POLARS/THRILLERS

Le cas Van Noorden – Raphaël Passerin

Le cas Van Noorden de Raphaël Passerin paru aux éditions du Val le 31 mai 2021 – 213 pages

Le cas Van Noorden est un roman policier atypique et original très plaisant à lire.

Tout commence avec la découverte, dans un appartement, de quatre corps d’hommes en décomposition disposés à la manière des quatre points cardinaux d’une boussole et dont l’une des victimes semble être le propriétaire de l’appartement, un certain Audric Herbert. Et puis on repart en arrière, le soir où Audric Herbert a organisé un dîner dans son appartement, un dîner de retrouvailles entre amis qui ne se sont pas vus depuis 7 ans. Mais les choses ne vont pas du tout se dérouler comme prévu. Audric, Tony, Victor attendent que Carl, revenu spécialement à Paris pour un colloque après 7 ans d’absence, sorte enfin du bureau pour dîner. Quand Léa, la nouvelle petite amie de Victor se trompe de porte en sortant des toilettes et découvre le corps inanimé de Carl, la soirée vire au drame. Et encore plus quand Audric décide de séquestrer le livreur de sushis pour l’aider à prouver qu’il n’est pas coupable. Et ce livreur de sushis, Sadegh Hossein Yavari, lecteur de polars et étudiant en droit pénal recalé deux fois à l’examen du barreau prend sa mission au sérieux.

L’écriture est magnifique, hyper travaillée et les répliques de Sadegh sont tout simplement géniales. Je l’ai adoré pendant toute ma lecture tellement il est drôle, sarcastique, habité par la mission dont il a été investi. La construction de l’intrigue est très agréable, moitié huis-clos moitié en extérieur, on ne s’ennuie jamais, les indices, les rebondissements, les réflexions s’enchaînent et on est complètement immergés aux côtés de Sadegh.

Cette lecture a vraiment été une très bonne surprise, je ne m’attendais absolument pas à ça et j’ai énormément aimé cette façon assez originale de mener un véritable roman à suspens car même si l’auteur bouleverse les codes habituels, on est bien en présence d’une véritable intrigue policière avec toutes ses composantes et une résolution finale qui tient la route.

Une très belle découverte que la plume de l’auteur que je remercie vivement de m’avoir contactée pour me proposer la lecture de son roman en service presse. Je ne peux que vous conseiller de tenter de résoudre à votre tour Le cas Van Noorden.

POLARS/THRILLERS

Le bureau du mariage idéal – Allison Montclair

Le bureau du mariage idéal d’Allison Montclair paru le 1er octobre 2020 aux éditions 10/18 – 380 pages – traduction Anne-Marie Carrière

Le bureau du mariage idéal est le 1er tome d’une série de cosy mystery paru aux éditions 10/18 dans leur collection Grands détectives en 2020. C’est aussi le premier roman de l’autrice et cette lecture a été une très belle découverte pour moi.

L’histoire se passe juste après la seconde guerre mondiale en Angleterre et on sent bien le contexte d’après guerre. Rationnement, quartiers détruits, difficultés à retrouver une vie normale, l’autrice dépeint de façon très détaillée la vie en Angleterre à cette période. On suit Iris Sparks et Gwendolyne Bainbridge, deux femmes particulièrement attachantes, qui ont décidé de monter une agence de rencontre et de trouver des maris ou des femmes à leurs client(e)s. Mais quand une de leurs clientes est retrouvée assassinée juste après qu’elles lui aient trouvé un prétendant, l’avenir de leur entreprise est en péril, d’autant plus que le prétendant qu’elle avaient trouvé est incarcéré, considéré coupable par la police de cet horrible meurtre.

L’autrice a réussi à organiser un savant mélange d’intrigue policière et de vie personnelle des personnages qui a rendu cette lecture passionnante et émouvante. Le tout porté par une écriture fluide et bourrée d’humour. Un vrai régal.

Les 2 femmes qui mènent l’enquête sont exceptionnelles, je les ai adorées toutes les deux. Elles sont extrêmement différentes mais elles se complètent tellement bien que les suivre et voir leurs réactions et interactions a été un pur moment de bonheur livresque. Iris Sparks est une femme assez volage, très mystérieuse sur son passé, qui n’a peur de rien et qui ose tout. Gwendolyne Bainbridge est une femme plus réservée, plus douce, une femme qui a subi des choses pas très faciles à vivre et qui doit se battre pour surmonter bien des épreuves. Leur duo fonctionne très bien et donne aussi une image très moderne des femmes par rapport à la période où l’histoire se situe.

