THRILLER

Victimes – Bo Svernstrom

Bo Svernstrom – traduction Lucas Messmer
EAN : 9782207143537
560 pages
Éditeur : DENOËL (03/02/2021)

Victimes de Bo Svernstrom est un thriller suédois paru le 3 février 2021 aux éditions Denoël dans leur collection Sueurs froides et qui est passé complètement inaperçu dans la sphère livresque. Aucune chronique sur Livraddict, seulement deux sur Babelio, je ne l’ai pas vu passer sur Instagram et pourtant il est excellent.

Je dois bien avouer que ce n’est pas la couverture qui m’a attirée ; bien au contraire, je pense que c’est cette couverture qui est responsable du fail commercial de cette parution et c’est vraiment dommage car c’est un thriller addictif, habilement mené et original qui interroge fortement sur la psychologie d’un tueur. J’ai pris un énorme plaisir à lire ce thriller, j’ai été surprise et même si j’avais vu venir un élément du dénouement, cela n’a absolument pas entaché mon ressenti sur cette lecture tant la construction et le contenu sont passionnants.

Tout commence par la découverte du corps d’un homme affreusement mutilé dans une grange au nord de Stockholm. Et quand on dit affreusement mutilé c’est vraiment çà car le pauvre homme s’est vu arracher la langue, les doigts et l’appareil génital. Et quand il apparaît que la victime est encore en vie, l’inspecteur Carl Edson et son équipe qui s’attendaient à une enquête pour meurtre assez routinière, revoient leur copie, d’autant plus que les victimes s’amoncellent. Ils ont affaire à un ennemi redoutable…

Le problème avec ce genre de roman c’est de pouvoir exposer son ressenti sans enlever l’intérêt de la surprise au futur lecteur … donner envie sans trop en dire…. L’auteur a réussi a mettre en place un thriller très original dans la construction en bouleversant les codes et les points de vue et en surprenant agréablement le lecteur qui ne s’attend absolument pas à ce qui va lui arriver.

J’ai énormément aimé cette lecture qui m’a surprise, émue, horrifiée et captivée du début à la fin. Il n’y a aucun temps mort, tout est très bien amené, tout est cohérent et même si j’avais compris un petit élément, la résolution finale de ce thriller ne m’a pas déçue car selon moi l’intérêt était principalement dans le déroulé de l’histoire, dans l’analyse profondément addictive du méchant de l’histoire et si au départ on s’attend à un thriller assez classique, la surprise l’émotion et l’originalité sont au rendez-vous pour faire de cette lecture un excellent moment de plaisir livresque.

Je ne peux que vous recommander de passer outre cette couverture peu heureuse et de découvrir ce roman qui vaut vraiment le coup.

POLARS/THRILLERS·THRILLER

A pas de loup – Isabelle Villain

A pas de loup d’Isabelle Villain paru aux éditions Taurnada le 14.01.2021 – 190 pages

Résumé :

Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.
Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.
Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

Mon avis :

J’avais déjà lu et beaucoup aimé Mauvais genre et Blessures invisibles, les précédents romans d’Isabelle Villain qui étaient des polars. Avec A pas de loup l’autrice s’initie au genre thriller et c’est une belle réussite pour une première tentative.

