THRILLER

Torrents – Christian Carayon

Torrents de Christian Carayon paru chez Pocket le 8.10.2020 – 384 pages

Résumé :

1984. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille.
Bouleversé par ces évènements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier.
Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence.

Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout cet auteur et c’est en flânant dans une librairie (quand c’était encore possible) que je suis tombée sur Torrents dont le résumé m’a laissé imaginer une histoire prenante. Il n’en a pas fallu plus pour faire attérir ce roman dans ma PAL.

C’est complètement mitigée que je suis sortie de ma lecture. Il m’a hantée toute une journée entière et au final j’étais incapable de donner un avis tranché au moment où j’ai publié mon avis, à chaud, sur instagram. Le temps faisant son œuvre, presque dix jours plus tard je sais comment me positionner sur cette lecture.

Ce roman comporte deux histoires qui s’imbriquent l’une dans l’autre sauf que l’une m’a passionnée quand la résolution de l’autre m’a semblée un peu trop facile.
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J’ai aimé la plume de l’auteur, la mise en place de l’intrigue, l’histoire qui coule tranquillement, les personnages attachants pour certains, plus troubles pour d’autres, la construction aux narrateurs multiples. La quête de François sur le passé de son père avec qui il entretient des relations plutôt distantes m’a énormément plu. Ce qu’on découvre, en même temps que lui, sur ce père assez froid et distant donne un autre éclairage sur cet homme et il faudra attendre les toutes dernières pages pour le connaître vraiment.

Et c’est la fin qui ne m’a pas plu. Alors pas la vraie fin des dernières pages, celle qui s’annonce quelques pages auparavant. Et même si je comprends le parti pris de l’auteur et le sens qu’il a voulu donner à son roman, il y a quand même quelques détails qui m’ont agacée et qui ont terni la la belle lecture que ce roman a été dans les 300 premières pages.

Ce fût donc une lecture en demi-teinte pour moi.

THRILLER

Avec tes yeux – Sire Cedric

Avec tes yeux de Sire Cedric paru chez Pocket le 9.03.2017 – 640 pages

Résumé :

Depuis quelque temps, Thomas n’arrive plus à dormir. D’épouvantables rêves le réveillent en sursaut et l’empêchent de se rendormir. Et si ce n’était que ça ! Après une séance d’hypnose destinée à régler ses problèmes d’insomnie, il devient la proie d’étranges visions. Par les yeux d’un autre, il se voit torturant une jeune femme… Persuadé qu’un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Sire Cedric alors que je n’entend que des avis positifs sur ses romans. J’ai donc décidé de me lancer et c’est Avec tes yeux que j’ai choisi pour commencer ma découverte de cet auteur quand je suis tombée dessus dans une bouquinerie. Et si cette lecture ne fût pas un coup de coeur, elle fût quand même une belle expérience livresque.

Avec tes yeux est un thriller avec une pointe de surnaturel, un page turner qui vous attrape par les yeux dès les premières pages et qui se dévore d’une traite.

L’intrigue est extrêmement bien construite, haletante, enchaînant à bon rythme les péripéties, rebondissements et indices qui doivent permettre à Thomas et Nathalie d’obtenir les réponses qu’ils cherchent. On est pris dedans complètement et on ne peut pas le quitter des yeux avant la fin.

Les personnages sont bien travaillés, surtout Nathalie qui m’a beaucoup touchée. Son combat quotidien pour s’affirmer, combattre ses démons, affronter le regard des autres et prouver qu’elle a sa place dans son milieu professionnel m’ont beaucoup plu. Thomas n’est pas en reste non plus même si finalement on ne sait pas grand chose de lui, les cauchemars qu’il subit sont tellement horribles qu’on ne peut que compatir à sa souffrance.

C’était ma première découverte de la plume de l’auteur, j’ai bien aimé, je l’ai terminé en très peu de temps mais il me laisse quand même une petite pointe de perplexité sur la fin. J’ai aimé cette fin mais pas la manière dont elle a été amenée. Trop abrupte, rapide et manquant un peu de crédibilité.

