THRILLER

Partner – John Grisham

Partner de John Grisham publié chez JC Lattes en 2016 et à la suite de L’insoumis chez Le Livre de poche en 2017

Résumé :

Dans cette nouvelle qui précède L’Insoumis, John Grisham raconte l’histoire de Partner, le complice et garde du corps de Sebastian Rudd.
Sebastian Rudd est l’avocat insoumis. Il accepte les clients que personne ne veut défendre. Pour mener à bien ce travail dangereux, Sebastian Rudd fait appel aux services de Partner, qui est à la fois son garde du corps, son assistant juridique et son seul ami. Pourquoi Partner lui est-il si fidèle alors que Sebastian traîne la pire des réputations ? Comment se sont-ils rencontrés ? Et quelle est la véritable histoire de cet homme peu loquace qui manie aussi bien les armes que la loi ?

Mon avis :

Partner est une nouvelle de 60 pages, prequel de L’insoumis. Initialement disponible uniquement en ebook, elle a été intégrée à la suite de L’insoumis dans la version publiée par Le Livre de poche.

Dans cette nouvelle qui peut très bien être lue indépendamment, avant ou après L’insoumis, John Grisham raconte comment Partner est devenu le complice et garde du corps de Sebastian Rudd, cet avocat peu conventionnel qui accepte les clients que personne ne veut défendre.

Il y est question d’une sombre histoire dans laquelle un jeune noir est accusé de meurtre sur un policier à l’occasion d’une arrestation dans un quartier bien connu pour son trafic de drogue.

Comme à son habitude, John Grisham décortique le fonctionnement de la justice et ce nouveau procès contre un tueur de flic présumé est l’occasion de mettre une fois encore en avant le fonctionnement de la justice américaine et de dénoncer ses coups bas.

Ca se lit très vite puisque cette courte histoire ne fait que 60 pages. J’ai bien aimé cette histoire qui m’a appris de nouvelles choses comme la possibilité de témoigner sous couvert d’anonymat mais  je regrette toutefois que cela eut été aussi court. Certains aspects ne sont qu’évoqués ou survolés et un peu plus d’approfondissement aurait pu être intéressant notamment sur la protection des témoins.

Bref, c’est une sympathique histoire qui se lit vite, qui n’est pas dénué d’intérêt mais qui aurait mérité, selon moi, plus de développements.

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L’insoumis – John Grisham

L’insoumis de John Grisham publié le 29.03.2017 aux éditions Le livre de poche

Résumé :

Son numéro est sur liste rouge. Il porte une arme. Son bureau est un van blindé. Il a un chauffeur qui est aussi son garde du corps, son assistant juridique et son unique ami. Il accepte les clients dont personne ne veut : un junkie accusé d’avoir tué deux petites filles, un chef mafieux dans le couloir de la mort, un homme qui a levé le feu sur les forces de police alors qu’elles se trompaient de cible…
S’il vous arrive de gros ennuis, c’est Sebastian Rudd qu’il faut choisir comme avocat.
Avec L’Insoumis, John Grisham montre une face plus grave et plus poignante de son talent. Son personnage haut en couleur, outrancier, mais définitivement humain, lui permet de livrer un vif combat contre les travers de la justice américaine.

Mon avis :

John Grisham est le spécialiste des thrillers judiciaires et L’insoumis ne déroge pas à la règle même s’il est quelque peu atypique.

Justice: Pour la première fois, un tribunal américain veut juger ...

Sebastian Rudd n’est pas un avocat classique. Il n’a pas de joli bureau en acajou et cuir partout, il n’appartient pas à un grand cabinet, ni prestigieux, ni rien. Il est mal vu au Barreau. Il est un solitaire, un franc-tireur, un insoumis qui combat le système et déteste l’injustice. Au gré des affaires qu’il nous raconte, on découvre sa personnalité et son talent pour tenter de sauver ses clients des situations désagréables dans laquelle ils se retrouvent embarqués. Victimes ou prévenus, tous ont intérêt à être défendus par cet avocat retors, teigneux et talentueux.