A pas de loup est un thriller, un roman noir prenant et glaçant.
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La Barbarie est un eco-hameau en plein cœur des Alpes de Haute Provence où sont venus s’installer des familles motivées par l’envie de vivre en communion avec la terre, la nature, en harmonie avec les saisons, loin du tumulte et de la vie stressante des grandes cités urbaines. Parmi eux Rosalie et sonars, Philippe, sont arrivés quand leur fille Martin avait 6 mois. Sauf qu’aujourd’hui Philippe n’est plus là et on sent bien qu’il n’est plus le bienvenu dans cette communauté. Alors quand Martin, 6 ans, disparaît en pleine nuit, c’est le début des ennuis, le premier maillon d’une chaîne d’événements qui vont mettre à mal le rêve qui se jouait jusqu’alors à la Barberie.
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En alternant passé et présent, l’autrice nous présente tous les acteurs de cette histoire, elle nous présente chacun des membres de cette communauté et les raisons, diverses, propres à chacun, qui les ont conduit à tout abandonner pour venir vivre à la Barberie.
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L’autrice joue avec nous, elle décortique ce mode de vie, les règles mises en place pour organiser cette micro-société, elle place les pièces de son puzzle et peu à peu le voile se fissure et on se rend compte que tout n’est pas aussi idyllique qu’on voudrait bien nous le faire croire à la Barberie.
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C’est fluide dans l’écriture, ça se lit tout seul et les pages se tournent très vite pour savoir comment ça va finir. J’ai énormément aimé cette lecture que j’ai trouvée originale dans les thèmes abordés, dans les relations des personnages et même si certains aspects de l’intrigue m’ont semblé un peu trop faciles et auraient mérité, selon moi, un plus de développement pour augmenter la tension, c’est une intrigue bien construite, prenante et glaçante jusqu’à la toute dernière page que l’autrice nous propose.
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Ce thriller sort aujourd’hui et je ne peux que vous conseiller de vous le procurer, vous passerez un excellent moment de lecture.

Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance

COUP DE COEUR·THRILLER

Entre fauves – Colin Niel

Entre Fauves de Colin Niel paru aux éditions du Rouergue en septembre 2020 –

Résumé :

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des derniers ours. Mais depuis un an et demi, on n’a plus trouvé la moindre trace de Cannellito, le seul plantigrade avec un peu de sang pyrénéen qui fréquentait encore ces forêts, pas d’empreinte de tout l’hiver, aucun poil sur les centaines d’arbres observés. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. L’histoire des hommes, n’est-ce pas celle du massacre de la faune sauvage ? Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas. Et rien de ce qui s’est joué, quelques semaines plus tôt, en Afrique.
Entre chasse au fauve et chasse à l’homme, vallée d’Aspe dans les Pyrénées enneigées et désert du Kaokoland en Namibie, Colin Niel tisse une intrigue cruelle où aucun chasseur n’est jamais sûr de sa proie.

Mon avis

J’ai découvert Colin Niel avec son roman Seules les bêtes que j’ai lu et adoré en 2020. Alors quand je suis tombée sur son nouveau roman Entre fauves en librairie, je me suis jetée dessus et cette lecture a été comme la première, un coup de cœur.

Pour la majorité des gens le lion est le roi des animaux, beau, majestueux, il est aimé des grands et des petits alors quand Martin, garde d’un parc national en France, fervent défenseur de la cause animal, tombe sur la photo d’une jeune fille debout, un arc à la main, à côté du cadavre d’un lion, il voit rouge…actif sur les réseaux sociaux pour dénoncer ces monstres, il décide ce coup-ci d’aller plus loin et de partir lui-même à la chasse à la tueuse.
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Pour Kondjima, berger en Namibie, dans un pays rongé par la sécheresse où tous les animaux peinent à survivre, le lion est un redoutable prédateur qui a massacré son troupeau de chèvres. Il est comme le renard qui tue nos poules, le loup qui s’en prend aux brebis et Kondjima n’a qu’une seule idée en tête, tuer ce lion qui a fait de sa vie un enfer encore pire.
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Apolline est une jeune fille, étudiante passionnée de chasse à l’arc qui rêve de s’offrir un lion en trophée.
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Charles est ce lion, seul, affamé, qui rôde auprès des hommes et qui nous raconte également sa vie.
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Avec ses quatre personnages dont les histoires se mêlent au fil des chapitres, dans une construction très originale du récit, l’auteur nous offre une intrigue palpitante, une histoire qui fait monter notre tension au fil des pages et le tout servi par une plume magnifique, des descriptions à vous couper le souffle.
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C’est magnifique, machiavéliquement orchestré, l’auteur vous attrape dans son viseur et ne vous lâche plus jusqu’au dernier mot. C’est une histoire aux personnages très travaillés, complexes et c’est un vrai régal de les suivre pour voir comment tout va finir, comment l’auteur va nous emmener jusqu’au bout de cette chasse.
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J’ai tout aimé dans ce roman qui, après Seules les bêtes, vient confirmer mon admiration pour Colin Niel. Cette lecture est un coup de cœur tant par l’intrigue en elle même que par les réflexions qu’elle a provoquées chez moi.
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Bref, j’ai adoré cette lecture et je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur au talent fou pour offrir des intrigues prenantes, originales et instructives.