Mais mise à part cette petite poussière gênante dans l’œil en fin de roman, j’ai beaucoup aimé cette lecture dynamique et prenante. Je relirai cet auteur c’est sûr.

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PS : d’ailleurs si vous qui passez par là en avez à me recommander, je suis preneuse de vos suggestions 😉

THRILLER

Enfermé.e – Jacques Saussey

Enfermé.e de Jacqies Saussey paru chez French pulp le 11.10.2018 – 383 pages

Résumé :

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur.
Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait… Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface. Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

Mon avis :

Jacques Saussey est un auteur que je n’avais jamais lu. Quand son roman Enfermé.e est sorti, certains de ses lecteurs ont publié des avis plutôt négatifs. Il semblait que ce roman ne soit pas à l’image de tous ceux qu’il avait publiés avant. C’est donc par celui-ci que j’ai décidé de commencer pour découvrir cet auteur. Et ce fût pour moi une très belle découverte.

Enfermé.e c’est l’histoire de Virginie, « mi-homme mi-femme, plus tout à fait l’un et pas encore complètement l’autre, coincé(e) entre deux univers qui sont normalement bien distincts et bien identifiables« , une histoire violente émotionnellement mais tellement émouvante.
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Aujourd’hui infirmière dans un centre pour personnes âgées après avoir passé de longues années en prison, Virginie a eu une vie des plus difficiles. De son enfance à maintenant, en alternant les deux époques, l’auteur nous déroule le fil de sa vie et mon dieu quelle émotion!!! Tout ce qu’elle a dû subir est vraiment terrible. Certaines scènes sont parfois à la limite du supportable.
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J’ai énormément aimé cette lecture, violente, sombre, sur un sujet difficile. J’ai aimé découvrir la personnalité de Virginie, son évolution de son enfance à aujourd’hui, j’ai souffert avec elle. Le sujet de la transidentité est original et l’auteur en parle très bien. On arrive parfaitement à ressentir la douleur de ces personnes dont le corps physique ne ressemble pas à ce qu’elle sont profondément.

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. »

J’ai aussi aimé la réflexion sous jacente sur le sort des personnes âgées qui finissent leur vie dans des établissements spécialisés, parfois abandonnées par leur famille et dont les seules interactions sociales sont celles qui se font avec le personnel. La relation qui se noue entre Virginie et Marie en est une illustration parfaite.

Et si au final l’intrigue cachée derrière cette histoire se révèle un peu trop tardivement à mon goût, elle pimente la fin de cette lecture qui m’a emportée, qui m’a touchée et dont je retiendrai plus le côté psychologique et émotionnel que l’intrigue.
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Bref, j’ai aimé cette lecture et je récidiverai avec cet auteur.

COUP DE COEUR·THRILLER

Les refuges – Jérôme Loubry

Les refuges de Jérôme Loubry paru chez Calmann-lévy en 2019 et chez Le livre de poche en septembre 2020 – 432 pages

Résumé :

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette terre grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi-autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange. En quelques heures, la jeune femme se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Et pourtant, aucun d’entre eux ne quitte jamais l’île. Pourquoi ?

Et qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?..

Mon avis :

Les refuges est le troisième roman de l’auteur et c’est le troisième roman que je lis. A sa sortie en grand format, j’ai vu passer beaucoup de publications sur ce fameux Jérôme Loubry et tout le monde ou presque avait un avis dithyrambique sur Les refuges. Comme j’aime bien commencer, en général, par les premiers romans, je m’étais précipitée pour acheter ses deux premiers romans en format poche. Et si j’ai bien aimé Les chiens de Détroit et Le douzième chapitre, ils ne m’ont pas transcendée plus que ça. J’étais donc frileuse à tout investissement dans son troisième roman que je choisissais de prendre en numérique d’une part, et d’attendre avant de le lire d’autre part pour oublier mes sentiments quelques peu mitigés sur ces deux premières lectures.

C’est en ce mois d’octobre 2020 que j’ai décidé de me lancer et … comment vous dire … je me suis pris une claque livresque monumentaleLes refuges est indéniablement mon plus gros coup de cœur de l’année 2020 et même de toute ma vie de lectrice. Oui oui !!!