Construit au départ comme un recueil de nouvelles constituées par les affaires qui se présentent à Sebastian, le fil conducteur, montrant tout à tour les arcanes du système judiciaire américain, du procès à la prison, dénonçant les vices des composantes de ce système, procureurs aux dents longues ou policiers à la gâchette facile, ce roman évolue vers une intrigue plus complexe, mettant en scène plusieurs protagonistes, gentils ou voyous, flics ou procureurs, victimes ou prévenus avec toujours en son centre, Sebastian Rudd qui devra faire preuve de tout son talent pour sortir de cette situation difficile tant pour lui que pour ses proches.

Le Juge, un film de David Dobkin : Critique | LeMagduCine
Film Le Juge de David Dobkin – 2014

Le panel des personnages est très représentatif de toutes les populations et notre avocat n’a aucun scrupule, gentils ou voyous, il défend tout le monde…ou presque.

Un petit bémol avec la fin un peu abrupte qui laisse certaines questions en suspens mais finalement on se dit que la vie de Sebastian Rudd a commencé bien avant ce roman et continuera aussi après, comme si l’auteur nous avait juste montré un court épisode de la vie d’un avocat.

Ca faisait très longtemps que je n’avais pas lu cet auteur et ce fût un vrai plaisir de retrouver son univers si instructif et passionnant sur le système judiciaire américain. Ca se lit bien et comme toujours on en apprécie la lecture.

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Criminal Loft – Armelle Carbonel

Résumé

Huit condamnés à mort ont été sélectionnés pour un show de télé-réalité. Chaque semaine, en direct, vous avez le pouvoir de les éliminer.

Un lieu : le sanatorium de Waverly Hills, aux États-Unis.
Entre ses murs doit se dérouler le show de télé-réalité le plus extrême de l’histoire.
Huit criminels y sont enfermés. Surveillés nuit et jour, ils sont prêts à tout, surtout au pire, pour convaincre des millions de téléspectateurs qu’ils méritent de vivre. Leur sort est entre vos mains…

Mon avis :

Criminal Loft est le jeu de télé réalité le plus machiavéliquement passionnant auquel je vous recommande vivement d’assister ❤️❤️❤️❤️❤️.


L’auteur nous met derrière les yeux de John Natas, dit John T, un tueur sadique, un des 8 candidats sélectionnés parmi les plus redoutables criminels patientant dans le couloir de la mort pour participer à Criminal loft, un jeu de télé réalité qui se passe dans un ancien hôpital psychiatrique abandonné. C’est avec lui et de son seul point de vue qu’on vit son « aventure ».

Il n’est pas gentil, bien au contraire, on sent bien son côté psychopathe, d’autant plus qu’on découvre ses crimes, mais bizarrement il m’a plu, je me suis attaché à lui. Au fil des jours qui passent et des « missions » que la Voix confie aux participants, la tension monte crescendo, on est complètement happé dans l’histoire, on se pose pleins de questions, on émet pleins d’hypothèses, on croit savoir et finalement on se prend le final en pleine face qu’on n’avait pas vu venir et c’est un kiffe total.

Bref, j’ai adoré ma première découverte de la plume de l’auteure et c’est avec grand plaisir que je récidiverai

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Inexorable – Claire Favan

inexorable

Inexorable – Claire Favan – Editions La bête noire – Robert Laffont – 11 octobre 2018 – 384 pages – 20 €

Résumé :

« Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.« 

Mon avis :

Je n’avais jamais lu de roman écrit par Claire Favan et quand l’envie de la découvrir s’est fait ressentir, j’ai choisi de commencer par ce roman qui a été beaucoup critiqué par les fans de l’auteure. Habitués à ses autres romans, ils ont quelque peu décrié celui-ci comme trop différent. Il n’en a pas fallu plus pour me convaincre de commencer par celui-là car sans a priori sur l’auteur je pourrai l’apprécier sans comparer avec ses précédents. Et le résultat a été à la hauteur de mes attentes.

Inexorable est un roman machiavéliquement addictif, une histoire émouvante et forte, une intrigue extrêmement bien menée sans aucun temps mort, un lecteur en constante tension émotionnelle, bref un énorme coup de coeur pour ce roman que j’ai lu en 1 jour et demi tellement je n’ai pas réussi à quitter Alexandra et Milo avant de connaître le fin mot de leur histoire.

