HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE·POLARS/THRILLERS

Darktown – Thomas Mullen

Darktown de Tomas Mullen paru chez Rivages le 4.03.2020 – 500 pages – traduction Anne-Marie Carrière

Résumé :

Atlanta, 1948. Répondant aux ordres d’en haut, le département de police d’Atlanta est forcé d’embaucher ses premiers officiers noirs. Parmi eux, les vétérans de guerre Lucius Boggs et Tommy Smith. Mais dans l’Amérique de Jim Crow, un flic noir n’a pas le droit d’arrêter des suspects, de conduire des voitures de police ou de mettre les pieds dans les locaux de la police… Quand une femme métisse disparaît après avoir été vue pour la dernière fois dans la voiture d’un édile blanc, Boggs et Smith soupçonnent leurs collègues de vouloir étouffer l’affaire. Leur enquête les confrontera à un policier brutal qui dirige depuis longtemps le quartier.

Mon avis :

Darktown est un excellent roman qui mêle très habilement intrigue policière et roman historique sur l’intégration des premiers policiers noirs dans une Amérique encore très ségrégationniste de la fin des années 40.
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Boggs et Smith, deux anciens combattants, font partie des huit premiers noirs à avoir été recrutés, sous la contrainte du mouvement naissant pour les droits civiques des noirs, dans la police d’Atlanta. Révoltés par l’indifférence totale face au meurtre d’une jeune femme noire et malgré les restrictions qu’on leur impose dans l’exercice de leurs fonctions, ils décident de mener, au péril de leur vie, leur propre enquête pour trouver le coupable. Parce que s’ils sont bien policiers, ils ne peuvent pas mener d’enquête, ne peuvent circuler qu’à pied et toute interpellation n’est possible que par le concours de leurs « collègues » blancs. Et même leur uniforme de policier n’est qu’un faible rempart contre la haine raciale de certains blancs.

Dès les premières pages on est révoltés par ce qu’on lit, on est emportés dans un tourbillon de violence et de haine.

L’auteur a su créer une double tension dans ce roman qui attrape le lecteur et le kidnappe entre les pages jusqu’à la fin. Au suspense de savoir si nos deux policiers noirs vont réussir à trouver le coupable du meurtre s’ajoute celui de savoir s’ils vont, eux même, s’en sortir indemnes.

Eux qui avaient survécu jusqu’à l’âge adulte grâce à leur prudence et à leur discrétion, étaient tenus de patrouiller dans Darktown d’un pas lourd, dos droit et menton relevé, alors qu’ailleurs, en civil, ils devaient se faire tout petits, voire transparents.

Tout le contexte historique de cette époque est très bien présenté, tous les aspects en sont bien décortiqués et c’est un vrai plaisir de lecture.
Sans jugement, l’auteur dresse le portrait d’une époque qui, malheureusement, n’est pas encore totalement disparue de nos jours.

J’ai tout aimé dans ce roman, le parallélisme des deux duos de policiers, les deux policiers noirs auxquels on s’attache très vite, les deux policiers blancs qui interpellent le lecteur et donnent chacun une image de certains comportements.

C’est passionnant, j’ai énormément aimé cette lecture qui m’a fait penser aux romans de Jodi Picoult, mon autrice préférée pour sa capacité à traiter des questions essentielles de société en les intégrant dans des intrigues prenantes. Thomas Mullen a fait exactement pareil ici avec ce premier tome d’une série que j’ai dévoré. Et j’ai déjà le tome suivant Temps noirs dans ma PAL que j’ai trop hâte de lire.

THRILLER

Le chuchoteur – Donato Carrisi

Le chuchoteur de Donato Carrisi paru chez Calmann-Levy le 5.05.2010 – 440 pages – traduction Anaïs Bokobza

Résumé :

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement.
Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Mon avis :

Le chuchoteur est un thriller qui a eu un succès fou auprès des lecteurs et que j’avais envie de lire depuis longtemps. Et s’il a été une très bonne lecture, cela n’a pas été un coup de cœur.

L’auteur place les pièces d’un puzzle dont une en particulier est comme un petit caillou dans la chaussure, gênant, irritant, se rappelant à vous au fur et à mesure de votre marche vers le dénouement. Cette pièce du puzzle est intrigante certes, on sait qu’elle trouvera sa place, mais elle obsède et perturbe.