Je me suis laissée complètement embarquer dans cette histoire qui commence sur une alternance passé/présent, mon schéma de lecture préféré, je me suis attachée à Sandrine (tiens elle s’appelle comme moi…et je peux vous dire que ça fait bizarre de lire son prénom dans un roman) et j’ai adoré la suivre sur cette île mystérieuse où sa grand mère était décédée.

« Errer sur un rocher avec pour simple compagnie la présence de volatiles ressemblait plus à un cauchemar hitchcockien qu’à une visite de recueillement familial »

Conquise par la première partie sur cette enquête sur cette île avec ce mystère qui entoure la disparition tragique d’enfants après la seconde guerre mondiale, je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait suivre et c’est là que cette lecture a basculé dans l’addiction la plus totale. L’auteur bouscule le lechttps://souvenirsdelecture.fr/2020/10/31/les-refuges-jerome-loubry/teur. Tout ce qu’on vient de lire et aimer est remis en cause, on découvre une toute autre histoire, une toute autre intrigue, toute aussi prenante et passionnante. On bascule d’une lecture déjà fort captivante dans une lecture machiavéliquement torturante, diaboliquement redoutable pour nos neurones, mais tellement géniale à lire.

Avec Les refuges, Jérôme Loubry a conquis mon cœur de lectrice par une intrigue originale, surprenante, fascinante qui nous attrape et ne nous laisse pas lâcher cette histoire jusqu’à la dernière page. Bref j’ai tellement adoré, un vrai moment du pur bonheur livresque, une histoire et les sensations qui y sont associées qui resteront très très longtemps dans mes souvenirs de lecture.

oui vous ne rêvez pas, j’ai tellement kiffé que je l’ai acheté en format poche pour l’avoir tout le temps dans ma bibliothèque

Autant vous dire que son nouveau roman De soleil et de sang qui vient de sortir (septembre 2020) chez Calmann-Levy est déjà dans ma PAL. Et oui cet auteur a réussi à me faire déroger au principe d’avoir les romans d’un même auteur dans la même collection (autant que faire ce peut), il m’était complètement impossible d’attendre sa sortie en format poche, trop long à attendre.

THRILLER

La peine du bourreau – Estelle Tharreau

La peine du bourreau d’Estelle Tharreau paru le 1er octobre 2020 chez Taurnada – roman noir – 250 pages

Résumé :

McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451. Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale. Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls. Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions. Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy. Quatre heures pour jouer le sort d’un homme. Un thriller psychologique aussi troublant que fascinant : une immersion sans concession dans le couloir de la mort et ses procédures d’exécution.

Mon avis :

Pour ce nouveau partenariat avec la maison d’éditions Taurnada, c’est Estelle Tharreau que j’ai pu découvrir avec son 5ème roman paru dans cette maison d’éditions, La peine du bourreau, un roman très noir dont la lecture a été une très belle découverte.

On y vit avec Ed0451, criminel condamné à mort, les dernières heures de sa vie dans le couloir de la mort puisque dans quatre heures, à moins d’un miracle, il sera exécuté pour ses crimes. Son seul espoir de voire commuer sa peine capitale en emprisonnement à perpétuité, c’est que le gouverneur de l’Etat, Russell Thompson, lui accorde une grâce. Seulement, cet homme politique, avant de prendre sa décision, veut s’entretenir avec Mc Coy, un exécuteur de peine (bourreau).

Ce roman est un huis clos de 4 heures de discussion entre le gouverneur et le bourreau pour essayer de comprendre et déterminer si Ed0451 doit mourir ou vivre pour le restant de sa vie en prison. L’enjeu est très important, on le sent bien, tant pour le condamné que pour le Gouverneur entre les mains de qui repose le destin d’un homme.

La peine capitale est un sujet fort et dans ce roman, au fil des histoires racontées par le bourreau, c’est tout le système judiciaire américain qui est décortiqué. L’évolution de la société américaine au fil des ans, le racisme, les décisions des juges de prononcer la peine capitale, les révisions de procès qui parfois innocentent un condamné à mort…mais trop tard. Le sujet est toujours en balance, pour ou contre, chacun à son avis sur la question.