Il y a aussi des personnages secondaires très sympathiques et qui dénotent dans le paysage culturel de l’époque et que j’ai beaucoup aimé suivre.

L’intrigue en elle-même est très bien menée, on avance avec les deux enquêtrices, on fait nos propres hypothèses. Tout est très bien orchestré jusqu’au dénouement, que personnellement, je n’avais absolument pas vu venir et que j’ai d’autant plus apprécié.

C’est un cosy mystery de très haute qualité car l’autrice a particulièrement travaillé la profondeur de ses personnages, la qualité de l’intrigue et le contexte historique, tout est parfaitement maitrisé et c’est très agréable à lire, de se laisser emporter et de ne pas avoir envie de quitter nos deux enquêtrices. J’ai très hâte de pouvoir les retrouver dans une nouvelle enquête et ça tombe bien puisqu’un nouvel opus est déjà sorti au mois de juin 2021 « Un mariage royal » et sera bientôt dans la PAL.

HISTORIQUE·POLARS/THRILLERS

La jeteuse de sort – Peter Tremayne

La Jeteuse de sort – Peter Tremayne – traduction Corine Derblum
éditions 10/18 – 19/08/2021 – 396 pages

La jeteuse de sort est le 31ème tome d’une série de romans policiers historiques écrit par Peter Tremayne et paru aux éditions 10/18 qui met en scène Soeur Fidelma, une femme avocate qui mène des enquêtes dans l’Irlande du VIIème siècle. Je ne connaissais pas du tout cette série dont j’ignorais l’existence lorsque j’ai craqué sur la couverture et le résumé de ce roman qui est sorti le 19 août 2021. Quand j’ai découvert qu’il s’agissait d’une série j’ai hésité à différer ma lecture pour commencer par le 1er tome car j’aime suivre les tomes dans l’ordre pour avoir tous les aspects de l’évolution de la vie des personnages mais ne sachant pas si j’allais aimer, j’ai fait le choix de lire ce 31ème tome, d’autant plus que Babelio précise dans la fiche du livre qu’il peut être lu indépendamment des précédents. Après lecture, je peux certes confirmer que le fait de ne pas avoir lu les précédents n’empêche pas la compréhension de l’intrigue mais il est fait référence à des enquêtes précédentes avec des notes de bas de page donnant le titre du tome concerné et j’ai bien peur, même si ne les ayant pas lus je ne peux l’affirmer avec certitude, qu’il y ait quelques révélations sur les coupables des tomes en question. Et encore plus gênant, il y a quand même un contexte général « politique » avec des conflits entre différents clans et qui, me semble-t-il, auraient été plus compréhensibles si j’avais lu les tomes précédents.

Après cette longue introduction venons-en au principal intérêt de cet article : ai-je aimé cette lecture? et bien oui, j’ai énormément aimé cette lecture, malgré mes lacunes dues à l’ignorance des tomes précédents.

On est donc avec Fidelma et ses compagnons qui doit se rendre dans une abbaye où l’abbé a signalé la disparition de la princesse Gelgéis, la fiancé du frère de Fidelma, Colgù le roi de Muman et de son intendant ainsi que la mort de leur garde. Et cette mission va conduire Fidelma et ses compagnons dans une enquête beaucoup plus complexe mettant en jeu la paix du royaume.

C’est très rythmé, au gré de ses différentes conversations avec les protagonistes de ce mystère, Fidelma met en évidence de nouvelles questions et afin d’y répondre, elle doit se déplacer et rencontrer de nouvelles personnes, mettant en jeu sa propre vie. J’ai énormément aimé cette histoire qui se révèle être une véritable toile d’araignée avec différentes petites énigmes et qui se complexifie au fur et à mesure des pages qui se tournent et qui devient de plus en plus prenante et addictive au fur et à mesure de notre avancement. J’ai énormément aimé le personnage de Fidelma, une femme pugnace au fort caractère qui n’a peur de rien et qui , quoi qu’il arrive se tient toujours droite et cherche à faire éclater la vérité. J’ai aimé le petit côté Agatha Christie et Perry Mason dans la construction de l’intrigue avec la résolution de l’énigme sous forme d’un procès où tous les protagonistes sont présents et où Fidelma déroule complètement le fil de l’intrigue pour annoncer qui est le coupable. J’adore ce genre de construction. Et ici encore plus car c’est beaucoup plus abouti, plus dense et cohérent.