THRILLER

Le chuchoteur – Donato Carrisi

Le chuchoteur de Donato Carrisi paru chez Calmann-Levy le 5.05.2010 – 440 pages – traduction Anaïs Bokobza

Résumé :

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement.
Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Mon avis :

Le chuchoteur est un thriller qui a eu un succès fou auprès des lecteurs et que j’avais envie de lire depuis longtemps. Et s’il a été une très bonne lecture, cela n’a pas été un coup de cœur.

L’auteur place les pièces d’un puzzle dont une en particulier est comme un petit caillou dans la chaussure, gênant, irritant, se rappelant à vous au fur et à mesure de votre marche vers le dénouement. Cette pièce du puzzle est intrigante certes, on sait qu’elle trouvera sa place, mais elle obsède et perturbe.

L’intrigue est bien menée, on a vraiment l’impression de vivre l’enquête de l’intérieur, aux côtés des membres de l’équipe menée par le professeur en criminologie Goran Gavila.

Toutes ses leçons sur le comportement et l’analyse des tueurs en série sont passionnantes et immergent réellement le lecteur dans cette horrible histoire.

L’instinct de tuer est en chacun de nous. Mais grâce au ciel, nous sommes aussi dotés d’un dispositif qui nous permet de le garder sous contrôle, de l’inhiber. Cependant, il existe toujours un point de rupture.

(…)

On part de l’hypothèse que personne ne naît tueur en série, mais qu’on accumule passivement des expériences et des stimuli, comme une sorte d’incubation de la personnalité meurtrière, qui débouche ensuite sur la violence.

(…)

Nous les appelons « monstres » parce que nous les sentons loin de nous, et donc nous les voulons « différents », disait Goran dans ses séminaires. Au contraire, ils nous ressemblent en tout et pour tout. Mais nous préférons balayer l’idée qu’un de nos semblables est capable de telles atrocités. En partie pour absoudre notre nature. Les anthropologues appellent ça la « dépersonnalisation du coupable », et cela constitue souvent le principal obstacle à l’identification d’un tueur en série. Car un homme a des points faibles et peut être capturé. Pas un monstre ».

Mila Vasquez, la nouvelle arrivée, est attachante, on la trouve bizarre mais on l’aime bien.

Le rythme est bon, le lecteur est bien pris dans la toile tissée par l’auteur, accroché et ne pouvant sortir de ce labyrinthe et jusqu’aux 100 dernières pages j’ai bien aimé.

Mais la fin m’a fait brusquement redescendre de mon nuage. Trop de rebondissements assénés comme des coups de poings en pleine figure, ne laissant pas le temps au lecteur d’appréhender les choses et de réfléchir avant le coup suivant….une scène sortie de nulle part, inexplicable et invraisemblable…autant de gros détails qui m’ont refroidie direct dans mon enthousiasme.

Et si les 10 dernières pages ont un peu rattrapé les choses, me faisant découvrir un genre de tueur en série qui m’était jusqu’alors inconnu et mettant au grand jour toute la manipulation mise en œuvre par l’auteur, mon ressenti final est quand même plus modéré.

📈📉📈 Ces emoj reflètent parfaitement mon parcours à la lecture de ce thriller. J’aime me faire manipuler dans mes lectures, ne rien voir venir et me prendre une claque avec la ou les révélations finales mais là c’était beaucoup trop et trop abrupt.