On y voit aussi la vie de ces hommes qui ont « choisi » de devenir exécuteur de peine (bourreau), qui doivent vivre avec l’idée d’avoir tué des hommes après les avoir côtoyés pendant de longues années avant que la peine ne soit mise en œuvre. J’ai beaucoup pensé à La ligne verte pendant cette lecture tant ce que racontait le bourreau de sa vie aux côtés des condamnés à mort me rappelait les images de ce magnifique film (oui je n’ai vu que le film). Les relations humaines entre exécuteur et exécutés sont bien décrites et montrent toute la difficulté de ce métier. « Tant qu’il y aura des hommes pour garder d’autres hommes, rien ne pourra empêcher la vie de se frayer un chemin. Même dans le couloir de la mort. Un chemin étroit et ne débouchant sur rien, hormis un peu d’empathie qui torture l’esprit de certains geôliers ». Le titre du roman est à cet égard extrêmement bien choisi car le bourreau est exécuteur de peine mais il n’est pas dénué de sentiments et ce métier peut aussi provoquer sa peine.

Le rythme est dynamique, haletant, rapide, les chapitres s’enchainent comme les heures qui défilent et qui décomptent, au fil des pages, le temps qui passe et le compte à rebours avant l’heure fatidique. Avec en plus des passages où les journalistes couvrent l’évènement, on est bien conscients de ce qui se passe, le fort sentiment de réalisme nous étreint et on tourne les pages dans l’attente de voir si à la fin le gouverneur prendra la bonne décision, en tout cas celle qu’on espère selon nos convictions. Qu’on soit pour ou contre la peine capitale, cette lecture fait réfléchir tant elle est documentée et sans parti pris nous dresse un portrait glaçant de cette fameuse punition suprême.

La particularité de ce roman tient aussi au personnage d’Ed0451 ce condamné à mort pour cinq crimes horribles qui ont secoué l’opinion publique. Ed0451 n’a pas toujours été un vilain monsieur, un petit voyou qui depuis son plus jeune âge agissait mal. Bien au contraire, il était un homme bien, marié, aimant sa femme et c’est extrêmement intéressant de voir comment la vie, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, toutes ces choses qui ont jalonné sa vie d’homme ont pu le pousser à franchir la ligne, à passer du côté obscur et à basculer dans le crime.

J’ai tout aimé dans ce roman du début à la fin tant pour l’histoire prenante que pour la réflexion fine et pertinente qu’il nous offre. L’auteure a parfaitement su me faire rentrer dans l’histoire et j’ai beaucoup aimé l’analyse en profondeur qu’elle nous donne sur ses personnages.

La peine du bourreau est donc un très bon roman noir, dur, oppressant et addictif dont je vous recommande fortement la lecture.

Je remercie vivement les éditions Taurnada pour leur confiance

THRILLER

Partner – John Grisham

Partner de John Grisham publié chez JC Lattes en 2016 et à la suite de L’insoumis chez Le Livre de poche en 2017

Résumé :

Dans cette nouvelle qui précède L’Insoumis, John Grisham raconte l’histoire de Partner, le complice et garde du corps de Sebastian Rudd.
Sebastian Rudd est l’avocat insoumis. Il accepte les clients que personne ne veut défendre. Pour mener à bien ce travail dangereux, Sebastian Rudd fait appel aux services de Partner, qui est à la fois son garde du corps, son assistant juridique et son seul ami. Pourquoi Partner lui est-il si fidèle alors que Sebastian traîne la pire des réputations ? Comment se sont-ils rencontrés ? Et quelle est la véritable histoire de cet homme peu loquace qui manie aussi bien les armes que la loi ?

Mon avis :

Partner est une nouvelle de 60 pages, prequel de L’insoumis. Initialement disponible uniquement en ebook, elle a été intégrée à la suite de L’insoumis dans la version publiée par Le Livre de poche.

Dans cette nouvelle qui peut très bien être lue indépendamment, avant ou après L’insoumis, John Grisham raconte comment Partner est devenu le complice et garde du corps de Sebastian Rudd, cet avocat peu conventionnel qui accepte les clients que personne ne veut défendre.