L’intrigue est bien menée, on a vraiment l’impression de vivre l’enquête de l’intérieur, aux côtés des membres de l’équipe menée par le professeur en criminologie Goran Gavila.

Toutes ses leçons sur le comportement et l’analyse des tueurs en série sont passionnantes et immergent réellement le lecteur dans cette horrible histoire.

L’instinct de tuer est en chacun de nous. Mais grâce au ciel, nous sommes aussi dotés d’un dispositif qui nous permet de le garder sous contrôle, de l’inhiber. Cependant, il existe toujours un point de rupture.

(…)

On part de l’hypothèse que personne ne naît tueur en série, mais qu’on accumule passivement des expériences et des stimuli, comme une sorte d’incubation de la personnalité meurtrière, qui débouche ensuite sur la violence.

(…)

Nous les appelons « monstres » parce que nous les sentons loin de nous, et donc nous les voulons « différents », disait Goran dans ses séminaires. Au contraire, ils nous ressemblent en tout et pour tout. Mais nous préférons balayer l’idée qu’un de nos semblables est capable de telles atrocités. En partie pour absoudre notre nature. Les anthropologues appellent ça la « dépersonnalisation du coupable », et cela constitue souvent le principal obstacle à l’identification d’un tueur en série. Car un homme a des points faibles et peut être capturé. Pas un monstre ».

Mila Vasquez, la nouvelle arrivée, est attachante, on la trouve bizarre mais on l’aime bien.

Le rythme est bon, le lecteur est bien pris dans la toile tissée par l’auteur, accroché et ne pouvant sortir de ce labyrinthe et jusqu’aux 100 dernières pages j’ai bien aimé.

Mais la fin m’a fait brusquement redescendre de mon nuage. Trop de rebondissements assénés comme des coups de poings en pleine figure, ne laissant pas le temps au lecteur d’appréhender les choses et de réfléchir avant le coup suivant….une scène sortie de nulle part, inexplicable et invraisemblable…autant de gros détails qui m’ont refroidie direct dans mon enthousiasme.

Et si les 10 dernières pages ont un peu rattrapé les choses, me faisant découvrir un genre de tueur en série qui m’était jusqu’alors inconnu et mettant au grand jour toute la manipulation mise en œuvre par l’auteur, mon ressenti final est quand même plus modéré.

📈📉📈 Ces emoj reflètent parfaitement mon parcours à la lecture de ce thriller. J’aime me faire manipuler dans mes lectures, ne rien voir venir et me prendre une claque avec la ou les révélations finales mais là c’était beaucoup trop et trop abrupt.

Je lirai le tome suivant et j’espère qu’il m’emportera de la 1ère à la dernière phrase.

LITTERATURE CONTEMPORAINE·ROMANCE

Eleanor & Grey – Brittainy C. Cherry

Eleanor & Grey de Brittainy C. Cherry paru chez Hugo Roman collection New romance le 12.03.2020 – 441 pages – traduction Marie-Christine Tricottet

Résumé :

Eleanor et Greyson, opposés en tous points, se rencontrent au lycée, tombent amoureux, et deviennent uniques l’un pour l’autre, jusqu’à ce que la vie et son lot de malheurs les sépare alors qu’ils ont 17 et 18 ans.

Lorsque 10 ans plus tard, Eleanor accepte ce boulot de nounou dans les beaux quartiers, comment aurait- elle pu imaginer, qu’elle devrait s’occuper des enfants de Greyson, son amour de jeunesse ? Mais le garçon qu’elle avait connu par le passé, est devenu un homme – un homme froid, solitaire, détaché de tout.

Le sourire qui perçait parfois le dans le regard tourmenté du garçon qui avait ravi son coeur d’une jeune fille, suffisait à convaincre Eleanor que ce garçon-là, valait la peine qu’on se batte pour le retrouver. Tout ce qu’espère Eleanor c’est d’avoir la chance de laisser une marque à son tour, sur l’ âme de Greyson East, qui l’a marquée à jamais.