On suit Alexandra et Milo dans leur vie rendue difficile depuis que le père s’est fait arrêter par la police de manière assez violente surtout pour le petit Milo qui n’avait que 4 ans quand cela s’est produit et qui vouait une admiration sans bornes à son père. Ce traumatisme va bouleverser leur vie à tout jamais. La violence devient le mode principal d’expression du petit Milo et toutes les conséquences sur la vie de famille sont décortiquées par l’auteure de façon très réaliste et concrète. Alexandra est une maman dans laquelle toute lectrice peut se retrouver et suivre avec elle son combat pour s’en sortir et aider son fils est une bouffée d’émotions fortes, parfois difficiles à supporter.

L’histoire qui pourrait passer pour une simple histoire de famille et de maman qui doit affronter la vie et les problèmes dus à un adolescent prend une tournure forte et prenante dans la deuxième moitié du roman, on bascule dans le thriller et là, c’en est fini de notre liberté de lecteur. L’auteure nous a tellement attaché aux personnages que la lecture devient impossible à lâcher. On plonge dans le pire de ce que peut avoir à encaisser une maman et on vit, ressent, supporte, avec Alexandra toutes ses émotions, ses questionnements. C’est extrêmement prenant.

Pour cette première découverte de l’auteure, je n’ai absolument pas été déçue, j’ai adoré cette lecture, les émotions fortes qu’elle m’a procurées, la tension qui s’est installée progressivement, je me suis imaginée à la place d’Alexandra et c’est tout ce que j’aime dans une lecture, quand je m’y crois tellement que j’ai l’impression de vivre la vie des personnages par procuration. C’est un vrai bon moment de lecture.

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Les démoniaques – Mattias Köping

les demoniaques

Les démoniaques – Mattias Köping – édition La mécanique générale – 19 avril 2018 – 372 pages – 9.90 €

Résumé :

Ils reprennent en choeur :
 » Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope !  »
Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.
Elle s’appelle Kimy.
Ce soir, on fête ses quinze ans.

Mon avis :

En février j’avais découvert Mattias Köping avec la lecture de son second roman Le Manufacturier que j’avais adoré dès les premières pages et qui avait été un énorme coup de coeur. Lire son premier roman Les démoniaques était donc une évidence. Et cette seconde lecture fût aussi excellente que la précédente, faisant de Mattias Köping mon auteur préféré en lieu et place de Carlos Ruiz Zafon qui occupait cette place depuis ma lecture de L’ombre du vent. Exit l’auteur espagnol, cocorico un auteur français est en tête de liste de mes auteurs chouchous.

Avec Les démoniaques, l’auteur nous offre un thriller magistralement orchestré, qui met des claques en pleine figure jusqu’au bout du bout. Même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans (trop d’attentes par rapport au Manufacturier), une fois que Kimy a su toucher mon coeur cette lecture est devenue addictive et passionnante. L’intrigue est démoniaque, extrêmement bien construite et sur un rythme endiablé l’auteur nous mène par le bout du nez jusqu’à un final époustouflant. J’ai adoré.

Kimy est une jeune fille sombre, malmenée par la vie dès son plus jeune âge et par une personne dont le rôle était de la protéger et non pas de la violer et de la mettre au milieu d’un immense trafic de drogue, de prostitution et de violence. Car ce monstre de violence et d’horreur n’est autre que son propre père. Mais la jeune fille a de la ressource et elle est loin d’être une de ses filles soumises qui subissent leur sort sans se défendre.

« Elle se demandait s’il ne fallait tout simplement pas fuir sans demander son reste.Mais l’idée que son père s’en tire la révoltait. Elle ne voulait pas non plus juste le tuer. Cela aurait été trop facile. Il était également exclu d’aller en taule à cause de cette ordure. Sinon bonjour la double peine. Il l’aurait torturée toute sa vie durant et il la ferait encore souffrir après sa mort? Pas question bordel! Surtout, elle ambitionnait de détruire son existence avant qu’il ne meure, balayer tout ce qu’il avait bâti et venger tous ceux qu’il avait anéantis »

Et c’est la littérature qui va la sauver, nous la rendre plus humaine, plus sensible. Sa rencontre avec un professeur de lycée, taciturne, provoquée par le vol d’un livre, puis tournant autour d’échanges sur ses lectures va lui faire découvrir que les relations humaines peuvent être basées sur le respect et la douceur. Henri, qui pourrait être son père, va savoir apprivoiser la petite rebelle et la relation qui se développe entre eux m’a embarquée complètement dans l’histoire.

