤️❤️❤️❤️❤️

HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE

Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer

paru le 2.01.2019 aux éditions Le livre de poche

Quatrième de couverture :

À Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.

Au même moment, parmi les colonnes des survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille. Elle aurait pu le sauver. Elle s’appelle Magda Goebbels.

Mon avis :

Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer est une lecture intéressante sur Magdalena Goebbels.

Un peu gênée au départ par les changements de personnages auxquels je n’arrivais pas à m’attacher, j’ai finalement réussi à apprécier ce que je lisais. Les lettres de de père à sa fille y sont pour beaucoup.

C’est un roman fort qui ne laisse pas indifférent mais la lecture de la postface est venu perturber mon ressenti et je me retrouve à ne plus savoir quoi penser de cette histoire

LITTERATURE CONTEMPORAINE

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy

livre 1 paru le 9.11.2017, livre 2 paru le 15.03.2018, livre 3 paru le 3.05.2018 aux &dtions Belfond

Quatrième de couverture :

« Toutes les familles sont des sociétés secrètes. » En lisant ces mots, Alice reste frappée par leur justesse. Les secrets, les non-dits, elle connaît. Chez les Burns, on en a fait une spécialité. La dernière en date ? Cette révélation que son trader de frère, Adam, vient de lui faire depuis le parloir de sa prison… Et qui la ramène une quinzaine d’années en arrière. C’était l’Amérique des années 70, celle des droits civiques et des campus en ébullition.
Un vent de liberté attisait les désirs et Alice rêvait d’évasion. C’était l’heure des choix. Les premières notes d’une symphonie à venir…

Mon avis :

J’ai adoré cette trilogie. Douglas Kennedy n’a pas son pareil pour raconter de très belles histoires de rapports humains, sa plume est toujours aussi fluide et addictive, un vrai bonheur.

Forrest Gump a dit « la vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber« . Pour Alice Burns, certains chocolats avaient un goût amer, sa vie qu’elle nous raconte n’a pas été de tout repos. Mais que d’émotions et de rebondissements!!

Dans le tome 1, on suit Alice pendant sa vie d’étudiante à une époque assez tourmentée. Elle est une jeune femme intelligente, douce mais au fort caractère. C’est un plaisir de la voir s’épanouir et affronter les obstacles qui se présentaient, s’élever contre les injustices et faire preuve de beaucoup de courage.

Dans le tome 2, la suite des aventures d’Alice se joue en Irlande. Elle est ponctuée de nouvelles rencontres, de rebondissements inattendus tout en nous plongeant au coeur de la société irlandaise dans le contexte difficile des attentats, des risques encourus à chaque sortie.

Enfin, le troisième et dernier tome est tout aussi passionnant que les précédents, on se rapproche de ce qu’on apprend au début et c’est très plaisant de tourner les pages pour voir comment on va y arriver. Et la conclusion de cette trilogie est très poétique et tellement vraie : « on ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera toujours contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. C’est le prix à payer pour ce cadeau extraordinaire, ce cadeau fou qui nous est fait : l’absence de certitudes… Sinon celle, absolue, que notre présence dans cet espace grand ouvert touchera un jour à sa fin.
Mais pour ceux d’entre nous qui sont toujours là, sur le chemin, que dire de ce qui les attend ? Quels mots suffiraient à résumer ce qui s’étend devant nous ?…à suivre…
« 

Chaque tome apporte quelque chose à l’histoire, on suit bien l’évolution d’Alice pendant toutes ces années qui n’ont pas été un long fleuve tranquille pour elle, mais plutôt une rivière sauvage alternant soit des flots tranquilles et plaisibles et soit des remous violents qui emportent tout sur leur passage.

J’ai aimé la construction de l’intrigue avec un point de départ qui n’en est pas vraiment un et qu’on va retrouver à un moment qui nous est encore inconnu.