Je lirai le tome suivant et j’espère qu’il m’emportera de la 1ère à la dernière phrase.

THRILLER

Proies – Mo Hayder

Proies de Mo Hayder paru chez Pocket le 9.06.211 – 544 pages – traduction Jean-Hubert Martinez

Résumé :

Alors qu’elle dépose ses courses dans le coffre de sa voiture, une femme est jetée au sol par un individu qui prend la fuite à bord du véhicule. Selon la police, pour laquelle il ne s’agit que d’un banal fait divers, l’agresseur ne s’est sans doute pas rendu compte de la présence d’une fillette sur la banquette arrière. Mais le scénario s’assombrit : l’enfant reste introuvable et une deuxième petite fille disparaît dans les mêmes circonstances. Le ravisseur ne tarde pas à se mettre en contact avec la police… À nouveau, le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Marley vont plonger dans l’horreur à l’état pur.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Mo Hayder alors que j’en avais entendu des avis positifs alors quand je suis tombée sur Proies dans un brocante, je me suis dit que c’était l’occasion. C’était il y a plus de deux ans et c’est seulement en ce mois de novembre consacré aux thrillers dans le cadre du Black November Challenge de Séverine de la chaîne Youtube Il est bien ce livre que j’ai décidé de le sortir de ma PAL pour la 3ème semaine où il fallait lire un thriller dont le thème était les enfants. Et grand bien m’en a pris car cette première découverte de l’autrice est une réussite.

Proies est un excellent thriller qui maintient en haleine pendant plus 500 pages et qui offre une très bonne intrigue bien menée.
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C’est un tome d’une « série » avec des enquêteurs récurrents et même si le fait de ne pas avoir lu les tomes précédents m’a contrariée, cela ne gêne absolument pas la lecture.

On suit le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Marley dans une enquête où il est question de fillettes enlevées et si au départ, l’enquête semble simple, la situation se corse assez rapidement pour partir dans une course poursuite contre un très vilain monsieur et contre le temps qui n’est pas propice au retour des victimes en vie.

Les deux personnages des enquêteurs sont bien travaillés, ni trop lisses, ni trop borderlines, le rythme est excellent, les questions, les indices et les rebondissements s’enchaînent parfaitement et à aucun moment on ne trouve le temps long. Et pourtant vu le nombre de pages de ce thriller, le risque de longueurs était envisageable.

C’est donc un très bon thriller, haletant et prenant comme je les aime.

Je vais maintenant remonter le temps en lisant les tomes précédents dans l’ordre et suivrai les nouvelles parutions de cette auteure avec intérêt.

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L’enfant aux cailloux – Sophie Loubière

L’enfant aux cailloux de Sophie Loubière paru chez Pocket le 13.03. 2014 – 352 pages

Résumé :

Elsa Préau est une retraitée ordinaire. Une vieille dame un peu trop seule qui observe ses voisins pour tromper l’ennui. Et qui, à force d’épier, se persuade que la famille d’à côté a des choses à cacher.
En plus de leurs deux enfants, rayonnants, un troisième apparaît parfois – triste, maigre, visiblement maltraité. Un enfant qui semble appeler à l’aide. Un enfant qui lui en rappelle un autre…
Aider ce petit garçon devient alors pour Elsa une véritable obsession.
Mais que faire, seule, face à la police et aux services sociaux qui lui affirment qu’il n’existe pas ?

Mon avis :

Je n’avais jamais lu cette auteure mais tous les avis sur L’enfant aux cailloux étant dithyrambiques, j’ai choisi celui-ci pour débuter ma découverte de cette auteur.