Mon avis :

Eleanor & Grey est bien plus qu’une romance, c’est une magnifique et profonde histoire d’amour.
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Quand Eleanor et Grey avaient 16 ans, ils se sont trouvés et la relation qui s’est nouée entre eux était très belle, une histoire dont rêvent toutes les jeunes filles. Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille…elle les a séparés. Alors, quand 16 ans plus tard, Eleanor postule pour un nouveau poste de nounou elle est loin d’imaginer que ce travail va bouleverser sa vie…parce que son futur nouveau patron n’est autre que Grey, un homme froid et distant, bien loin du Grey de son adolescence.

L’idée de base est bien une romance à la construction assez classique mais l’autrice a su aller beaucoup plus loin en nous offrant une histoire profondément émouvante, poignante, teintée d’humour parfois. Les thèmes abordés sont très intelligemment exploités, le deuil, la perte d’un pilier de sa vie et comment continuer à vivre et à s’autoriser le bonheur. Les traumatismes quels qu’ils soient et qui rendent le chemin plus chaotique sont superbement bien amenés par l’autrice.

J’ai tout aimé dans cette lecture, tant avec Eleanor et Grey adolescents, réunis grâce à Harry Potter, qu’avec les mêmes 16 ans plus tard, changés par la vie et dont on espère qu’ils vont se retrouver. L’autrice joue avec nos sentiments, on passe du rire aux larmes, l’émotion est présente en continue et les personnages qu’ils soient principaux ou secondaires, sont tous tellement attachants qu’on ne veut pas les quitter.

C’est une histoire qui plaira à tous les amateurs de belles histoires avec de l’émotion, des pointes d’humour et de beaux combats. Et si le genre « romance » vous fait peur vous pouvez foncer les yeux fermés, je trouve qu’on se rapproche vraiment de la littérature dite blanche.

Bref, j’ai énormément aimé cette lecture et je ne peux que vous la recommander

LITTERATURE CONTEMPORAINE

Ohio – Stephen Markley

Ohio de Stephen Markley paru chez Albin Michel le 29.08.2020 – 560 pages – Traduction Charles Recoursé

Résumé :

Par un fébrile soir d’été, quatre anciens camarades de lycée désormais trentenaires se trouvent par hasard réunis à New Canaan, la petite ville de l’Ohio où ils ont grandi.

Bill Ashcraft, ancien activiste humanitaire devenu toxicomane, doit y livrer un mystérieux paquet. Stacey Moore a accepté de rencontrer la mère de son ex-petite amie disparue et veut en profiter pour régler ses comptes avec son frère, qui n’a jamais accepté son homosexualité. Dan Eaton s’apprête à retrouver son amour de jeunesse, mais le jeune vétéran, qui a perdu un œil en Irak, peine à se raccrocher à la vie. Tina Ross, elle, a décidé de se venger d’un garçon qui n’a jamais cessé de hanter son esprit.

Tous incarnent cette jeunesse meurtrie et désabusée qui, depuis le drame du 11-Septembre, n’a connu que la guerre, la récession, la montée du populisme et l’échec du rêve américain. Chacun d’entre eux est déterminé à atteindre le but qu’il s’est fixé.

Mon avis :

J’avais vu passer ce titre sur les réseaux sociaux et c’est une vidéo de Lecteurs.com repostée sur le mur instagram de @terres_amerique qui m’a convaincue de lire ce roman. Je vous la partage car elle pourrait bien vous donner envie de lire ce roman, si ce n’est pas déjà fait.

J’ai mis un peu de temps avant d’oser me lancer car bien souvent quand les avis sont enthousiastes, j’attends trop de ma lecture et le résultat n’est parfois pas à la hauteur de mes attentes. Et c’est un peu ce qui s’est passé, en tous cas pour la première partie de ce roman.

Ohio est comme un accouchement, de la souffrance, des montagnes russes d’émotions mais quand la délivrance arrive, tout est oublié et il ne reste plus que ce joli résultat.

Dans ce roman, on suit quatre personnages, deux hommes et deux femmes qui se sont côtoyés à l’école et qui se retrouvent, pas tous ensemble mais certains avec d’autres, à un moment de leur vie d’adulte qui est bien loin de ce qu’ils avaient rêvé.

C’est un peu comme un recueil de nouvelles, chaque personnage ayant droit à une partie qui lui est consacré et si au début on est un peu perdu dans cette construction où il est difficile de se situer temporellement, plus on avance dans la lecture et plus l’auteur nous capture et nous enferme dans son histoire.