Le fort contexte historique est aussi un atout majeur de cette intrigue avec d’une part l’émergence de la justice puisque Fidelma est avocate et c’est hautement intéressant pour la passionnée de droit que je suis de voir comment le système judiciaire existait déjà à cette époque sous une forme plutôt avancée pour l’époque et d’autre part la présence forte des mythes et croyances celtiques .

Cette première découverte de l’univers de Peter Tremayne et de cette série a été une très belle expérience, une lecture passionnante qui m’a donné envie de la reprendre depuis le début pour apprécier chaque évolution tant du personnage de Fidelma que du contexte historique.

Il y aura donc très bientôt de nouvelles lectures des enquêtes de Fidelma (ma wish list est en PLS depuis samedi soir car se prendre comme ça d’un coup 30 titres dans la page ça fait mal 😉 )

POLARS/THRILLERS

… Et pour le pire – Noël Boudou

…Et pour le pire de Noël Boudou – éditions Taurnada – 13.05.2021 – 250 pages

Résumé :

Bénédicte et Vincent auraient pu vieillir paisiblement ensemble. Malheureusement, le destin en a décidé autrement, il y a vingt ans…
Vingt ans. Vingt ans à attendre… à attendre que les assassins de sa femme sortent de prison.
Depuis vingt ans, Vincent Dolt n’a qu’une seule idée en tête : venger sa douce Bénédicte…
Depuis vingt ans, seule la haine le maintient en vie.
Mais une vengeance n’est jamais simple, surtout à 86 ans.
Il a vécu le meilleur, il se prépare au pire…

Mon avis :

Noël Boudou est un auteur que j’ai découvert avec la lecture de son précédent roman, Benzos, paru en 2019 chez Taurnada, et que j’avais beaucoup aimé tant pour la plume de l’auteur que pour l’intrigue très bien menée . Alors quand Joël des éditions Taurnada m’a proposé de découvrir son nouveau roman, je n’ai pas hésité une seconde…et je ne regrette absolument pas (comme d’habitude avec les romans de cette maison d’édition) car …Et pour le pire a été un coup de coeur.

Dès les premières pages on s’attache au personnage de Vincent Dolt, ce vieux monsieur de 85 ans qui vit reclus, isolé dans sa maison avec son chien Bill depuis plus de vingt ans après que sa femme, Benedicte, ait été sauvagement assassinée. Les émotions qui nous étreignent à la lecture de ce qui s’est passé il y a vingt ans, la détresse de Vincent qui a perdu celle qu’il aimait, attrapent le lecteur par le coeur et il est impossible de le quitter. Il rumine sa haine, il attend depuis 20 ans que ceux qui lui ont pris ce qu’il avait de plus cher à son coeur sortent de prison pour pourvoir régler ses comptes, il est cynique, son regard sur la vieillesse est truculent, il nous fait sourire souvent par ses petites réflexions. Il m’a énormément fait penser à Clint Eastwood dans le film Gran Torino, c’est lui que j’ai vu dans ma tête pendant toute ma lecture. Bref, ce personnage est tellement attachant et les émotions tellement fortes dès le début que lâcher ce roman est complètement impossible.

Et si le résumé laisse à penser que cette histoire va être cousue de fil blanc, il ne faut absolument pas se fier aux apparences car l’auteur a parfaitement maitrisé l’art des révélations et des rebondissements qui font qu’on a l’impression d’être une boule de flipper, on se prend des taquets qui nous retournent et pimentent cette lecture et lui font prendre une tournure inattendue et surprenante mais tellement addictive. On est complètement pris dans l’histoire et on la dévore pour savoir comment tout cela va finir.

C’est violent, sombre, très émouvant et très bien construit, une très belle réussite. J’ai tout adoré dans cette lecture, tant les personnages forts, les pointes d’humour, les rebondissements qui amènent de la complexité et de la densité à cette intrigue qui se révèle passionnante du début à la fin.

Cette lecture a été un coup de coeur, il est disponible en librairie à partir d’aujourd’hui et je ne peux que vous conseiller de découvrir Vincent Dolt, vous l’aimerez à coup sûr.