C’est un très bon thriller, une lecture dynamique, un roman dont les chapitre ultra courts font qu’on tourne les pages très vite, une histoire émouvante, troublante mais qui m’a un peu déçue quand même.
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On suit Elsa Préau, une directrice d’école à la retraite dont la personnalité est assez troublante. J’ai aimé la trouver loufoque et bizarre, cette mamie qui espionne ses voisins à la jumelle, qui écrit des lettres aux institutions pour exprimer son avis sur différents sujets et qui, pendant tout le récit, sème le trouble dans l’esprit du lecteur. C’est un personnage extrêmement travaillé qui intrigue et perturbe.
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L’histoire est prenante, je me suis laissée porter et j’ai dévoré ce roman en 24 heures mais j’avais compris trop de choses, trop tôt pour être surprise par les révélations de fin de lecture. Certaines révélations ont effectivement été inattendues mais le dénouement était celui que j’attendais. Seulement c’est aussi la cause de ma pointe de déception… c’est le dénouement que j’attendais, que j’espérais et s’il avait été différent la déception aurait été encore plus grande. Sauf que ce dénouement ne m’a donc pas scotchée comme j’aime l’être.
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Cela reste un thriller bien construit, plaisant à lire, traitant de thèmes intéressants et de façon originale que j’ai aimé lire mais dont j’attendais beaucoup plus après avoir lu tous les avis dithyrambiques à son sujet. L’éternel problème des attentes qu’on place dans une lecture !!!
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Je relirai cette auteure parce que j’ai aimé sa plume mais pour une première découverte c’est assez mitigée que je ressors de ma lecture.

THRILLER

Torrents – Christian Carayon

Torrents de Christian Carayon paru chez Pocket le 8.10.2020 – 384 pages

Résumé :

1984. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille.
Bouleversé par ces évènements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier.
Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence.

Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout cet auteur et c’est en flânant dans une librairie (quand c’était encore possible) que je suis tombée sur Torrents dont le résumé m’a laissé imaginer une histoire prenante. Il n’en a pas fallu plus pour faire attérir ce roman dans ma PAL.

C’est complètement mitigée que je suis sortie de ma lecture. Il m’a hantée toute une journée entière et au final j’étais incapable de donner un avis tranché au moment où j’ai publié mon avis, à chaud, sur instagram. Le temps faisant son œuvre, presque dix jours plus tard je sais comment me positionner sur cette lecture.

Ce roman comporte deux histoires qui s’imbriquent l’une dans l’autre sauf que l’une m’a passionnée quand la résolution de l’autre m’a semblée un peu trop facile.
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J’ai aimé la plume de l’auteur, la mise en place de l’intrigue, l’histoire qui coule tranquillement, les personnages attachants pour certains, plus troubles pour d’autres, la construction aux narrateurs multiples. La quête de François sur le passé de son père avec qui il entretient des relations plutôt distantes m’a énormément plu. Ce qu’on découvre, en même temps que lui, sur ce père assez froid et distant donne un autre éclairage sur cet homme et il faudra attendre les toutes dernières pages pour le connaître vraiment.

Et c’est la fin qui ne m’a pas plu. Alors pas la vraie fin des dernières pages, celle qui s’annonce quelques pages auparavant. Et même si je comprends le parti pris de l’auteur et le sens qu’il a voulu donner à son roman, il y a quand même quelques détails qui m’ont agacée et qui ont terni la la belle lecture que ce roman a été dans les 300 premières pages.

Ce fût donc une lecture en demi-teinte pour moi.

THRILLER

Avec tes yeux – Sire Cedric

Avec tes yeux de Sire Cedric paru chez Pocket le 9.03.2017 – 640 pages

Résumé :

Depuis quelque temps, Thomas n’arrive plus à dormir. D’épouvantables rêves le réveillent en sursaut et l’empêchent de se rendormir. Et si ce n’était que ça ! Après une séance d’hypnose destinée à régler ses problèmes d’insomnie, il devient la proie d’étranges visions. Par les yeux d’un autre, il se voit torturant une jeune femme… Persuadé qu’un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Sire Cedric alors que je n’entend que des avis positifs sur ses romans. J’ai donc décidé de me lancer et c’est Avec tes yeux que j’ai choisi pour commencer ma découverte de cet auteur quand je suis tombée dessus dans une bouquinerie. Et si cette lecture ne fût pas un coup de coeur, elle fût quand même une belle expérience livresque.