Les thèmes abordés sont forts, les mots aussi, il y a des scènes à la limite du supportable, il est question de guerre, d’amour, de sexualité, de ressenti et d’émotions. Et question émotions, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère.

L’écriture est magnifique et s’il n’y avait pas eu au début de ce roman de longs passages où je me suis perdue, noyée dans le flot d’informations qui ont haché le film que je me faisais dans ma tête, cette lecture aurait été un coup de cœur tant j’ai adoré la tournure de cette histoire à partir du moment où on suit Dan Eaton. C’est avec ce jeune homme qui est revenu de la guerre en Irak avec un œil en moins que j’ai vraiment accroché, que je me suis attachée à ce jeune homme et que j’ai vraiment apprécié tout le reste du roman. Comme quoi il faut toujours aller au bout de sa lecture car on peut être agréablement surpris par ce que l’auteur nous réserve.
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Au final c’est une lecture marquante que j’ai appris à aimer au fil des pages, un très bon premier roman d’un auteur à suivre.

HISTORIQUE·LITTERATURE CONTEMPORAINE

La dame du Ritz – Mélanie Benjamin

La dame du Ritz de Mélanie Benjamin paru chez Albin Michel le 28.10.2020 – 400 pages – traduction Christel Gaillard-Paris

Résumé :

Rien ne peut arriver au Ritz : dans ce temple du luxe qui autorise les caprices les plus farfelus, le prestige protège de tout. Même du pire, pense-t-on avant que l’armée allemande n’occupe Paris en juin 1940. Les hauts dignitaires nazis, dont Hermann Göring, investissent l’hôtel ; les portiers élégants sont remplacés par des soldats aux portes d’entrée. L’insouciance cède à la peur.
Pour Blanche Auzello, l’épouse du directeur du Ritz, cette réalité est insupportable. La Dame du Ritz, une américaine rebelle et intrépide, n’est pas femme à se résigner. Mais comment faire ? Dans le palace où le bruit des bottes étouffe désormais les rires, Blanche comprend que sa seule issue est le mensonge. D’autant qu’elle cache un secret qui pourrait mettre sa vie et celle de son époux en danger, mais aussi ternir la légende du Ritz…

Mon avis :

Les lectures sur la seconde guerre mondiale sont mes lectures préférées et après avoir beaucoup lu sur les victimes directes, de poignantes histoires sur les juifs et leurs vies dans les camps de concentration, j’aime aussi découvrir de nouvelles histoires sur des victimes indirectes, celles de personnes ayant aussi vécu pendant cette triste période mais dont le retentissement sur leur vie est différent.

La Dame du Ritz fait partie de ces lectures. Inspirée de faits réels, cette histoire plonge le lecteur dans les coulisses du Ritz sous l’occupation.
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Quand ils se rencontrent Blanche est une jeune américaine qui débarque à Paris pour devenir actrice…frivole, légère et délurée elle aime s’amuser. Claude, lui est directeur du Claridge, et il tombe immédiatement sous le charme de cette américaine.

quelque chose céda dans sa poitrine et, pour la première fois de sa vie, il se demanda, lui, Claude Auzello, s’il ne venait pas d’être victime de la flèche de Cupidon

C’est un homme assez « basique » et avec des idées sur les femmes assez vieillottes.

Claude : » Les femmes, ça cuisine. En tous cas, en France, c’est comme ça. »

Blanche : « C’est comme ça en Amérique aussi (…). Les jeunes filles sont éduquées pour savoir cuisiner et entretenir une maison (…) mes soeurs et moi avons aussi été élevées comme ça – toutefois je me suis toujours débrouillée pour échapper aux cours. Il était hors de question que j’apprenne des conneries pareilles »