J’ai adoré et si vous ne l’avez pas lue, foncez! Vraiment vous passerez un très bon moment

LITTERATURE CONTEMPORAINE

La domination de Karine Tuil

paru le 27.08.2008 aux éditions Grasset – 238 pages

Quatrième de couverture :

« Longtemps j’ai pensé que le jour où je parviendrais à publier un livre sur mon père, je cesserais définitivement d’écrire. » Ecrire sur son père : tel est le contrat signé par la narratrice avec un grand éditeur. Mais comment aborder ce personnage aux masques toujours différents, aux zones d’ombre opaques ? Comment présenter cet homme-caméléon, Juif d’origine, mais qui s’engagea auprès de la cause palestinienne, époux et père en apparence convenable mais qui entretint sous le toit familial une relation adultère, chirurgien renommé mais qui, contre toute attente, mit fin à ses jours ? Pour venir à bout de cet ouvrage impossible, la narratrice va se glisser dans la peau d’un personnage fictif, Adam, fils imaginaire qu’elle a toujours rêvé d’être et auquel elle va progressivement s’identifier. A travers ce regard masculin se dessine alors le portrait tendre et amer d’un père à la personnalité multiple : charismatique au point d’en être dominateur, doté d’un caractère imprévisible, séducteur invétéré, comme en témoigne sa liaison avec une jeune Russe, l’énigmatique Elena… Parallèlement au tableau qu’elle dresse de cet homme en quête de paternité, la narratrice se laisse entraîner dans une relation passionnée avec son éditeur : entre répulsion et domination, cette liaison va permettre de révéler les secrets d’une vie baignant dans le mensonge et l’illusion, dans laquelle s’enchevêtrent engagement politique, refus de la judéité, corruption, trahison, tabous sexuels. Vrai et faux, chimère et réalité, passé et présent s’entremêlent ainsi en un ballet trouble savamment orchestré par l’auteur, qui, au même titre que ses personnages, exerce une véritable domination sur son lecteur.

Mon avis :

La domination de Karine Tuil est un court roman de 240 pages qui se lit vite. S’il n’a pas su m’embarquer avec son histoire, me laissant complètement extérieure et distante face à ce que je lisais, la plume de l’auteure, elle, m’a complètement envoûtée.

Autant les passages sur la vie du père sont intéressants, autant les passages concernant la relation entre la narratrice et son éditeur sont gênants, malsains et m’ont mise mal à l’aise. Du coup avec l’alternance de ces passages dans le roman, chaque arrivée de ces passages que je n’aimais pas me coupait dans ma lecture et j’avais beaucoup de mal à reprendre le fil ensuite.

Par contre l’écriture de l’auteure est un réel bonheur. Elle est plaisante, fluide tout en étant travaillée et poétique.

Cette lecture a donc été en demi-teinte ❤️❤️❤️

LITTERATURE CONTEMPORAINE

Mémé dans les orties d’Aurélie Valognes

paru le 9.03.2016 aux éditions Le livre de poche

Quatrième de couverture :

Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie… jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !

Mon avis :

Mémé dans les orties d’Aurélie Valognes est une lecture à la fois drôle et émouvante qui procure un très bon moment de lecture. Le personnage de Ferdinand est très attachant même s’il se donne une apparence de vieux grincheux acariâtre. Les situations dans lesquelles il se retrouve sont très cocasses et très plaisantes à lire. La petite Juliette est aussi très attachante. Très dégourdie et avec l’innocence des enfants elle ne se laisse pas intimider par l’image que Ferdinand s’évertue à donner. On ne s’ennuie pas du tout, on se délecte des péripéties qui arrivent et c’est très drôle.

Mais derrière ce côté comédie se cache aussi une belle réflexion sur la vie solitaire, les faux airs qu’on se donne.

Ce roman est la preuve que jusqu’à la fin de sa vie on peut connaître de belles émotions, faire de belles rencontres qui bouleverseront votre quotidien et vous ferons voir la vie sous un autre jour.

En forçant la carapace des vieux ronchons on pourrait tous être la Juliette de quelqu’un.

J’ai beaucoup aimé cette lecture ❤️❤️❤️❤️

LITTERATURE CONTEMPORAINE

La fabrique des illusions de Jonathan Dee

paru le 23.08.2012 chez Plon – 446 pages

Quatrième de couverture :

« Molly Howe ne s’attache à personne. Elle traverse l’existence telle une ombre, fuyante et insaisissable, son propre pouvoir de fascination lui échappe. Trop à l’étroit dans un monde étriqué, elle s’enfuit à Berkeley où elle rencontre John Wheelwright, étudiant en histoire de l’art, prêt à tout pour elle. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse. A dix années de là, New York. John est devenu un jeune homme brillant, sa carrière dans la publicité démarre en flèche, il vient d’être repéré par le gourou visionnaire Mal Osbourne et s’apprête à le suivre dans un défi exaltant et révolutionnaire : tuer la publicité et sauver la création. Absorbé tout entier par l’aventure, il a presque oublié cette béance dans son passé, jusqu’à ce que Molly rejaillisse de l’ombre. Chassé-croisé narratif de génie, La Fabrique des illusions entremêle les trajectoires de ses créatures et dresse le portrait d’une gigantesque machine à rêves : l’Amérique des années 1980-1990. »

Mon avis :

Le résumé était prometteur d’une histoire prenante et palpitante mais la lecture de ce roman s’est révélée lassante et poussive, à tel point que j’ai stoppé ma lecture à la 110ème des 446 pages de ce pavé.