Je remercie encore une fois Joël des éditions Taurnada pour sa confiance

HISTORIQUE·POLARS/THRILLERS

Les suppliciées du Rhône – Coline Gatel

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel paru le 6.02.2019 chez Préludes – 448 pages

Résumé :

Lyon,1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges.
Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Mon avis :

Les suppliciées du Rhône est un savant mélange de polar et d’historique qui donne un roman passionnant et instructif.
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Pour le côté intrigue, des jeunes femmes sont retrouvées mortes après avoir subi, toutes, d’atroces mutilations. Deux jeunes étudiants en médecine légale, Félicien et Bernard, sont chargés de mener l’enquête pour trouver le coupable. Et c’est là qu’entre en scène le côté historique de cette histoire car nous sommes en 1897 et pour la première fois ce ne sont pas des policiers qui vont enquêter mais des médecins légistes. Avec leurs techniques particulières, toutes les connaissances acquises, ils vont se baser sur la science et les constatations sur les scènes de crime pour essayer de résoudre cet énigme. Entre prises d’empreintes, techniques pour savoir si un cheveu est celui d’une femme ou d’un homme, autopsies et détermination de l’heure du décès, nous sommes au tout début de la naissance de la criminologie, et c’est passionnant.
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Il y a aussi, Irina, une journaliste qui se joint à eux. Indépendante, n’ayant pas froid aux yeux, elle incarne le côté féminin de cette histoire et illustre la façon dont les femmes étaient considérées à cette époque où porter un pantalon pour une femme exigeait d’être titulaire d’un certificat de travestissement !!!
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L’autrice a su entremêler tous les aspects pour nous offrir un polar historique haletant, avec des indices, des pistes, des rebondissements et des questions qui tout en baladant le lecteur, donnent l’impression de participer activement à l’enquête. J’ai beaucoup aimé me forger des impressions…fausses bien sûr…et me faire surprendre par le final de cette histoire.
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Il n’y a rien à redire, ce roman policier est vraiment très bon, porté également par une très belle plume, et j’ai passé un excellent moment de lecture.
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Coline Gatel entre dans ma liste d’autrices à suivre et j’ai hâte de lire son prochain polar qu’elle m’a annoncé être prévu pour le mois de mai 2021 .

POLARS/THRILLERS

Fantazmë – Niko Tackian

Fantazmë de Niko Tackian paru chez Calmann-Levy le 3.01.2018 – 300 pages – disponible chez Le livre de poche depuis le 2.01.2019

Résumé :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Mon avis :

J’avais découvert il y a quelques temps Niko Tackian avec son roman Toxique, le premier roman où apparaît le commandant Tomar Khan et cette lecture n’avait pas été transcendante, j’avais trouvé la résolution de l’intrigue trop rapide et la découverte du coupable plus basée sur un coup de chance qu’une véritable investigation. Je n’avais plu relu cet auteur depuis. Mais à force de vois passer des avis positifs sur ses romans postérieurs, j’ai eu envie de retenter l’aventure. j’ai donc emprunté Fantazmë à la bibliothèque. Il s’agit du second tome de la série avec le commandant Tomar Khan et il est préférable de les lire dans l’ordre car le fil rouge de la situation personnelle du policier est très présent, voire prépondérant par rapport à l’intrigue policière. Cette seconde tentative est plus réussie que la première même si je reste un peu sur la réserve à cause du déséquilibre entre vie personnelle du personnage principal et intrigue policière.

Fantazmë est un polar rythmé qui se lit vite grâce à des chapitres ultra courts et qui plonge le lecteur dans les bas-fonds de la mafia albanaise à Paris. Un cadavre affreusement mutilé dans une cave mène Tomar Khan et son équipe sur la piste de Fantazmë, le « spectre » en albanais, un mystérieux tueur dont les victimes sont plus proches des démons que des anges. Trafic de femmes, prostitution, guerre des gangs et crise des migrants, ce second tome est beaucoup plus sombre que le précédent, également parce que la situation personnelle de Tomar est loin d’aller en s’arrangeant. Hallucinations et emmerdements rythment son quotidien avec l’apparition d’un inspecteur de l’IGPN chargé d’enquêter sur ce qui s’est passé dans « Toxique » le précédent tome.
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J’ai préféré ce roman au précédent, l’intrigue étant plus aboutie et prenante que dans Toxique. Le personnage de Tomar est plus attachant, surtout avec l’apparition de sa mère. Le personnage de Rhonda est aussi mis plus en avant, elle n’est pas simplement là pour incarner la femme flic, elle participe activement à l’intrigue et c’est appréciable.
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Le seul petit bémol que je soulèverai c’est que l’équilibre entre l’intrigue policière et celle propre à Tomar et son histoire n’est pas forcément là ; la première m’a semblé accessoire, laissant la seconde prédominer et j’ai eu plus l’impression de lire un tome 2 de la saga Tomar Khan que l’histoire de Fantazmë.
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Je lirai les tomes suivants parce que j’aime beaucoup la personnalité de ce flic particulier et de sa coéquipière et que j’ai envie de savoir ce qui va leur arriver surtout après la façon dont celui-ci se termine mais avec l’attente tout de même d’une intrigue policière principale de qualité.