Le fossé entre l’image qu’il se faisait de sa vie avec Blanche et celle qui se profile est énorme. Leur relation amoureuse est bizarre, elle dérange, on ne sent pas un amour débordant entre eux et du coup aucune empathie ne se ressent pour ce qui leur arrive.
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Quand le Ritz est investi par les Allemands, la vie de Blanche et Claude est bousculée et si Claude semble se faire à cette idée, il a bien du mal à canaliser son épouse.
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Le contexte historique est bien décrit on voit bien les choses comme les personnages les voient, les descriptions sont concises mais visuelles et on s’imagine très bien la scène dans notre esprit. Et même si nous, lecteurs, en savent plus avec notre recul sur cette période, on ressent bien l’angoisse et la peur qui s’installent. Vivre au milieu des ennemis n’est pas chose facile.
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Pour moi il y a deux parties dans ce roman et si la première m’a un peu gonflée car consacrée à la relation Blanche/Claude et comment ils sont devenus le couple qu’ils sont au moment où les allemands débarquent au Ritz, tellement antipathiques, la seconde partie est plus rythmée et beaucoup plus prenante, on entre dans l’action et c’est beaucoup mieux. Plus émouvant, on découvre plein de choses qui éclairent notre lanterne et nous font aimer les personnages un peu plus.

Ce roman est une belle illustration de l’évolution qui peut se produire sur les gens face à une situation aussi dramatique.

ne rien faire contre les nazis, (…) ne rien faire pour tous les gens qui ont disparu (…) mais simplement regarder, accepter, pleurer la nuit dans son oreiller, la rend malade

C’est un roman qui prend son temps et qui n’est pas trépidant. Mais cela reste tout de même une très bonne lecture que j’ai bien aimée lire, une nouvelle facette de la vie des civils sous l’occupation allemande que j’ai pris plaisir à découvrir.

LITTERATURE CONTEMPORAINE

Les détectives du Yorkshire tome 2 : rendez-vous avec le mal – Julia Chapman

Les détectives du Yorkshire tome 2 : rendez-vous avec le mal de Julia Chapman paru chez La bête noire le 14.06.2018 – 408 pages – traduction Dominique HAAS et Stéphanie LEIGNIEL

Résumé :

Quand Mme Shepherd vient voir Samson O’Brien à l’Agence de Recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un essaie de la tuer, le détective privé pense avoir affaire à une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il se demande s’il n’aurait pas dû prendre la chose un peu plus au sérieux…
Alors que Noël approche, Samson se lance dans une enquête qui l’oblige à renouer avec les habitants de Bruncliffe, ceux-là mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant et qui le traitent à présent comme un paria. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de Rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Mon avis :

Un petit cosy mystery aussi sympathique que le 1er tome. Quel plaisir de retrouver Delilah, Samson et Calimero dans cette nouvelle aventure.

Un mois seulement s’est écoulé depuis les événements du 1er tome et déjà la mort rôde de nouveau. Et en plus un bélier de compétition a mystérieusement disparu et Samson est chargé d’éclaircir ce mystère.

On découvre un peu plus nos deux protagonistes principaux et c’est toujours très drôle de voir leur relation piquante.

L’intrigue qui se déroule tranquillement est bien construite et même si la résolution ne m’a pas surprise, ce fût un plaisir de vivre aux côtés de ces deux enquêteurs un peu particuliers pendant près de 400 pages.

C’est moderne tout en conservant un petit côté désuet propre au genre, c’est très plaisant à lire, c’est parfois émouvant et souvent drôle et ça fait passer un très bon moment de lecture.

Cette série est vraiment très sympathique à lire, elle me rappelle Arabesque la série télévisée dont je ne ratais aucun épisode quand j’étais jeune, et j’ai hâte de poursuivre avec le tome 3 – rendez-vous avec le mystère

HISTORIQUE

Le Réseau Corneille – Ken Follett

Le Réseau Corneille de Ken Follett paru chez Le livre de poche le 5.05.2004 – 599 pages – traduction Jean Rosenthal

Résumé :