Il y est question d’une sombre histoire dans laquelle un jeune noir est accusé de meurtre sur un policier à l’occasion d’une arrestation dans un quartier bien connu pour son trafic de drogue.

Comme à son habitude, John Grisham décortique le fonctionnement de la justice et ce nouveau procès contre un tueur de flic présumé est l’occasion de mettre une fois encore en avant le fonctionnement de la justice américaine et de dénoncer ses coups bas.

Ca se lit très vite puisque cette courte histoire ne fait que 60 pages. J’ai bien aimé cette histoire qui m’a appris de nouvelles choses comme la possibilité de témoigner sous couvert d’anonymat mais  je regrette toutefois que cela eut été aussi court. Certains aspects ne sont qu’évoqués ou survolés et un peu plus d’approfondissement aurait pu être intéressant notamment sur la protection des témoins.

Bref, c’est une sympathique histoire qui se lit vite, qui n’est pas dénué d’intérêt mais qui aurait mérité, selon moi, plus de développements.

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L’insoumis – John Grisham

L’insoumis de John Grisham publié le 29.03.2017 aux éditions Le livre de poche

Résumé :

Son numéro est sur liste rouge. Il porte une arme. Son bureau est un van blindé. Il a un chauffeur qui est aussi son garde du corps, son assistant juridique et son unique ami. Il accepte les clients dont personne ne veut : un junkie accusé d’avoir tué deux petites filles, un chef mafieux dans le couloir de la mort, un homme qui a levé le feu sur les forces de police alors qu’elles se trompaient de cible…
S’il vous arrive de gros ennuis, c’est Sebastian Rudd qu’il faut choisir comme avocat.
Avec L’Insoumis, John Grisham montre une face plus grave et plus poignante de son talent. Son personnage haut en couleur, outrancier, mais définitivement humain, lui permet de livrer un vif combat contre les travers de la justice américaine.

Mon avis :

John Grisham est le spécialiste des thrillers judiciaires et L’insoumis ne déroge pas à la règle même s’il est quelque peu atypique.

Justice: Pour la première fois, un tribunal américain veut juger ...

Sebastian Rudd n’est pas un avocat classique. Il n’a pas de joli bureau en acajou et cuir partout, il n’appartient pas à un grand cabinet, ni prestigieux, ni rien. Il est mal vu au Barreau. Il est un solitaire, un franc-tireur, un insoumis qui combat le système et déteste l’injustice. Au gré des affaires qu’il nous raconte, on découvre sa personnalité et son talent pour tenter de sauver ses clients des situations désagréables dans laquelle ils se retrouvent embarqués. Victimes ou prévenus, tous ont intérêt à être défendus par cet avocat retors, teigneux et talentueux.

Construit au départ comme un recueil de nouvelles constituées par les affaires qui se présentent à Sebastian, le fil conducteur, montrant tout à tour les arcanes du système judiciaire américain, du procès à la prison, dénonçant les vices des composantes de ce système, procureurs aux dents longues ou policiers à la gâchette facile, ce roman évolue vers une intrigue plus complexe, mettant en scène plusieurs protagonistes, gentils ou voyous, flics ou procureurs, victimes ou prévenus avec toujours en son centre, Sebastian Rudd qui devra faire preuve de tout son talent pour sortir de cette situation difficile tant pour lui que pour ses proches.

Le Juge, un film de David Dobkin : Critique | LeMagduCine
Film Le Juge de David Dobkin – 2014

Le panel des personnages est très représentatif de toutes les populations et notre avocat n’a aucun scrupule, gentils ou voyous, il défend tout le monde…ou presque.

Un petit bémol avec la fin un peu abrupte qui laisse certaines questions en suspens mais finalement on se dit que la vie de Sebastian Rudd a commencé bien avant ce roman et continuera aussi après, comme si l’auteur nous avait juste montré un court épisode de la vie d’un avocat.

Ca faisait très longtemps que je n’avais pas lu cet auteur et ce fût un vrai plaisir de retrouver son univers si instructif et passionnant sur le système judiciaire américain. Ca se lit bien et comme toujours on en apprécie la lecture.