POLARS/THRILLERS·THRILLER

A pas de loup – Isabelle Villain

A pas de loup d’Isabelle Villain paru aux éditions Taurnada le 14.01.2021 – 190 pages

Résumé :

Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.
Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.
Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

Mon avis :

J’avais déjà lu et beaucoup aimé Mauvais genre et Blessures invisibles, les précédents romans d’Isabelle Villain qui étaient des polars. Avec A pas de loup l’autrice s’initie au genre thriller et c’est une belle réussite pour une première tentative.

A pas de loup est un thriller, un roman noir prenant et glaçant.
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La Barbarie est un eco-hameau en plein cœur des Alpes de Haute Provence où sont venus s’installer des familles motivées par l’envie de vivre en communion avec la terre, la nature, en harmonie avec les saisons, loin du tumulte et de la vie stressante des grandes cités urbaines. Parmi eux Rosalie et sonars, Philippe, sont arrivés quand leur fille Martin avait 6 mois. Sauf qu’aujourd’hui Philippe n’est plus là et on sent bien qu’il n’est plus le bienvenu dans cette communauté. Alors quand Martin, 6 ans, disparaît en pleine nuit, c’est le début des ennuis, le premier maillon d’une chaîne d’événements qui vont mettre à mal le rêve qui se jouait jusqu’alors à la Barberie.
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En alternant passé et présent, l’autrice nous présente tous les acteurs de cette histoire, elle nous présente chacun des membres de cette communauté et les raisons, diverses, propres à chacun, qui les ont conduit à tout abandonner pour venir vivre à la Barberie.
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L’autrice joue avec nous, elle décortique ce mode de vie, les règles mises en place pour organiser cette micro-société, elle place les pièces de son puzzle et peu à peu le voile se fissure et on se rend compte que tout n’est pas aussi idyllique qu’on voudrait bien nous le faire croire à la Barberie.
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C’est fluide dans l’écriture, ça se lit tout seul et les pages se tournent très vite pour savoir comment ça va finir. J’ai énormément aimé cette lecture que j’ai trouvée originale dans les thèmes abordés, dans les relations des personnages et même si certains aspects de l’intrigue m’ont semblé un peu trop faciles et auraient mérité, selon moi, un plus de développement pour augmenter la tension, c’est une intrigue bien construite, prenante et glaçante jusqu’à la toute dernière page que l’autrice nous propose.
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Ce thriller sort aujourd’hui et je ne peux que vous conseiller de vous le procurer, vous passerez un excellent moment de lecture.

Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance

POLARS/THRILLERS·PREMIER ROMAN

La mystérieuse affaire de styles – Agatha Christie

La mystérieuse affaire de styles d’Agatha Christie parue aux éditions Le masque en 1991 – traduction Thierry Arson – 223 pages

Résumé :

Lorsque la richissime Emily Inglethorp est retrouvée empoisonnée dans son manoir de Styles, les soupçons se portent rapidement sur son très jeune mari, Alfred Inglethorp. Mais le verdict paraît trop évident au colonel Hastings, qui décide de faire appel à son vieux compagnon Hercule Poirot. Ce dernier met alors tout en œuvre pour découvrir à qui pourrait profiter le crime. Car il y a aussi les beaux-enfants de Mme Inglethorp, et Cynthia, la protégée de la défunte : tous auraient pu se procurer la strychnine qui a servi à la tuer…
Les maigres indices ne faciliteront pas la tâche d’Hercule Poirot et mettront à l’épreuve sa perspicacité légendaire…

Mon avis :

En 2021 j’ai décidé de lire les romans d’Agatha Christie où apparaît Hercule Poirot dans l’ordre. J’ai donc commencé avec La mystérieuse affaire de styles, qui est le premier roman d’Agatha Christie et aussi le premier roman où apparaît Hercule Poirot, son personnage fétiche et celui de la majorité de ses lecteurs.