Tout avait pourtant bien commencé. Ce roman s’ouvre sur la vie de Molly que l’on suit dès son plus jeune âge, petite fille timide et renfermée que sa mère conduit à un casting photo. Puis sans autre forme de procès, on passe à la vie de John, jeune publicitaire dont on découvre la vie professionnelle dans une agence de publicité où il ne semble pas très heureux. Et les chapitres se succèdent ainsi passant d’un personnage à l’autre, avec un déséquilibre, de mon point de vue, entre les deux car autant Molly m’est apparue sensible et attachante autant j’ai ressenti John comme fade et quelconque.

Alors à la lecture du résumé on sait que ces deux-là se sont rencontrés et on attend avec impatience de plonger dans le vif du sujet. Mais rien de vient et au bout de 100 pages, après une lecture déjà rendue difficile par les longueurs et la densité du style, mon intérêt pour cette histoire s’est envolé et l’envie de continuer a cédé la place à l’envie de plonger dans une autre histoire.

Je ne dis pas que ce roman est mauvais (j’ai bien aimé le personnage de Molly) mais il n’a pas su maintenir mon intérêt et mon envie de tourner les pages.

Bref, un roman à lire quand aucun autre ne vous attend derrière.

LITTERATURE CONTEMPORAINE

En voiture, Simone ! – Aurélie Valognes

en voiture simone

En voiture, Simone ! – Aurélie Valognes – éditions Le livre de poche – 29 mars 2017 – 256 pages – 7.10 €

Résumé :

Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter… et savourez !

Mon avis :

On ne choisit pas sa famille ni sa belle-famille mais on doit faire avec !!! Dans En voiture, Simone ! Aurélie Valognes nous offre une très sympathique comédie familiale, drôle, sarcastique, où chaque rencontre de Jacques et Martine avec leurs fils et surtout leurs belle-filles est un moment particulièrement tendu pour tous les protagonistes mais tellement drôle pour le lecteur.

L’auteure décortique les relations familiales, les attentes de chacun à travers le couple Jacques/Martine. A l’entrée de la retraite, Jacques a du mal à lâcher prise et à quitter son travail quand Martine attend de cette nouvelle vie qui commence des voyages et des attentions renouvelées de son époux… Autant vous dire que la crise est proche.

Chaque réunion de famille où il faut concilier tous les caractères et les désidérata des belles-filles est une source de stress pour Jacques et Martine et de franche rigolade pour le lecteur. Il faut dire qu’entre une mère poule angoissée, une végétarienne vindicative et une nouvelle venue bien au fait du caractère du paternel et qui est décidée à ne pas se laisser faire, il y a de quoi rire.

Tout tient dans les personnages qui sont extrêmement bien travaillés dans leurs caractères. Certes cela peut paraître un peu caricatural, je ne me suis retrouvée dans aucune des 3 belles-filles mais j’ai beaucoup aimé suivre leurs réunions de famille, les échanges avec les beaux-parents de même que la relation desdits beaux-parents. Le personnage de Jacques est à mon sens le pilier de ce roman, celui auquel on s’attache le plus, c’est par lui que tout se passe. Des piques acerbes à ses belles-filles aux incompréhensions avec son épouse tout est fait pour nous le rendre sympathique.  Car derrière la carapace despotique et égocentrique se cache un père aimant qui ne veut que le bonheur des autres.

Les 3 fils sont assez transparents, on ne les voit que peu et ils semblent soumis au bon vouloir de leurs épouses cherchant à concilier toutes les parties.

Mais au delà de ça, l’auteure sait aussi faire évoluer ses personnages et montrer qu’en y mettant (un peu) du sien, on peut avoir des relations familiales apaisées et cordiales. La vie de famille n’est pas un long fleuve tranquille mais même les torrents bouillonnants finissent par se calmer au bout d’un moment.

Bref, cette lecture fût un très bon moment de lecture pour une première découverte de l’auteure.