Le « décor » est tellement bien planté qu’on s’y croirait. Le milieu de la drogue et du trafic organisé par l’Ours, le père de Kimy, est extrêmement bien décrit, le lecteur ne peut que visualiser les scènes. On a vraiment l’impression d’y être, un peu comme si on avait un casque de réalité virtuelle autour de la tête qui nous immerge complètement dans l’histoire.

L’auteur a un talent exceptionnel pour captiver son lecteur en le plongeant dans l’horreur la plus totale tout en lui faisant espérer une lueur au bout du tunnel. C’est terrible, glauque, violent mais tellement intelligemment construit, sans temps mort que ça passe tout seul et le pire c’est qu’on en redemande encore et encore.

Je suis définitivement conquise par la plume et le talent de Mattias Köping et je ne peux que vous recommander de découvrir ses romans.

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Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

ne dis rien a papa

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard – éditions Pocket – 14 juin 2018 -320 pages – 6.95 €

Résumé :

Dans une banlieue chic et calme à trente minutes de Paris, vivent les Hutchinson, une famille presque parfaite. Il y a Fanny, la cinquantaine, une fleuriste réputée, Mickael, son mari, un peintre à la cote en hausse, et leurs jumeaux, Victor et Arno. Mais Fanny étouffe et a bien des difficultés à gérer les réactions violentes de Victor. Ses manifestations de colère et de peur la renvoient à son passé qu’elle a tenté d’effacer. Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe à côté de chez eux, tout ce qui a été consciencieusement enfoui risque alors de ressurgir…

Mon avis :

Ne dis rien à papa est ma troisième lecture de cet auteur. Après avoir adoré Fais le pour maman et Réveille-toi, il me tardait de replonger dans l’univers de cet auteur que j’ai apprécié dès ma première lecture. Lire Ne dis rien à papa était une évidence. Et si j’ai été moins bluffée que pour mes précédentes lectures, j’ai tout de même énormément apprécié cette lecture.

L’auteur a un talent certain pour brosser des personnages très forts qui interpellent le lecteur et auxquels on s’attache quand bien même leurs comportements ne sont pas toujours « gentils ». L’auteur nous plonge toujours au cœur de la psychologie de ses personnages et j’adore.

Dans Ne dis rien à papa, on se retrouve plongés dans des relations familiales avec une tension qui s’installe au fur et à mesure qu’on tourne les pages. Entre Victor et Arno les jumeaux de la famille si différents dans leurs comportements et dans leurs relations de force qui perturbent le schéma familial et Fanny cette maman quelque peu bizarre, se noue une intrigue oppressante et prenante. Couplée à une enquête sur des meurtres sanglants sur des hommes a priori biens sous tous rapports, l’auteur nous plonge dans une histoire passionnante et addictive jusqu’à la fin.

Le seul petit bémol que je mettrai à cette lecture est que j’ai été moins estomaquée par la fin que lors de mes précédentes lectures. Je pense que c’est parce que l’auteur m’avait tellement habituée à me prendre une claque monumentale que j’attendais le même ressenti pour cette lecture. Finalement pas de claque monumentale mais une très bonne lecture que j’ai dévorée en peu de temps. Je conseillerai du coup de commencer par celui-là pour découvrir cet auteur et apprécier pleinement son talent pour offrir des histoires qui mettent les nerfs à rude épreuve et procurent un très bon moment de plaisir livresque.

Bref, François-Xavier Dillard fait maintenant partie de mes valeurs sûres, un auteur dont je lirai chaque roman publié avec la certitude de passer un bon moment.