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Criminal Loft – Armelle Carbonel

Résumé

Huit condamnés à mort ont été sélectionnés pour un show de télé-réalité. Chaque semaine, en direct, vous avez le pouvoir de les éliminer.

Un lieu : le sanatorium de Waverly Hills, aux États-Unis.
Entre ses murs doit se dérouler le show de télé-réalité le plus extrême de l’histoire.
Huit criminels y sont enfermés. Surveillés nuit et jour, ils sont prêts à tout, surtout au pire, pour convaincre des millions de téléspectateurs qu’ils méritent de vivre. Leur sort est entre vos mains…

Mon avis :

Criminal Loft est le jeu de télé réalité le plus machiavéliquement passionnant auquel je vous recommande vivement d’assister ❤️❤️❤️❤️❤️.


L’auteur nous met derrière les yeux de John Natas, dit John T, un tueur sadique, un des 8 candidats sélectionnés parmi les plus redoutables criminels patientant dans le couloir de la mort pour participer à Criminal loft, un jeu de télé réalité qui se passe dans un ancien hôpital psychiatrique abandonné. C’est avec lui et de son seul point de vue qu’on vit son « aventure ».

Il n’est pas gentil, bien au contraire, on sent bien son côté psychopathe, d’autant plus qu’on découvre ses crimes, mais bizarrement il m’a plu, je me suis attaché à lui. Au fil des jours qui passent et des « missions » que la Voix confie aux participants, la tension monte crescendo, on est complètement happé dans l’histoire, on se pose pleins de questions, on émet pleins d’hypothèses, on croit savoir et finalement on se prend le final en pleine face qu’on n’avait pas vu venir et c’est un kiffe total.

Bref, j’ai adoré ma première découverte de la plume de l’auteure et c’est avec grand plaisir que je récidiverai

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Inexorable – Claire Favan

inexorable

Inexorable – Claire Favan – Editions La bête noire – Robert Laffont – 11 octobre 2018 – 384 pages – 20 €

Résumé :

« Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.« 

Mon avis :

Je n’avais jamais lu de roman écrit par Claire Favan et quand l’envie de la découvrir s’est fait ressentir, j’ai choisi de commencer par ce roman qui a été beaucoup critiqué par les fans de l’auteure. Habitués à ses autres romans, ils ont quelque peu décrié celui-ci comme trop différent. Il n’en a pas fallu plus pour me convaincre de commencer par celui-là car sans a priori sur l’auteur je pourrai l’apprécier sans comparer avec ses précédents. Et le résultat a été à la hauteur de mes attentes.

Inexorable est un roman machiavéliquement addictif, une histoire émouvante et forte, une intrigue extrêmement bien menée sans aucun temps mort, un lecteur en constante tension émotionnelle, bref un énorme coup de coeur pour ce roman que j’ai lu en 1 jour et demi tellement je n’ai pas réussi à quitter Alexandra et Milo avant de connaître le fin mot de leur histoire.

On suit Alexandra et Milo dans leur vie rendue difficile depuis que le père s’est fait arrêter par la police de manière assez violente surtout pour le petit Milo qui n’avait que 4 ans quand cela s’est produit et qui vouait une admiration sans bornes à son père. Ce traumatisme va bouleverser leur vie à tout jamais. La violence devient le mode principal d’expression du petit Milo et toutes les conséquences sur la vie de famille sont décortiquées par l’auteure de façon très réaliste et concrète. Alexandra est une maman dans laquelle toute lectrice peut se retrouver et suivre avec elle son combat pour s’en sortir et aider son fils est une bouffée d’émotions fortes, parfois difficiles à supporter.

L’histoire qui pourrait passer pour une simple histoire de famille et de maman qui doit affronter la vie et les problèmes dus à un adolescent prend une tournure forte et prenante dans la deuxième moitié du roman, on bascule dans le thriller et là, c’en est fini de notre liberté de lecteur. L’auteure nous a tellement attaché aux personnages que la lecture devient impossible à lâcher. On plonge dans le pire de ce que peut avoir à encaisser une maman et on vit, ressent, supporte, avec Alexandra toutes ses émotions, ses questionnements. C’est extrêmement prenant.