France, 1944. Betty a vingt-neuf ans, elle est officier de l’armée anglaise, l’une des meilleures expertes en matière de sabotage. A l’approche du débarquement allié, elle a pour mission d’anéantir le système de communication allemand en France. Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout en recrutant une brigade unique en son genre : le Réseau Corneille, une équipe de choc. Six femmes à la personnalité hors du commun : l’aristocrate, la taularde, l’ingénue, la travestie… chacune va apporter sa touche très personnelle au grand sabotage.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Ken Follett mais comme la seconde guerre mondiale est ma période préféré lecture historique, j’étais obligée de choisir Le Réseau Corneille pour ma première découverte de la plume de Ken Follett et c’est une très belle réussite.
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Indéniablement, Ken Follett est doué pour tenir en haleine son lecteur, sans aucun essoufflement du récit. Plus de 500 pages pendant lesquelles on suit alternativement Bettie Clairet, une jeune anglaise farouchement engagée dans la résistance qui doit mener à bien une mission hautement périlleuse mais indispensable pour anéantir le regime mis en place par Hitler et Dieter Franck, un redoutable major de l’armée allemande, doué pour faire parler n’importe quel prisonnier qui mettra tout en œuvre pour capturer et réduire à néant la résistance.
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Sur un rythme soutenu, digne des meilleurs films d’espionnage, c’est un véritable jeu du chat et de la souris qui se met en place. C’est super agréable à lire et les pages défilent sans qu’on s’en rendent compte.
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L’aspect historique et notamment le fonctionnement de la résistance et les moyens mis en œuvre par les allemands pour faire parler les prisonniers sont hyper intéressants et parfaitement intégrés dans cette histoire qui se révèle passionnante du début à la fin.
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C’est aussi un très bel hommage à toutes ces femmes courageuses qui ont contribué, volontairement et au péril de leur vie, à sauver notre pays.
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Bref, j’ai énormément aimé cette lecture et il y aura d’autres lectures de cet auteur dans mon avenir livresque.

THRILLER

Proies – Mo Hayder

Proies de Mo Hayder paru chez Pocket le 9.06.211 – 544 pages – traduction Jean-Hubert Martinez

Résumé :

Alors qu’elle dépose ses courses dans le coffre de sa voiture, une femme est jetée au sol par un individu qui prend la fuite à bord du véhicule. Selon la police, pour laquelle il ne s’agit que d’un banal fait divers, l’agresseur ne s’est sans doute pas rendu compte de la présence d’une fillette sur la banquette arrière. Mais le scénario s’assombrit : l’enfant reste introuvable et une deuxième petite fille disparaît dans les mêmes circonstances. Le ravisseur ne tarde pas à se mettre en contact avec la police… À nouveau, le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Marley vont plonger dans l’horreur à l’état pur.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu Mo Hayder alors que j’en avais entendu des avis positifs alors quand je suis tombée sur Proies dans un brocante, je me suis dit que c’était l’occasion. C’était il y a plus de deux ans et c’est seulement en ce mois de novembre consacré aux thrillers dans le cadre du Black November Challenge de Séverine de la chaîne Youtube Il est bien ce livre que j’ai décidé de le sortir de ma PAL pour la 3ème semaine où il fallait lire un thriller dont le thème était les enfants. Et grand bien m’en a pris car cette première découverte de l’autrice est une réussite.

Proies est un excellent thriller qui maintient en haleine pendant plus 500 pages et qui offre une très bonne intrigue bien menée.
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C’est un tome d’une « série » avec des enquêteurs récurrents et même si le fait de ne pas avoir lu les tomes précédents m’a contrariée, cela ne gêne absolument pas la lecture.

On suit le commissaire Jack Caffery et le sergent Flea Marley dans une enquête où il est question de fillettes enlevées et si au départ, l’enquête semble simple, la situation se corse assez rapidement pour partir dans une course poursuite contre un très vilain monsieur et contre le temps qui n’est pas propice au retour des victimes en vie.

Les deux personnages des enquêteurs sont bien travaillés, ni trop lisses, ni trop borderlines, le rythme est excellent, les questions, les indices et les rebondissements s’enchaînent parfaitement et à aucun moment on ne trouve le temps long. Et pourtant vu le nombre de pages de ce thriller, le risque de longueurs était envisageable.

C’est donc un très bon thriller, haletant et prenant comme je les aime.

Je vais maintenant remonter le temps en lisant les tomes précédents dans l’ordre et suivrai les nouvelles parutions de cette auteure avec intérêt.

LITTERATURE CONTEMPORAINE

Rue Katalin – Magda Szabo

Rue Katalin de Magda Szabo par chez le Livre de poche le 11.04.2018 – 288 pages – traduction Chantal Philippe

Résumé :

Budapest. Des années après la disparition d’Henriette en 1944, les membres de trois familles demeurent sous l’emprise ténue de sa présence. Et, d’outre-tombe, la jeune fille nous introduit dans la vie naufragée de ceux qui furent ses amis : Bálint, Irén, Blanka, M. et Mme Elekes…
Qu’est-il arrivé pendant la guerre, rue Katalin ? Quels événements ont bouleversé l’existence de ses habitants pour toujours ?

Mon avis :

Comme quoi les lectures d’un même auteur peuvent se suivre mais ne pas se ressembler… du tout. Autant j’avais beaucoup aimé Abigaël, autant je suis passée complètement à côté de Rue Katalin que j’ai lu en entier et rapidement certes mais qui ne m’a pas plu.
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On suit l’histoire d’Irèn, Blancka, Balint et Henriette, de leur enfance dans la Rue Katalin à leur vie d’adulte, une vie qui aurait pu être heureuse mais qui a été bouleversée par la seconde guerre mondiale et par la mort d’Henriette dans des conditions plutôt dramatiques.
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L’histoire nous est racontée tantôt par Irèn, tantôt par le fantôme d’Henriette qui plane sur la vie des protagonistes, tantôt par un narrateur extérieur et après avoir eu du mal à rentrer dans l’histoire, l’auteure m’a perdue dans ce huis-clos psychologique où on se retrouve enfermés dans les pensées de celui qui raconte.
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Je n’ai pas aimé cette lecture dont je suis restée complètement détachée, sans aucun sentiment pour les personnages. Je l’ai subie plus que vécue cette lecture sans pouvoir me faire le film dans ma tête tant je n’ai pas adhéré à ce que je lisais.
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Bref, c’est un flop total.

THRILLER

L’enfant aux cailloux – Sophie Loubière

L’enfant aux cailloux de Sophie Loubière paru chez Pocket le 13.03. 2014 – 352 pages

Résumé :

Elsa Préau est une retraitée ordinaire. Une vieille dame un peu trop seule qui observe ses voisins pour tromper l’ennui. Et qui, à force d’épier, se persuade que la famille d’à côté a des choses à cacher.
En plus de leurs deux enfants, rayonnants, un troisième apparaît parfois – triste, maigre, visiblement maltraité. Un enfant qui semble appeler à l’aide. Un enfant qui lui en rappelle un autre…
Aider ce petit garçon devient alors pour Elsa une véritable obsession.
Mais que faire, seule, face à la police et aux services sociaux qui lui affirment qu’il n’existe pas ?

Mon avis :

Je n’avais jamais lu cette auteure mais tous les avis sur L’enfant aux cailloux étant dithyrambiques, j’ai choisi celui-ci pour débuter ma découverte de cette auteur.

C’est un très bon thriller, une lecture dynamique, un roman dont les chapitre ultra courts font qu’on tourne les pages très vite, une histoire émouvante, troublante mais qui m’a un peu déçue quand même.
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On suit Elsa Préau, une directrice d’école à la retraite dont la personnalité est assez troublante. J’ai aimé la trouver loufoque et bizarre, cette mamie qui espionne ses voisins à la jumelle, qui écrit des lettres aux institutions pour exprimer son avis sur différents sujets et qui, pendant tout le récit, sème le trouble dans l’esprit du lecteur. C’est un personnage extrêmement travaillé qui intrigue et perturbe.
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L’histoire est prenante, je me suis laissée porter et j’ai dévoré ce roman en 24 heures mais j’avais compris trop de choses, trop tôt pour être surprise par les révélations de fin de lecture. Certaines révélations ont effectivement été inattendues mais le dénouement était celui que j’attendais. Seulement c’est aussi la cause de ma pointe de déception… c’est le dénouement que j’attendais, que j’espérais et s’il avait été différent la déception aurait été encore plus grande. Sauf que ce dénouement ne m’a donc pas scotchée comme j’aime l’être.
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Cela reste un thriller bien construit, plaisant à lire, traitant de thèmes intéressants et de façon originale que j’ai aimé lire mais dont j’attendais beaucoup plus après avoir lu tous les avis dithyrambiques à son sujet. L’éternel problème des attentes qu’on place dans une lecture !!!
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Je relirai cette auteure parce que j’ai aimé sa plume mais pour une première découverte c’est assez mitigée que je ressors de ma lecture.