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L’inconnue de l’équation – Xavier Massé

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L’inconnue de l’équation – Xavier Massé – Editions Taurnada – 16 mai 2019 – 238 pages – 9,99 €

Résumé :

« Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol. Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic déjà présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes. Accident, meurtre, ou vengeance ? Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues. »

Mon avis :

L’inconnue de l’équation de Xavier Massé chez Taurnada sort le 16 mai prochain et je ne peux que vous inviter à vous le procurer. C’est un thriller en huis clos très bien construit, très rythmé, prenant dans lequel l’auteur vous balade jusqu’à une fin surprenante. J’ai adoré cette intrigue percutante où je n’ai rien vu venir et dont la lecture fût un très bon moment livresque.

J’aime bien les thrillers qui commencent par un évènement marquant et dont on va chercher à comprendre comment il a pu se produire. Ce thriller entre pleinement dans cette catégorie car on part d’un massacre familial et ce sont deux protagonistes survivants qui, a posteriori, vont, à l’occasion de l’enquête policière, raconter ce qu’ils savent, répondre aux questions des enquêteurs et permettre au lecteur de s’immerger complètement dans l’intrigue. Tout se déroule en huis clos, dans les salles d’interrogatoire de la police où Mireille, la mère de François et l’inspecteur Binger, enquêtrice présente lors du drame, vont dérouler le fil ce qui s’est passé.

L’auteur nous offre une très bonne intrigue qui au fil des pages captive le lecteur. On se fait notre propre scénario, on imagine les solutions possibles, on a vraiment l’impression d’être derrière la vitre sans tain des salles d’interrogatoires et de vivre l’enquête au même titre que les enquêteurs. On découvre les éléments de la vie des personnages de François et Juliette, ce couple qui a gagné au loto mais dont la vie a basculé pour une raison que l’on cherche à connaître.

Sur un rythme trépidant, l’auteur nous balade et quand viennent la fin et l’explication finale on ne peut qu’être estomaqué par le talent de l’auteur. En tous cas moi je n’avais rien vu venir et cette fin qui colle parfaitement à l’intrigue m’a énormément plu.

Bref j’ai énormément apprécié cette lecture et je ne peux que vous la recommander.

Je remercie vivement Joël des éditions Taurnada pour sa confiance

 

Pour finir un petit mot sur l’auteur :

Xavier Massé

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions, qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’Inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

 

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Police – Hugo Boris

POLICE

Police – Hugo Boris – Editions Grasset – 24 août 2016 – 198 pages – 17.50 €

Résumé :

Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme.

Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.

En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

Mon avis :

Police de Hugo Boris est une lecture sympathique mais un peu plate…je n’ai pas ressenti de grande tension pour un prétendu huis-clos et le sujet bien qu’intéressant est traité trop superficiellement selon moi. Trop de choses m’ont manqué dans cette lecture.

Le résumé était pourtant prometteur … 3 policiers dans une voiture aux côtés d’une clandestin à reconduire à la frontière pour le renvoyer dans son pays qu’il a quitté pour s’offrir une vie meilleur dans notre beau pays.

Je m’attendais à quelque chose de plus abouti, de plus fouillé sur la question de la clandestinité, du combat intérieur des policiers entre la nécessité d’accomplir leur mission et la confrontation avec la réalité de ce que vivent les étrangers chez eux et qui les pousse à partir. Mais finalement cette lecture s’est révélée bien trop linéaire, trop lisse, pas assez oppressante et même si la fin est plus porteuse d’action et donne certains éclairages c’est arrivé trop tardivement pour changer mon appréciation.

Ce qui m’a vraiment gênée c’est le point de départ, ce qui déclenche tout, comment Virginie, rien qu’en lisant le dossier du clandestin et ce qu’il avait déclaré, décide d’un coup de l’aider. J’ai trouvé que c’était trop rapide, trop survolé sans qu’on sache vraiment ce qui suscite chez la policière cette envie de mettre en jeu sa carrière pour cet homme précisément.

Ca se lit vite, ca donne une vision assez réaliste me semble-t-il de la manière dont les reconduites à la frontière se passent et les pistes éventuelles pour les empêcher mais ca ne l’a pas fait avec moi en terme de suspense, de tension et surtout d’émotions. Aucun des personnages, qu’ils soient policier ou clandestin, n’a su me toucher et je suis restée complètement hors de cette lecture que j’ai lue comme on lit un reportage. Je n’ai rien ressenti, je ne me suis pas immergée dans ce qui se déroulait sous mes yeux et mon sentiment final a été de mes dire : OK bon et alors ?!!