Pour cette première découverte de l’auteure, je n’ai absolument pas été déçue, j’ai adoré cette lecture, les émotions fortes qu’elle m’a procurées, la tension qui s’est installée progressivement, je me suis imaginée à la place d’Alexandra et c’est tout ce que j’aime dans une lecture, quand je m’y crois tellement que j’ai l’impression de vivre la vie des personnages par procuration. C’est un vrai bon moment de lecture.

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Les démoniaques – Mattias Köping

les demoniaques

Les démoniaques – Mattias Köping – édition La mécanique générale – 19 avril 2018 – 372 pages – 9.90 €

Résumé :

Ils reprennent en choeur :
 » Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope !  »
Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.
Elle s’appelle Kimy.
Ce soir, on fête ses quinze ans.

Mon avis :

En février j’avais découvert Mattias Köping avec la lecture de son second roman Le Manufacturier que j’avais adoré dès les premières pages et qui avait été un énorme coup de coeur. Lire son premier roman Les démoniaques était donc une évidence. Et cette seconde lecture fût aussi excellente que la précédente, faisant de Mattias Köping mon auteur préféré en lieu et place de Carlos Ruiz Zafon qui occupait cette place depuis ma lecture de L’ombre du vent. Exit l’auteur espagnol, cocorico un auteur français est en tête de liste de mes auteurs chouchous.

Avec Les démoniaques, l’auteur nous offre un thriller magistralement orchestré, qui met des claques en pleine figure jusqu’au bout du bout. Même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans (trop d’attentes par rapport au Manufacturier), une fois que Kimy a su toucher mon coeur cette lecture est devenue addictive et passionnante. L’intrigue est démoniaque, extrêmement bien construite et sur un rythme endiablé l’auteur nous mène par le bout du nez jusqu’à un final époustouflant. J’ai adoré.

Kimy est une jeune fille sombre, malmenée par la vie dès son plus jeune âge et par une personne dont le rôle était de la protéger et non pas de la violer et de la mettre au milieu d’un immense trafic de drogue, de prostitution et de violence. Car ce monstre de violence et d’horreur n’est autre que son propre père. Mais la jeune fille a de la ressource et elle est loin d’être une de ses filles soumises qui subissent leur sort sans se défendre.

« Elle se demandait s’il ne fallait tout simplement pas fuir sans demander son reste.Mais l’idée que son père s’en tire la révoltait. Elle ne voulait pas non plus juste le tuer. Cela aurait été trop facile. Il était également exclu d’aller en taule à cause de cette ordure. Sinon bonjour la double peine. Il l’aurait torturée toute sa vie durant et il la ferait encore souffrir après sa mort? Pas question bordel! Surtout, elle ambitionnait de détruire son existence avant qu’il ne meure, balayer tout ce qu’il avait bâti et venger tous ceux qu’il avait anéantis »

Et c’est la littérature qui va la sauver, nous la rendre plus humaine, plus sensible. Sa rencontre avec un professeur de lycée, taciturne, provoquée par le vol d’un livre, puis tournant autour d’échanges sur ses lectures va lui faire découvrir que les relations humaines peuvent être basées sur le respect et la douceur. Henri, qui pourrait être son père, va savoir apprivoiser la petite rebelle et la relation qui se développe entre eux m’a embarquée complètement dans l’histoire.

Le « décor » est tellement bien planté qu’on s’y croirait. Le milieu de la drogue et du trafic organisé par l’Ours, le père de Kimy, est extrêmement bien décrit, le lecteur ne peut que visualiser les scènes. On a vraiment l’impression d’y être, un peu comme si on avait un casque de réalité virtuelle autour de la tête qui nous immerge complètement dans l’histoire.

L’auteur a un talent exceptionnel pour captiver son lecteur en le plongeant dans l’horreur la plus totale tout en lui faisant espérer une lueur au bout du tunnel. C’est terrible, glauque, violent mais tellement intelligemment construit, sans temps mort que ça passe tout seul et le pire c’est qu’on en redemande encore et encore.

Je suis définitivement conquise par la plume et le talent de Mattias Köping et je ne peux que vous recommander de découvrir ses romans.