Mrs Inglethorp meurt chez elle au petit matin dans des circonstances troublantes sans que les autres résidents de la maison réveillés en sursaut ne puissent rien y faire. Qui pouvait lui en vouloir au point de la tuer? Ses 2 fils issus de son premier mariage, son nouveau mari, ses domestiques ? Il faut dire que cette vieille dame n’était pas très aimée car bien que très généreuse « elle rappelait toujours aux gens ce qu’elle avait fait pour eux« .
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c’est donc la première fois qu’on voir apparaître Hercule Poirot, sollicité par son ami Hastings également ami avec un des fils de Mrs Inglethorp, pour résoudre cette mystérieuse affaire.
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Hercule Poirot mène l’enquête, il discute, interroge, fouine mais sans jamais nous donner aucun indice. Parce que ce n’est pas lui qui raconte, on n’est pas dans sa tête, toute l’histoire nous est racontée par Hastings. On reste éloignés du raisonnement d’hercule Poirot, seules ses petites conversations avec Hastings ou avec d’autres pourraient nous donner des pistes si l’on pouvait voir où il veut en venir. Mais ce n’est jamais le cas.
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C’est très rythmé sans temps mort, il y a des rebondissements des arrestations et des fausses pistes. Et si l’annonce du coupable m’a fait tiquer, l’explication détaillée, marque de fabrique du fameux détective, m’a finalement convaincue.
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Mais il y a quand même un petit bémol : il ne me semble pas que nous, lecteurs, puissions trouver le coupable autrement que par un coup de chance en misant sur le bon suspect. On ne se dit pas « ah mais bien sûr!! » quand à la fin on sait, l’explication finale ne nous ouvre pas les yeux en raccordant tous les indices qu’on avait sous le nez, on y apprend aussi des choses qu’Hercule Poirot a découvertes en « coulisses » et qui l’ont mis sur la piste du coupable. C’est frustrant.
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Cela reste tout de même une bonne lecture détente, un bon moment livresque.

Rendez-vous en février pour ma lecture du second roman de la série Hercule Poirot : Le crime du golf

FANTASTIQUE / SCIENCE FICTION·JEUNESSE·POLARS/THRILLERS

Les dossiers du Voile – Adrien Tomas

Les dossiers du Voile d’Adrien Tomas paru chez Fleurus le 8.01.2021 – 425 pages

Résumé

Lieutenant de police au sein de la Brigade de régulation des espèces méta-humaines de Paris, Tia Morcese a beaucoup de mal à faire respecter l’ordre et la sécurité… et surtout à éviter que druides, nécromanciens, loups-garous et autres espèces méta-humaines révèlent leur existence au reste du monde. À côté de son impressionnante grande sœur, Mona pourrait presque passer pour une ado normale. Pourtant, l’apprentie sorcière est loin d’avoir les yeux dans sa poche ! Et quand elle tombe sur des informations-clés qui pourraient faire avancer les affaires en cours de Tia, ele n’hésite pas une seconde à suivre ses propres pistes. Mais le monde du Voile n’est pas sans danger…

Mon avis :

Les dossiers du Voile est une formidable aventure qui mêle habilement le genre policier et le genre fantastique. En effet, l’histoire se passe dans le « Monde fantasmagorique du Voile« , un monde où « l’ensemble des communautés de mages, sorcières, vampires, fées, trolls et autres loups-garous coexistent plus ou moins pacifiquement avec le reste de l’humanité, à l’insu de cette dernière« . L’univers est fort bien présenté, on est à Paris, il y a le métro, les différents arrondissements, la forêt de Fontainebleau mais on sait que derrière les apparences de vie normale, se cache un monde où la paix est précaire et ou les différents clans de personnages fantastiques qui cohabitent ne se vouent pas un amour éternel. Et pour préserver ce Voile, il existe une Brigade spéciale, la Brigade de régulation des espèces méta-humaines de Paris, une brigade dont les compétences relèvent de quasi tous les Départements de la police « normale ». C’est très bien fait.

Tia Morcese, 28 ans, sorcière sans pouvoirs, fait partie de cette brigade. Elle totalise à elle seule autant d’affaires résolues que le reste des policiers du commissariat. Ses talents de tireuse d’élite, son sens inné de l’observation et son audace compensent amplement sa subtilité parfois discutable et son remarquable manque de décorum. Elle est chargée de s’assurer qu’aucun déchirement du Voile ne se produise, qu’en aucun cas les humains ne puissent découvrir qu’ils vivent entourés de personnages « magiques ». Alors quand des meurtres dans deux clans rivaux se produisent, elle sent bien que cette enquête ne va pas être de tout repos, d’autant plus qu’elle se retrouve chargée de sa propre famille pendant l’absence de sa mère. Et les membres de sa famille ne sont pas les plus sages des membres de la communauté du Voile. Mona, sa petite sœur, apprentie sorcière, jeune adolescente de 16 ans a beaucoup de mal avec l’obéissance et avec son amie Héloïse, louve-garou, à l’aube de sa première transformation et son ami, Samir, Djinn (génie) taille basse (vous voyez le jeu de mot ?), ils vont se retrouver dans de beaux draps.

C’est très bien écrit, bourré d’humour et l’intrigue est très bien menée avec une très intéressante réflexion sur cette société quelque peu particulière. C’est très bien fait, les personnages sont très bien campés, avec de forts caractères, des défauts et attachants chacun à leur manière. C’est un vrai plaisir de les suivre. Tout est crédible, l’auteur a su créer un juste équilibre entre ce qui relève de l’univers fantastique et le placer de façon très intelligente dans notre monde moderne actuel. L’intrigue qui se joue est très bien construite, les chapitres, les réflexions, les rebondissements s’enchainent, c’est addictif et on ne peut lâcher l’affaire avant de savoir ce qui se passe.

C’est un roman destiné aux jeunes mais honnêtement les adultes y trouveront leur compte aussi. Moi, du haut de mes 42 piges, je me suis régalée avec cette histoire, j’ai savouré les vannes, les piques, les échanges entre les différents personnages, j’ai souri à bien des moments tellement l’humour et le sarcasme sont présents dans cette histoire, placés judicieusement, utilisés à bon escient et qui apportent un petit quelque chose en plus. Et l’intrigue policière qui se joue n’est pas en reste.

Bref, j’ai énormément aimé ce roman. Il sort en librairie demain 8 janvier 2021 et je ne peux que vous encourager à plonger dans les dossiers du Voile, vous ne serez pas déçus.

Et le plus dur maintenant va être d’attendre la suite des aventures de Tia.

Je remercie vivement les éditions Fleurus pour leur confiance et l’envoi de ce très bon roman

POLARS/THRILLERS

UN(e)SECTE – Maxime Chattam

UN(e)SECTE de Maxime Chattam paru chez Albin Michel le 30.10.2019 – 454 pages

Résumé :

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s’organiser ?
Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.

Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d’une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s’entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.

Mon avis :

Après avoir bien aimé Le signal, j’ai eu envie de récidiver avec cet auteur. Alors quand j’ai vu Un(e)secte à la bibliothèque, j’ai saisi l’occasion. Je l’aimé plus que le précédent même si ce n’est pas (encore) le grand kiffe.
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A Los Angeles, Atticus Gore, policier, doit faire face à un cadavre dépouillé du moindre gramme de chaire en un temps défiant toutes les lois de la décomposition. Quelles bestioles ont pu agir ainsi ?
A New York, Kat Kordell, détective privée, enquête sur la disparition d’une jeune femme dans la chambre de laquelle gisait le cadavre d’un chat aux entrailles mouvantes et avec de mystérieux symboles pyrogravés sur la colonne vertébrale.
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Ca commence très fort et très vite on est embarqués dans ces deux enquêtes que l’on suit en parallèle et qui démangent, grattent et piquent notre curiosité.
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Ça se lit bien et quand on commence à se dire que ouais bon c’est bien gentil mais on voudrait un peu de bestioles et de flipette quand même, l’auteur nous entend et nous offre quelques scènes bien gores et je dois bien avouer que j’ai surveillé les crevettes du réveillon avec attention au moment de les dépiauter (je sais, ce ne sont pas des insectes mais quand même, on ne sait jamais !!!).
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Sur le fond de l’intrigue, c’est assez bien fait même s’il me semble avoir déjà vu et/ou lu sur cette question, mais globalement, l’auteur a su raccorder tous les wagons de son histoire et quand on referme ce roman, on se dit que c’était une chouette histoire, pas forcément aussi flippante qu’on l’aurait espérer mais qui remplit sa mission de nous faire passer un bon moment de lecture.