Une lecture rapide qui n’a pas su m’emporter, dommage !

Pour finir un petit mot sur l’auteur :

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Diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux et de l’École nationale supérieure Louis-Lumière, Hugo Boris travaille dans une école de cinéma le jour et écrit la nuit. Son premier roman , « Le baiser dans la nuque » (Belfond, 2005), a été sélectionné au festival de Chambéry et a remporté le prix Emmanuel-Roblès, remis par les membres du jury Goncourt. « La délégation norvégienne », son deuxième roman (Belfond, 2007), a reçu le premier prix littéraire des Hebdos en Région. En 2010 paraît « Je n’ai pas dansé depuis longtemps ». L’ouvrage a été récompensé par le prix Amerigo-Vespucci et a été finaliste de nombreux prix, dont le Grand Prix RTL-Lire, le prix Landerneau, et le prix Françoise-Sagan. Publié en août 2013, « Trois grands fauves » est retenu dans la sélection finale du Prix du roman Fnac. Son cinquième roman « Police » paraît en 2016. Hugo Boris a également réalisé une dizaine de films courts et a travaillé comme assistant réalisateur sur des documentaires.

PREMIER ROMAN·THRILLER

Les illusions – Jane Robins

les illusions

Les illusions – Jane Robins – éditions Sonatine – traduction Caroline Nicolas – 4 octobre 2018 – 360 pages – 21 €

Résumé :

Jusqu’où peut-on s’immiscer dans la vie de ses proches ?
Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

La jalousie, la culpabilité, le remords… dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D’une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l’humanité poignante, jusque dans leurs familles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu’à la fin de démêler le vrai du faux.

Mon avis :

Les illusions est un très bon thriller psychologique. Une histoire particulièrement malsaine de jumelles aux relations inhabituelles pour des jumelles, une ambiance sombre et glauque, des personnages intrigants, une tension grandissante malgré un début un peu longuet, bref tous les ingrédients pour une lecture prenante et surprenante. J’ai beaucoup aimé. ❤❤❤❤

C’est une lecture qui met mal à l’aise tant le comportement des deux sœurs n’est pas celui qu’on attend de la part de jumelles et on ne ressent aucune empathie pour aucune des deux. Entre Tilda qui maintient une distance et a l’air de prendre sa sœur de haut en la traitant comme un boulet et Callie qui voue un culte à sa sœur au point de manger des choses qui lui appartiennent, des rognures d’ongles, dents de lait et autres horreurs qui font qu’on s’interroge grandement sur la santé mentale de Callie.

C’est à travers elle et sa vision des choses que l’on vit cette histoire malsaine et qui devient angoissante et prenante au fil des pages. C’est un thriller anglais donc le rythme est assez lent avec un démarrage un peu longuet. Mais progressivement la tension monte, l’auteure arrive bien à faire ressentir l’ambiance glauque et pesante qui règne entre les deux sœurs, on ne sait pas trop les sentiments qui le anime, on se pose plein de questions et on a bien envie de savoir comment cette histoire va finir.

L’auteure nous offre un très bon thriller psychologique sur le thème de la gémellité et des violences conjugales qui tient la route jusqu’à la fin. L’intrigue est très bien ficelée, on ne voit rien venir du dénouement final qui est à la hauteur de l’ensemble du récit.

Un bon moment de lecture!!

Pour finir un petit mot sur l’auteure :

jane robins

Jane Robins a débuté sa carrière comme journaliste dans les années 1980, travaillant pour des médias reconnus tels que The Economist, The Independent et la BBC. Habituée à couvrir l’actualité étrangère et politique (en Inde et en Asie du Sud-Est), elle devient, à son retour en Grande Bretagne, animatrice radio puis, à partir de 2006, écrivaine. Elle commence par publier des essais historiques avant de se lancer dans le thriller. « Les illusions » (White Bodies, 2017) est son premier roman.