Avec tes yeux est un thriller avec une pointe de surnaturel, un page turner qui vous attrape par les yeux dès les premières pages et qui se dévore d’une traite.

L’intrigue est extrêmement bien construite, haletante, enchaînant à bon rythme les péripéties, rebondissements et indices qui doivent permettre à Thomas et Nathalie d’obtenir les réponses qu’ils cherchent. On est pris dedans complètement et on ne peut pas le quitter des yeux avant la fin.

Les personnages sont bien travaillés, surtout Nathalie qui m’a beaucoup touchée. Son combat quotidien pour s’affirmer, combattre ses démons, affronter le regard des autres et prouver qu’elle a sa place dans son milieu professionnel m’ont beaucoup plu. Thomas n’est pas en reste non plus même si finalement on ne sait pas grand chose de lui, les cauchemars qu’il subit sont tellement horribles qu’on ne peut que compatir à sa souffrance.

C’était ma première découverte de la plume de l’auteur, j’ai bien aimé, je l’ai terminé en très peu de temps mais il me laisse quand même une petite pointe de perplexité sur la fin. J’ai aimé cette fin mais pas la manière dont elle a été amenée. Trop abrupte, rapide et manquant un peu de crédibilité.

Mais mise à part cette petite poussière gênante dans l’œil en fin de roman, j’ai beaucoup aimé cette lecture dynamique et prenante. Je relirai cet auteur c’est sûr.

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PS : d’ailleurs si vous qui passez par là en avez à me recommander, je suis preneuse de vos suggestions 😉

THRILLER

Enfermé.e – Jacques Saussey

Enfermé.e de Jacqies Saussey paru chez French pulp le 11.10.2018 – 383 pages

Résumé :

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur.
Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait… Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface. Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

Mon avis :

Jacques Saussey est un auteur que je n’avais jamais lu. Quand son roman Enfermé.e est sorti, certains de ses lecteurs ont publié des avis plutôt négatifs. Il semblait que ce roman ne soit pas à l’image de tous ceux qu’il avait publiés avant. C’est donc par celui-ci que j’ai décidé de commencer pour découvrir cet auteur. Et ce fût pour moi une très belle découverte.

Enfermé.e c’est l’histoire de Virginie, « mi-homme mi-femme, plus tout à fait l’un et pas encore complètement l’autre, coincé(e) entre deux univers qui sont normalement bien distincts et bien identifiables« , une histoire violente émotionnellement mais tellement émouvante.
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Aujourd’hui infirmière dans un centre pour personnes âgées après avoir passé de longues années en prison, Virginie a eu une vie des plus difficiles. De son enfance à maintenant, en alternant les deux époques, l’auteur nous déroule le fil de sa vie et mon dieu quelle émotion!!! Tout ce qu’elle a dû subir est vraiment terrible. Certaines scènes sont parfois à la limite du supportable.
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J’ai énormément aimé cette lecture, violente, sombre, sur un sujet difficile. J’ai aimé découvrir la personnalité de Virginie, son évolution de son enfance à aujourd’hui, j’ai souffert avec elle. Le sujet de la transidentité est original et l’auteur en parle très bien. On arrive parfaitement à ressentir la douleur de ces personnes dont le corps physique ne ressemble pas à ce qu’elle sont profondément.

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. »

J’ai aussi aimé la réflexion sous jacente sur le sort des personnes âgées qui finissent leur vie dans des établissements spécialisés, parfois abandonnées par leur famille et dont les seules interactions sociales sont celles qui se font avec le personnel. La relation qui se noue entre Virginie et Marie en est une illustration parfaite.

Et si au final l’intrigue cachée derrière cette histoire se révèle un peu trop tardivement à mon goût, elle pimente la fin de cette lecture qui m’a emportée, qui m’a touchée et dont je retiendrai plus le côté psychologique et émotionnel que l’intrigue.
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Bref, j’ai aimé cette lecture et je récidiverai avec cet auteur.

COUP DE COEUR·THRILLER

Les refuges – Jérôme Loubry

Les refuges de Jérôme Loubry paru chez Calmann-lévy en 2019 et chez Le livre de poche en septembre 2020 – 432 pages

Résumé :

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette terre grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi-autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange. En quelques heures, la jeune femme se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Et pourtant, aucun d’entre eux ne quitte jamais l’île. Pourquoi ?

Et qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?..

Mon avis :

Les refuges est le troisième roman de l’auteur et c’est le troisième roman que je lis. A sa sortie en grand format, j’ai vu passer beaucoup de publications sur ce fameux Jérôme Loubry et tout le monde ou presque avait un avis dithyrambique sur Les refuges. Comme j’aime bien commencer, en général, par les premiers romans, je m’étais précipitée pour acheter ses deux premiers romans en format poche. Et si j’ai bien aimé Les chiens de Détroit et Le douzième chapitre, ils ne m’ont pas transcendée plus que ça. J’étais donc frileuse à tout investissement dans son troisième roman que je choisissais de prendre en numérique d’une part, et d’attendre avant de le lire d’autre part pour oublier mes sentiments quelques peu mitigés sur ces deux premières lectures.

C’est en ce mois d’octobre 2020 que j’ai décidé de me lancer et … comment vous dire … je me suis pris une claque livresque monumentaleLes refuges est indéniablement mon plus gros coup de cœur de l’année 2020 et même de toute ma vie de lectrice. Oui oui !!!

Je me suis laissée complètement embarquer dans cette histoire qui commence sur une alternance passé/présent, mon schéma de lecture préféré, je me suis attachée à Sandrine (tiens elle s’appelle comme moi…et je peux vous dire que ça fait bizarre de lire son prénom dans un roman) et j’ai adoré la suivre sur cette île mystérieuse où sa grand mère était décédée.

« Errer sur un rocher avec pour simple compagnie la présence de volatiles ressemblait plus à un cauchemar hitchcockien qu’à une visite de recueillement familial »

Conquise par la première partie sur cette enquête sur cette île avec ce mystère qui entoure la disparition tragique d’enfants après la seconde guerre mondiale, je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait suivre et c’est là que cette lecture a basculé dans l’addiction la plus totale. L’auteur bouscule le lechttps://souvenirsdelecture.fr/2020/10/31/les-refuges-jerome-loubry/teur. Tout ce qu’on vient de lire et aimer est remis en cause, on découvre une toute autre histoire, une toute autre intrigue, toute aussi prenante et passionnante. On bascule d’une lecture déjà fort captivante dans une lecture machiavéliquement torturante, diaboliquement redoutable pour nos neurones, mais tellement géniale à lire.

Avec Les refuges, Jérôme Loubry a conquis mon cœur de lectrice par une intrigue originale, surprenante, fascinante qui nous attrape et ne nous laisse pas lâcher cette histoire jusqu’à la dernière page. Bref j’ai tellement adoré, un vrai moment du pur bonheur livresque, une histoire et les sensations qui y sont associées qui resteront très très longtemps dans mes souvenirs de lecture.

oui vous ne rêvez pas, j’ai tellement kiffé que je l’ai acheté en format poche pour l’avoir tout le temps dans ma bibliothèque

Autant vous dire que son nouveau roman De soleil et de sang qui vient de sortir (septembre 2020) chez Calmann-Levy est déjà dans ma PAL. Et oui cet auteur a réussi à me faire déroger au principe d’avoir les romans d’un même auteur dans la même collection (autant que faire ce peut), il m’était complètement impossible d’attendre sa sortie en format poche, trop long à attendre.