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La petite fille du phare – Christophe Ferré

la petite fille du phare

La petite fille du phare – Christophe Ferré – éditions L’Archipel –  3 octobre 2018 – 448 pages – 22 €

Résumé :

« Qui a kidnappé le bébé ? Le temps d’une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte de granit rose de Ploumanac’h, Morgane et Elouan ont laissé la garde de leur fille de 10 jours, Gaela, à son frère adolescent, Arthur. Mais au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d’effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, s’ajoute la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane est une mère déjà éprouvée par la perte d’un enfant, Elouan, un père souvent absent…Les pistes se multiplient mais l’enquête n’avance pas. Pourtant, près d’un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l’emporte sur l’incompréhension. Sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n’est pas sa soeur… »

Mon avis :

La petite fille du phare aurait pu être un excellent thriller tant la résolution finale de l’intrigue est surprenante et explique tous les détails troublants de cette histoire … Malheureusement malgré la qualité du dénouement, quoiqu’un peu abrupt, la construction de ce récit haché, décousu bourré d’incohérences, de pseudo-rebondissements étouffés dans l’œuf agace fortement. Et que dire de cette mère aux réactions improbables et tellement peu crédibles ou du juge d’instruction qui mène l’enquête sur le terrain….il y a eu trop de choses mises bout à bout pour créer artificiellement un suspense et certes je l’ai lu jusqu’au bout mais juste pour savoir comment ça allait finir…je n’ai ressenti aucune tension, aucune passion, aucune frénésie à tourner les pages pour arriver à la fin et c’est dommage.

L’idée de base était pourtant bonne, une disparition de bébé, une maman sous les yeux suspicieux de la justice puis une réapparition mystérieuse et un frangin qui dit que le bébé rendu n’est pas sa petite sœur, tous les ingrédients étaient là pour avoir un bon thriller. Seulement à défaut de bien mélanger les ingrédients en les liant ensemble, la recette ne prend pas. Et c’est bien l’impression qui m’est restée en refermant ce roman.

Cette lecture s’est révélée agaçante à plus d’un titre, enlevant toute crédibilité aux personnages et à l’intrigue en elle-même. Des chapitres courts voire ultra courts pour donner du rythme mais sans aucune utilité puisque le chapitre suivant reprend là où le précédent finissait, des rebondissements qui arrivent mais qu’on laisse de côté immédiatement pour passer à autre chose, autant de mises en scènes qui énervent. Certes ce sont les codes du genre qui permettent de donner du rythme au récit mais quand ils sont utilisés correctement.

Le personnage de Morgane, la mère, est au centre de l’intrigue, elle en est l’héroïne mais  au lieu de porter l’intrigue elle flingue toute l’histoire, elle est plate, sans consistance, transparente, elle prend les choses comme elles viennent, sans combattre, sans se défendre. Aucun aspect de sa psychologie n’est abordé et pourtant elle devrait être au cœur du récit. Et c’est hautement agaçant.

Le juge d’instruction chargé de l’enquête n’est guère plus crédible, se déplaçant chez sa suspecte principale pour mener ses investigations comme s’il venait lui rendre des visites de courtoisie… bref autant de situations plus abracadabrantesques les unes que les autres qui font de l’intrigue une succession d’évènements sans lien entre eux et donne un récit décousu et haché qui ne présente que peu d’intérêt.

Et pourtant la résolution de cette énigme est bien surprenante, machiavélique elle te fait revoir tout le récit avec toutes les clefs et il était impossible de la voir venir. Cela aurait pu être la cerise sur le gâteau, sauf que sans tension ni suspense organisé, cette fin arrive comme un cheveu sur la soupe. J’ai eu l’impression que finalement l’auteur était parti de la résolution pour écrire son roman et avait cherché à disséminer les éléments de cette résolution au fil des pages en brodant autour pour construire son intrigue. Cela n’a pas été une réussite en ce qui me concerne et c’est vraiment dommage encore une fois parce que la résolution finale était vraiment bonne.

Bref, un thriller qui n’aura pas su me convaincre.

Pour finir un petit mot sur l’auteur :

Christophe_Ferre

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010. Il est l’auteur de La Chambre d’amour (Arléa, 1995), La Septième nuit (Seuil, 2000) ou encore Paradis Turquoise (Flammarion, 2005). Son premier suspense, La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues.